28/06/2022

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Ultime hommage au Capitaine LAWSON Francisco

par Maurice Mouta Gligli

GRAND DESTIN – POINT FINAL

Tel un baobab, le capitaine Lawson Latévi Francisco est tombé le 16 décembre 2004 à Lomé. Sa mort est ressentie au Togo et dans toute la diaspora comme une grande perte nationale. Tant sa dimension sur la scène politique togolaise et en famille était immense. A tous les niveaux, l’illustre disparu restera irremplaçable. Affectueux, notre oncle en famille a été pour nous un exemple d’amour et de sollicitude. Le souvenir de nos discussions et de nos réunions reste gravé de façon indélébile dans nos coeurs.

Il a influencé beaucoup de jeunes de la famille dont ceux qui ont inscrit leur nom dans l’histoire politique de notre pays. Notre pensée va tout entière à Tavio Amorin. Encadré et conseillé par le capitaine, le jeune Tavio est devenu très vite un des principaux et ardents animateurs du mouvement démocratique togolais. Hélas à fleur d’âge, le dictateur l’a éliminé.

Notre combat politique et notre détermination sont basés sur les principes que le capitaine a bien voulu nous inculquer dont l’efficacité, la discrétion et l’amour de la patrie… Qui au Togo ne se souviendra pas de l’action du capitaine Lawson lors de la CNS conférence nationale souveraine? A cette période cruciale de leur histoire, les Togolais ont découvert dans le militaire qu’il était un homme politique avisé ayant le sens des responsabilités.
Pragmatique, sans être vraiment « équilibriste », le capitaine Lawson sait analyser le rapport des forces.

Méthodique, il n’embrasse pas tout à la fois. Ces qualités lui ont valu la reconnaissance de tous. Aussi a-t-il joué à cette époque un rôle indéniable dans la recherche de solution durable pour l’avènement de la démocratie au Togo. Toujours à la même époque, le capitaine Francisco rentrait d’un long exil de plus d’une dizaine d’années en France. Revenu sur le sol de ses ancêtres, il a battu le rappel de tous les réfugiés politiques togolais. Pour lui, ils devaient retourner mener la lutte sur le sol national. Certains l’ont accusé de collusion avec la dictature. En revanche, d’autres ont dit que cette prise de position résulte des durs moments qu’il a connus en exil. Face à ces réactions peut-on dire que le capitaine a été incompris? Maintenant qu’il n’est plus de ce monde, il appartient à l’histoire de juger son action politique.

Pourquoi ne penserions-nous pas que le capitaine a été poussé dans ses prises de position par le pragmatisme et le sens des responsabilités qu’on lui reconnaissait? Sous ces rapports, référons-nous à sa carrière militaire. Il était parmi les officiers de premier rang que le Togo a connus. Jamais, il n’a cherché à atteindre le sommet de l’armée ce qui lui aurait été facile s’il avait choisi et cherché les faveurs du dictateur.

Putchiste, en 1977, il était suspecté avec d’autres Togolais de participer à la tentative d’un coup d’Etat contre le régime Eyadéma. Malgré sa quête permanente d’un Togo Libre débarrassé de la dictature, le capitaine Francisco n’a pas accepté d’adhérer à un quelconque parti politique togolais. Peut-être sous-estimait-il les animateurs de ces formations politiques? Aujourd’hui, l’échec de la classe politique togolaise face à la dictature ne lui donne-t-il pas raison à titre posthume?

Mouta Wakilou Maurice GLIGLI
Bruxelles (Belgique)
E-mail: maurice_mouta@yahoo.fr