07/10/2022

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Vers une normalisation des relations UE-Togo

L’aide quinquennale allouée au Togo par l’Europe dans le cadre du 9ème FED s’élevait, à l’origine, à 104 millions d’euros mais elle a été amputée d’un certain pourcentage par an en raison des sanctions mises en place en 1993. Le Togo ne touchera donc plus, en principe, que 20% des 104 millions initiaux auxquels il n’est toutefois pas exclu que l’Europe apporte une rallonge.

C’est une bonne nouvelle pour le Togo même s’il ne s’agit pas encore d’une normalisation ni d’une reprise totale de la coopération européenne suspendue depuis 1993. Suite aux 22 engagements démocratiques pris par Lomé en 2004, l’Union européenne avait décidé qu’elle notifierait le 9ème FED, autrement dit qu’elle prendrait la décision de principe d’une reprise de son aide dès que Togo aurait fixé la date d’élections législatives. Il était prévu, en revanche, que les fonds européens ne seraient concrètement débloqués qu’après la tenue de ces élections. Cette semaine, le Conseil des ministres de l’UE a décidé de ne pas attendre le scrutin de juin 2007 pour débloquer l’argent, une des raisons étant que le 9ème FED expire l’an prochain et n’aurait pas pu financer de projets après juillet 2007. Par ailleurs, l’Europe veut encourager le Togo en dégageant rapidement de l’argent pour appuyer le processus électoral. Les fonds devraient être disponibles vers janvier prochain et contribuer également à financer la réforme de la justice, des projets à haute intensité de main d’oeuvre et des opérations de réduction de la dette.

A noter que l’aide quinquennale allouée au Togo dans le cadre du 9ème FED s’élevait, à l’origine, à 104 millions d’euros mais qu’elle a été amputée d’un certain pourcentage par an en raison des sanctions. Le Togo ne touchera donc plus, en principe, que 20% des 104 millions initiaux auxquels il n’est toutefois pas exclu que l’Europe apporte une rallonge. Le chiffre de 40 millions d’euros avait été évoqué par le commissaire européen au Développement, Louis Michel, lors d’une précédente rencontre avec le président Faure Gnassingbé. Les deux hommes se sont revus ce jeudi à Bruxelles dans le cadre des «Journées européennes du Développement». Dues à l’initiative de Louis Michel, inaugurées en présence notamment de Paul Wolfowitz, le président de la Banque mondiale, ces «Journées» constituent une première et ne réunissent pas moins de seize chefs d’Etat africains qui ont répondu à l’invitation pour venir débattre de la bonne gouvernance. En marge des tables rondes officielles, la manifestation est l’occasion de nombreuses rencontres bilatérales tous azimuts.

Le suivi des réformes

Si l’Union européenne salue la dynamique positive et les avancées du Togo vers la restauration de la démocratie, elle estime aussi que le pays a encore du chemin à parcourir pour mettre en œuvre l’ensemble de ses 22 engagements. Dans le document adopté cette semaine, le conseil de l’UE souhaite, «dans ce contexte de rétablissement de la confiance entre l’Union européenne et le Togo», «la poursuite d’un dialogue approfondi» sur une série de sujets parmi lesquels, la mise en œuvre du cadre électoral, la définition d’un cadre juridique organisant le financement des partis politiques, la poursuite du processus de décentralisation, le traitement de la question de la lutte contre l’impunité, la révision des statuts de la Commission Nationale des droits de l’Homme et sa recomposition… Pas question donc à ce stade de débattre du 10ème FED qui financera la coopération européenne avec les pays ACP à partir de 2008. Il faudra auparavant que les élections de juin se déroulent de façon libre et transparente. Entre-temps, l’Europe va continuer de suivre de près la mise en œuvre des réformes en envoyant l’an prochain deux missions semestrielles d’évaluation au Togo, comme elle le fait depuis novembre 2004.

par Anne-Marie Mouradian
Article publié le 16/11/2006 RFI.fr