05/12/2022

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Ouverture officielle du dialogue entre le pouvoir et l’opposition

LOME, 27 mai (AFP) – 17h19 – Le président togolais Gnassingbé Eyadéma a officiellement ouvert jeudi à Lomé le dialogue entre le pouvoir et l’opposition, dont trois des principaux partis ont boycotté la cérémonie, a constaté un correspondant de l’AFP.

Au total, 26 partis politiques avaient été invités à « l’ouverture solennelle du dialogue national », conformément à l’un des nombreux engagements pris par Lomé pour la reprise de la coopération avec l’Union européenne (UE), suspendue depuis 1993.

L’ancien Premier ministre Edem Kodjo, leader de la Convergence patriotique panafricaine (CPP, fusion de plusieurs partis d’opposition) ainsi que le Parti pour la démocratie et le renouveau, étaient représentés à la cérémonie, à laquelle assistaient également des responsables de l’UE et de nombreux diplomates.

L’Union des Forces du Changement (UFC), parti de l’opposant numéro un Gilchrist Olympio, ainsi que le Comité d’action pour le renouveau (CAR) de Yawovi Agboyibo et la Convention démocratique des peuples africains (CDPA) de Léopold Gnininvi, ont quant à eux boycotté la réunion, comme ils l’avaient annoncé un peu plus tôt.

L’UFC a également indiqué qu’elle refusait dans l’immédiat de participer à ce « dialogue » entre le pouvoir de M. Eyadéma et l’opposition, estimant notamment que son leader, Gilchrist Olympio, qui vit en exil à l’étranger depuis des années, était victime d' »exclusion ».

Ces trois partis politiques exigent notamment la tenue d’une réunion « préparatoire » avant les discussions.

« Il n’y a pas de préalables au dialogue, on ne dialogue jamais tout seul. Le dialogue repose sur l’égalité des participants, l’acceptation mutuelle et la tolérance », a lancé le président Eyadéma aux absents dans son discours d’ouverture.

« Je souhaite que le dialogue démocratique qui va s’ouvrir dans les semaines à venir (…) soit ouvert à tous ceux qui veulent apporter leur pierre à l’édifice », a-t-il ajouté.

« La démocratie repose avant tout sur la participation de chacun. Ce n’est pas en restant sur le quai de la gare que l’on arrive au but, mais en prenant le train de la démocratie », a estimé le président togolais, soulignant que « notre pays souffre depuis dix ans de l’interruption de l’aide internationale ». « Les divisions ont ruiné le pays », a-t-il ajouté.

Selon des sources gouvernementales, le dialogue proprement dit entre les différents partis doit se tenir dans les prochains jours, selon des modalités et un calendrier qui restent à définir officiellement par le Premier ministre Koffi Sama.

Plus de 600 délégués seront invités à prendre part aux discussions.

Le 14 avril, une délégation conduite par Koffi Sama s’est engagée auprès de l’UE à Bruxelles à prendre une série de mesures de démocratisation, dont une reprise « ouverte et crédible » et « sans délai » du dialogue avec l’opposition.

Les autorités togolaises disposent de 60 jours ouvrables pour convaincre leurs partenaires européens, ce qui fixe la date-limite aux alentours du 14 juillet.

Lomé devra produire un premier rapport fin mai qui devrait notamment permettre à une mission de l’UE attendue au Togo début juin d’évaluer les progrès.

Le président Gnassingbé Eyadéma, 68 ans dont 37 au pouvoir, doyen des chefs d’Etat africains, a été réélu en juin 2003 après une modification de la Constitution l’autorisant à briguer un nouveau mandat.

L’UE a interrompu son aide au Togo en 1993 après les violences qui ont émaillé le processus de démocratisation du pays.