09/12/2022

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Le Parlement togolais va réviser la loi électorale, tollé dans l’opposition

LOME, 11 déc (AFP) – 19h27 – L’Assemblée nationale togolaise va « étudier et adopter » une nouvelle loi électorale, a annoncé son président, Fambaré Natchaba, provoquant mercredi une réaction de l’opposition qui a accusé le président togolais Gnassingbé Eyadéma de vouloir se représenter en 2003.
M. Natchaba s’exprimait lors de la rentrée solennelle du nouveau parlement issu des élections d’octobre dernier, remportées haut la main (72 sièges sur par le parti au pouvoir, le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT).

« Les institutions politiques doivent s’adapter au temps et non rester des textes conflictuels (…) Au nom du peuple togolais, l’Assemblée nationale étudiera et adoptera une nouvelle loi électorale, afin que les futures consultations ne soient plus l’objet de marchandage et de chantage », a-t-il déclaré.

« Les populations n’ont pas manqué de nous répéter pendant 15 jours à l’occasion de la campagne électorale que le temps était enfin venu de trouver une issue constitutionnelle aux problèmes qui minent notre société », a expliqué le président du Parlement.

« La Constitution n’est pas un monument figé, mais une constitution de tous les jours qui renforce les principes républicains, consolide la démocratie », a-t-il continué.

M. Natchaba n’a cité aucun article en particulier, mais pour l’opposition il ne fait aucun doute que cette révision annoncée touchera l’article 59 qui stipule que « le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats ».

En plusieurs occasions, M. Eyadéma a réaffirmé sa volonté de quitter le pouvoir en 2003, comme le prévoit la Constitution.

« C’est un discours totalement délirant et négatif. Nous ne pouvons pas souscrire à ce genre de mascarade. S’ils ont le courage d’organiser des débats contradictoires sur ce thème, avec la participation de tous, ils verront que leur mascarade fera long feu », a déclaré Edem Kodjo, président de la Convergence Patriotique Panafricaine (CPP, fusion de quatre partis de l’opposition).

« Premier coup de semonce du maintien d’Eyadéma en 2003: Natchaba annonce la révision de la Constitution », estime le journal d’opposition « La Tribune du Peuple ».

« L’essentiel du discours de M. Natchaba était de de dire aux Togolais que le régime s’apprête à modifier l’article 59 de la loi fondamentale pour permettre à Eyadéma de se repositionner en 2003. Le peuple est averti », poursuit le journal.

« Le chef de l’Etat s’est engagé à respecter ce texte et à ne pas briguer un autre mandat en 2003 conformément à la Constitution. C’est un acte de parjure », a de son côté déclaré Léopold Gnininvi, porte-parole du « Front », une coalition de plusieurs partis d’opposition.

En août 2001, le Premier ministre de l’époque, Agbéyomé Kodjo, limogé depuis, avait officiellement appuyé un projet de révision de la Constitution ouvrant la voie à une possible candidature du président Eyadéma en 2003.

Le lendemain, le président avait réagi en affirmant qu’il respecterait la Constitution. Le projet de révision avait été enterré.

Dans un entretien accordé à l’AFP le 4 juillet 2001, il avait annoncé qu’il avait l’intention de quitter le pouvoir en 2003.

« En 2003, je vais me reposer. Nous sommes légalistes. L’article 59 de la Constitution dit que le président est élu au suffrage universel pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Et nous l’appliquerons. Je respecte la Constitution, dont je suis le garant », avait-il dit.