03/12/2022

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Une troisième roue pour les taxis-motos !

L’atelier régional sur le développement du transport urbain des deux roues dans la zone UEMOA s’est terminé le 15 novembre 2002 à Lomé. L’idée innovante de ces experts, réunis pendant 3 jours, est de remplacer les deux roues par des tricycles, pour l’amélioration de ce mode de transport au Togo, Niger et au Bénin.

Nés au Bénin au début des années 90, les taxis-motos communément appelés « Zémidjan », ont bouleversé les modes de transports urbains dominés à l’époque par les taxis et les mini-bus. Au Togo, ce moyen de transport fit son apparition en 1993 pendant la longue grève politique qui dura 13 mois; c’était le gagne-pain des jeunes diplômés et des sans-emplois. Le parc de taxis-motos est aujourd’hui estimé à 40.000 engins; avec plus de 61.200 emplois créés et un chiffre d’affaire de 700 millions FCFA. Il représente environ 80% des moyens de transport public et a totalement supplanté les voitures souvent bloquées dans les embouteillages et impraticables dans les ruelles inaccessibles de Lomé.

La consommation pétrolière des taxi-motos représente une facture énergétique de presque 10 milliards de FCFA par an; mais ils ont généré des milliers d’emplois. Un « zémidjan » à son propre compte, a des revenus mensuels entre 90 000 et 100.000FCFA, alors qu’un fonctionnaire au Togo ne perçoit pas régulièrement son salaire. La moto-mate (une moto d’occasion de marque japonaise) qui coûtait 70.000FCFA en 1993, est aujourd’hui vendue à 800.000FCFA, cette flambée des prix ne décourage pas les entrepreneurs.

Cependant les taxis-motos sont la cause des principaux problèmes de sécurité routière et d’environnement au Togo. En 2000, on dénombre plus de 682 accidents sur les 2000 recensés, qui leur sont directement imputables. Ces transporteurs ignorent, pour la plupart, le code de la route et ne respectent guère les règles de conduite. A cela s’ajoutent les heurts dus au mécontentement et à la rude concurrence entre les taxis-voitures et taxis-motos.

La nouvelle stratégie politique de la conférence des experts de transport de l’UEMOA pour améliorer les problèmes engendrés par ces deux roues, portera sur trois axes: réorganiser et rationaliser la profession de taxi-moto, améliorer et harmoniser l’environnement de la profession, réduire les effets collatéraux et promouvoir la réinsertion professionnelle des conducteurs de taxi-motos. L’une des trouvailles de ces experts est de remplacer les motos par des tricycles. Mais les tricycles créeraient de nombreux embouteillages sur les routes étroites de Lomé.

Il aura fallu trois jours de discussion et des millions de francs dépensés aux experts de l’UEMOA pour arriver à cette solution incongrue afin de régler les problèmes de transport au Niger, Bénin et Togo.

La rédaction