25/06/2022

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Polémique autour d’un buste d’Eyadéma et d’une canne à crosse en or massif

ABIDJAN, 3 juil (AFP) – 13h43 – La Commission togolaise de lutte contre la corruption a répliqué mardi point par point au « réquisitoire » de l’ancien Premier ministre togolais, Agbéyomé Kodjo, limogé jeudi dernier par le Président Eyadéma, notamment à propos de cadeaux destinés au chef de l’Etat:un buste de 340.000 euros et une canne à crosse en or massif à 61.000 euros.

Dans son document de 14 pages diffusé le soir-même de son limogeage, Agbeyomé Kodjo avait accusé la direction de l’Office Togolais des Phosphates d’avoir financé des cadeaux au Président Eyadéma « pour célébrer le début du troisième millénaire ».

« 250 millions de FCFA soustraits de la caisse pour acheter au Chef de l’Etat un buste à son image et 40 millions pour lui offrir une canne », écrivait l’ancien chef de gouvernement, aujourd’hui introuvable.

Dans sa réponse, qui n’a pas tardé, la Commission anti-corruption a confirmé qu’il y a bien eu cadeaux mais en 1997 et en 1999 et que le président Eyadéma n’avait « jamais commandés ni acceptés »: « un buste sculpté en vermeil à l’effigie du Chef de l’Etat d’un coût de 222.990.000 francs FCFAeuros, ndlr) et une canne avec embout et crosse en or massif de 24 carats d’un coût de 40 millions de francs CFA (60.979 euros, ndlr), commandée en septembre

« Le Président de la République, surpris et indigné par l’existence de tels cadeaux de prestique a demandé immédiatement à son intendant et à la Commission de rechercher ces articles qu’il n’a jamais vus. La canne n’a pas été retrouvée. En revanche, le buste était laissé à l’abandon dans un débarras », poursuit la Commission dans sa « mise au point », avant d’accuser l’ancien premier ministre d’avoir « lui-même reçu sans rechigner plusieurs centaines de millions de francs (CFA) d’étrennes seulement en deux ans de passage à la tête du gouvernement ».

Le même jour que la parution de la « mise au point » de la commission anti-corruption, le procureur de la république a porté plainte contre Agbéyomé Kodjo pour avoir « fait publier des allégations mensongères pourtant atteinte à l’honneur et la considération du chef de l’Etat ».

M. Kodjo a pour sa part annoncé mardi avoir quitté le pays. « J’ai pris le maquis », a-t-il déclaré à l’AFP par téléphone tout en refusant d’indiquer l’endroit d’où il appelait.