26/06/2022

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L’opposition togolaise affronte le « Général » en rangs dispersés

LOME, 17 mai (AFP) – 14h39 – Les partis d’opposition togolais, faute d’un consensus autour d’un candidat unique à l’élection présidentielle du 1er juin, affrontent en rangs dispersés le général Gnassingbé Eyadéma en route pour un nouveau mandat de cinq ans.

Après près d’un mois d’intenses consultations, les leaders de la Coalition des Forces Démocratiques (CFD, regroupement de huit partis d’opposition), n’ont pu désigner un candidat unique à l’élection présidentielle de 1er juin.

Sur les sept candidats retenus par la Cour constitutionnelle, quatre sont issus de la CFD.

« Le divorce est consommé. Depuis quelques jours, personne ne parle d’une candidature unique au sein de la coalition. Chacun s’occupe de son candidat », a expliqué à l’AFP un responsable de la coalition qui a requis l’anonymat.

Sont également en lice l’homme d’affaires et candidat indépendant Nicolas Lawson, et Emmanuel Akitani Bob, premier vice-président de l’Union des Forces du Changement (UFC) de Gilchrist Olympio, investi par le Parti des Forces du Changement (PFC).

« C’est une opposition vraiment divisée et sans expérience. Ce sont des leaders qui n’ont pas de programme de société. Ils ne visent que le fauteuil présidentiel », juge un diplomate occidental à Lomé.

Jeudi, l’hebdomadaire Carrefour (proche de l’opposition) jugeait que la multiplicité de candidatures de l’opposition constituaient un « atout pour le général (Eyadéma) ».

Lors de la création de la CFD, « tous avaient cru que les responsables de l’opposition pour la première fois allaient tirer un trait sur des querelles et calculs politiciens (…) Les vieilles habitudes caractérisées par des coups bas et déclarations tapageuses ont repris entre les leaders », écrit le journal, qui rappelle que « de l’autre côté, on se frotte les mains, savourant dès lors une probable victoire ».

La campagne électorale a officiellement démarré vendredi 16 mai et doit s’achever le 30 mai à minuit.

Les opérations de distribution des cartes d’électeurs se poursuivent dans les préfectures et communes jusqu’au 31 mai, après une première phase qui a duré une semaine dans les bureaux de vote. L’un des principaux candidats de l’opposition, Edem Kodjo, a dénoncé récemment sur Radio France Internationale des entraves dans cette seconde phase la distribution des cartes.

Selon le ministre de l’intérieur François Akila Esso Boko, « plus de 55% des cartes ont été distribuées pendant cette première phase, un taux supérieur à celui enregistré lors de la présidentielle de 1998 ».

Jeudi, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), a de son côté procédé, en présence des représentants des candidats, au tirage au sort de l’ordre de passage sur les médias publics.

M. Eyadéma au pouvoir depuis 36 ans, avait annoncé en juillet 2001, son intention de se retirer de la course à la présidentielle de 2003, conformément à la constitution ancienne formule.

Mais le 30 décembre 2002, le Parlement, largement dominé par le parti au pouvoir, le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), avait modifié l’article 59 de la constitution, et ainsi ouvert la possibilité technique au président Eyadéma de briguer un troisième mandat, ce qui lui était interdit jusqu’alors.

Des modifications constitutionnelles et du code électoral ont également eu pour résultat d’exclure de la course à la présidentielle l’opposant historique et leader de l’UFC, Gilchrist Olympio.

La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) n’a pas retenu son dossier jugé « incomplet » (pas de quitus fiscal et pas un an de résidence au Togo, avant la date du scrutin).

Le 6 mai dernier, la Cour constitutionnelle avait confirmé cette invalidation et rejeté une requête formulée par M. Olympio.