28/06/2022

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La CEDEAO à Lomé pour une

LOME (AFP) – 28/02/2005 21h24 – Une délégation des chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) a rencontré lundi à Lomé les autorités togolaises et des représentants de l’opposition pour tenter une « réconciliation » avant la prochaine élection présidentielle.

La délégation, dont l’organisation a levé ses sanctions vendredi contre le Togo après le retrait de Faure Gnassingbé, était conduite par les présidents nigérien Mamadou Tandja et malien Amadou Toumani Touré.

Elle s’est fixé pour objectif que « tous les Togolais se réconcilient dans l’intérêt du pays et de la sous-région », a déclaré à l’AFP une source proche de la CEDEAO, ayant requis l’anonymat, à l’ouverture de ces entretiens dans un grand hôtel de la capitale.

Mmamadou Tandja, président en exercice de la CEDEAO, et son homologue malien ont commencé leurs pourparlers avec les représentants du gouvernement togolais, dont le Premier ministre Koffi Sama.

La délégation a rencontré dans la soirée les dirigeants de l’opposition auquel elle a formulé des « propositions de sortie de crise » au Togo, ont affirmé les opposants togolais.

« La CEDEAO a fait des propositions que nous allons analyser », a indiqué Patrick Lawson, porte-parole de l’Union des forces de changement (UFC, du principal opposant Gilchrist Olympio, en exil en France) au sortir des discussions, sans préciser la teneur de ces propositions.

Selon une source proche de la délégation, les dirigeants de la CEDEAO devaient également s’entretenir avec les responsables du Rassemblement du peuple togolais (RPT, au pouvoir).

Amadou Toumani Touré devait regagner lundi soir Bamako, mais le président Tandja devait lui rester à Lomé pour renconter mardi les chefs de l’armée, des diplomates accrédités à Lomé et la société civile, selon cette source.

La crise togolaise s’est déclenchée au lendemain du décès du général Eyadéma, le 5 février, lorsque les Forces armées togolaises (FAT) ont « confié » le pouvoir à Faure Gnassingbé, un de ses fils.

Sa désignation a été avalisée par l’Assemblée nationale, après une révision express de la Constitution. Celle-ci stipule qu’en cas de vacance de la présidence de la République, le président de l’Assemblée exerce l’intérim et qu’une élection présidentielle doit être organisée dans les 60 jours.

Pour desserrer l’étau de la communauté internationale, M. Gnassingbé a renoncé vendredi à sa charge de président investi « afin de garantir la transparence » de la prochaine élection présidentielle à laquelle il est candidat.

Il a été remplacé par M. Bonfoh, homme du sérail du RPT et premier vice-président de l’Assemblée nationale.

La communauté internationale, notamment africaine, a salué cette démission en estimant qu’elle allait dans « le bon sens », tout en affirmant qu’elle restait « vigilante » sur le procesus d’application d’élections « claires et transparentes ».

La CEDEAO avait levé aussitôt les sanctions decrétées contre le Togo le 19 février.

Toutefois, l’opposition togolaise dont le principal parti, l’Union des forces de changement (UFC) de Gilchrist Olympio (en exil à Paris), continue de réclamer « le retour à la pleine légalité constitutionnelle » avec le rétablissement de Fambaré Natchaba Ouattara (l’ancien président de l’Assemblée, démis) dans ses fonctions et des « accords politiques » pour la tenue d’élections « libres et ouvertes à tous ».

Une disposition du texte fondamental prévoit que pour être candidat, il faut avoir 12 mois de résidence au Togo, ce qui n’est pas le cas de M. Olympio, en exil depuis 1999.

Fambaré Natchaba Ouattara, qui se trouvait à l’étranger et a été empêché de rentrer au Togo au moment de la mort du président Gnassingbé Eyadema, le 5 février, a affirmé lundi qu’il voulait toujours assurer l’intérim pour « organiser des élections présidentielles équitables ouvertes à tous », dans un entretien à Radio France internationale.

« Je suis le président constitutionnel du Togo à la date du 5 février quand mon avion a été détourné sur Cotonou », a-t-il affirmé.

Il réside dans la capitale béninoise depuis cette date.