28/06/2022

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L’élection présidentielle au Togo maintenue malgré la demande de report du ministre de l’intérieur

LEMONDE.FR le 22.04.05 | 10h18 Le président par intérim du Togo Abass Bonfoh a affirmé, vendredi 22 avril, que l’élection présidentielle anticipée aurait lieu comme prévu dimanche en dépit de l’appel à un report lancé par son ministre de l’intérieur. « Les forces de sécurité ont pris les mesures nécessaires pour garantir que l’élection présidentielle se déroulera pacifiquement », ajoute Abass Bonfoh dans un communiqué lu par son ministre de la communication, Pitang Tchalla. « L’ordre public sera maintenu », poursuit-il.

Quelques heures auparavant, François Esso Boko, le ministre togolais de l’intérieur, avait plaidé en faveur d’un report de l’élection présidentielle. « Il est impérieux que le président de la République prenne l’enjeu des risques réels qui se profilent à l’horizon en mettant fin à ce processus électoral suicidaire », avait déclaré François Boko lors d’une conférence de presse à Lomé.

En tout état de cause, le président n’a pas apprécié ces déclarations : il a annoncé que le ministre de l’intérieur « sera changé ».

Après la mort en février du général-président Gnassingbé Eyadéma, au pouvoir sans interruption pendant trente-huit ans, et la tentative avortée de l’armée de nommer l’un de ses fils, Faure, à sa succession, les autorités togolaises ont annoncé sous la pression internationale la tenue d’une élection présidentielle anticipée le 24 avril. La campagne électorale s’est déroulée dans un climat tendu : selon les médias, au moins sept personnes ont été tuées, samedi 16 avril, dans des accrochages entre partisans de différentes formations à Lomé.

Une coalition de six partis d’opposition a appelé de ses vœux le report du scrutin, accusant le parti au pouvoir d’avoir truqué le processus électoral. « Les passions sont exacerbées et la campagne électorale a été émaillée de violences jamais recontrées dans l’histoire électorale de notre pays », a déploré le ministre de l’intérieur. « Les risques de dérapage sanglants de ce scrutin à issue incertaine sont réels (…) »

« UN SURSAUT NATIONAL »

« Je souhaite que ma démarche ouvre pour le Togo les perspectives d’une vraie transition politique qui permette d’aller vers la réconciliation nationale et place notre beau pays sur l’orbite de la prospérité et du développement politique », a-t-il ajouté. « Puisse le peuple togolais, aidé par la communauté internationale, faire preuve d’un sursaut national et renoncer à cette aventure électorale dont tous s’accordent à prédire les perspectives apocalyptiques », avait conclu François Esso Boko.

Plusieurs ambassadeurs occidentaux – dont ceux de la France et de l’Allemagne et le représentant de l’UE – ont assisté à la conférence de presse malgré son heure inhabituelle (2 heures du matin). Harry Olympio, l’un des quatre candidats à la présidentielle, ministre sous Eyadéma, a approuvé l’idée d’un report. « Pour moi, c’est fini », a déclaré M. Olympio aux journalistes. « (M. Boko) a tiré la sonnette d’alarme. »

Des rapporteurs des Nations unies sur les droits de l’homme ont exhorté, jeudi, le Togo à organiser dimanche une élection présidentielle libre et transparente, tout en faisant part de leur profonde inquiétude sur la situation dans le pays. Dans un communiqué, Ambeyi Ligabo, rapporteur spécial sur la liberté d’opinion et d’expression, et Philip Alston, rapporteur sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, font état d’accusations d’irrégularités dans la préparation du scrutin, et citent des informations selon lesquelles des médias indépendants n’ont pu couvrir la campagne électorale.

AFP et Reuters