02/12/2022

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M. Eyadéma fait défiler « son » Togo

M. Eyadéma fait défiler « son » Togo pour son 37ème anniversaire au pouvoir

LOME, 13 jan (AFP) – 20h20 – Le défilé avait commencé comme une fête nationale classique avec des militaires de toutes armes, des blindés astiqués, des pas cadencés, des uniformes briqués. Au bout de quelques heures, le 37ème anniversaire de l’arrivée au pouvoir du général Gnassingbé Eyadéma a tourné à la glorification du chef: tout « son » Togo a défilé devant lui dans une chaleur torride.
Tôt mardi matin, le boulevard du Mono, le long de la mer qui borde Lomé, était noyé dans la poussière ocre et étouffante de l’harmattan lorsque, escorté par des gardes, cape rouge et sabre au clair, montés sur des alezans, le « maître » du Togo arrive debout dans un command car à pneus blancs.

Costume sombre, gants blancs, lunettes noires, le torse barré par une écharpe aux couleurs togolaises, le général-président descend de sa voiture, remonte l’avenue au pas de charge, serre des mains et s’installe dans son fauteuil cerné de deux ventilateurs.

Tandis que résonnent 21 coups de canons, dans la tribune officielle, des diplomates observent. Va-t-il bien? Est-il en forme? Autant de questions sur son état de santé qui ont démarré l’été dernier après un premier voyage en Italie, où il a effectué un bref séjour dans une clinique milanaise.

Les « togologues » ont eu un début de réponse: pendant plus de quatre heures, le général, la plupart du temps debout, a passé en revue ses troupes et ses partisans, a constaté un journaliste de l’AFP.

Doyen des chefs d’Etat africains, au pouvoir depuis 1967 à la suite d’un coup d’Etat et réélu le 1er juin 2003 à la présidence pour un troisième mandat grâce à une modification de la Constitution, Gnassingbé Eyadéma avait invité lundi soir dans un message à la nation les Togolais à « oublier le passé » pour reconstruire le pays dans « l’union et la paix ».

Après la parade des Forces armées togolaises, l’avenue est investie par des milliers de civils, pour la plupart « groupies » issus de diverses associations pro-Eyadéma.

Tout le monde a droit à son passage devant le « Vieux », comme beaucoup l’appellent, jusqu’à l’union des femmes revendeuses de tchoukoutou (boisson traditionnelle à base de mil) de Lomé et l’union des fabricantes de balais.

Plus surprenant: une délégation de « jeunes de l’opposition qui soutiennent Eyadéma » avec une pancarte proclamant « Eyadéma ou rien ».

De la dérision aussi: derrière une pancarte portant l’inscription « mini gouvernement » défile une horde d’enfants dont un, de dix ans à peine, déguisé en « général Eyadéma ». Même démarche saccadée, même façon de lever les mains pour saluer la foule. Hilarité générale quand l’enfant, en casquette, s’arrête devant la tribune officielle, face au vrai pour le saluer.

Le culte atteint son apogée avec des majorettes: « Tous les jours/au lever du soleil/nous disons vive Eyadéma! », piaillent les gamines. « Présidentielle 2003, le peuple a décidé, Eyadéma a obéi », proclame très sérieusement la pancarte d’une délégation.