30/06/2022

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Navire togolais arraisonné: cocaïne saisie à Lomé

ABIDJAN, 7 juil (AFP) – 20h38 – A une heure du matin lundi, au large du Ghana, un hélicoptère militaire français troue la nuit de son puissant projecteur tandis qu’à bord du navire de guerre françaisd’autres projecteurs s’allument. Au terme de trois jours de traque, « l’Orage » vient de capturer un navire transportant plus de deux tonnes de cocaïne.

« Ca n’a pas été facile, on a chassé pendant trois jours et demi à partir du moment où nous avons reçu instruction d’intercepter ce bateau », raconte à l’AFP le commandant du Transport de chalands de débarquement (TCD) Orage, le capitaine de frégate Bertrand de Gaullier des Bordes.

Il n’y avait qu’une différence de trois noeuds entre L’Orage (14) et le Pitea (11), explique le « pacha » du bâtiment, ancré au port d’Abidjan.

Mais avant d’arraisonner, il fallait d’abord le trouver ce remorqueur orange de 28 mètres de long battant pavillon togolais, en provenance du Venezuela.

L’Orage a reçu pour cela l’aide d’un avion de patrouille maritime Breguet Atlantique 2 basé à Dakar, ainsi que d’un hélicoptère de l’opération militaire Licorne en Côte d’Ivoire, et d’un navire hydrographique, le Laplace.

« Finalement le Pitea a été repéré à environ 200 km au large de la côte du Ghana, face à Accra et l’opération d’interception commence à une heure du matin dans la nuit du 5 au 6 juillet », raconte le capitaine de frégate.

Pour éviter que les occupants du Pitea ne jettent éventuellement la drogue par dessus bord, un canot pneumatique est mis à l’eau avant le déclenchement de l’arraisonnement proprement dit.

L’Orage se présente par travers tribord à environ 500 mètres du Pitea. Commence alors une conversation radio entre le bâtiment français et le capitaine du remorqueur suspect.

« Tout s’est passé très vite, nous n’avons rencontré aucune résistance, il y avait huit personnes à bord et elles n’ont pas eu le temps de réagir », poursuit l’officier.

Des militaires français montent à bord du Pitea. Le capitaine, un Américain d’origine cubaine, « se montre coopératif » pendant l’enquête de pavillon, la procédure obligatoire de contrôle et vérification des documents de bord.

Le plus dur reste à faire: trouver la drogue. Pendant plus de huit heures, les français fouillent, sondent, inspectent le Pitea sous toutes les coutures.

Finalement ils tombent sur le gros lot: environ deux tonnes de cocaïne dissimulées dans les grosses bouteilles d’air comprimés qui servent au moment du lancement des moteurs.

Il a fallu purger ces réservoirs pour pouvoir mettre la main sur la précieuse cargaison.

Estimée « de très belle qualité » selon des premières analyses effectuées à partir d’échantillons, cette cocaïne représente une valeur marchande en France « de 40 à 120 millions d’euros », indique une source proche du dossier.

« La coordination entre les services de renseignements français et étrangers et la pleine coopération des autorités gouvernementales togolaises sont à la source de cette réussite », indiquaient mercredi les services du Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin.

Le Pitea a été dérouté vers Lomé sous bonne escorte du navire hydrographique Laplace, tandis qu’après sa chasse, l’Orage est reparti sur Abidjan pour embarquer des personnels de l’ONU et du matériel.