28/06/2022

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Présidentielle au Togo: au moins onze morts, reprise des affrontements à Lomé

LOME (AFP)- 2005-04-27 14:21:23 Les affrontements entre manifestants et force de l’ordre ont repris mercredi à Lomé, où au moins onze personnes ont été tuées depuis mardi dans les violences qui ont suivi la proclamation de la victoire du candidat du parti au pouvoir Faure Gnassingbé à l’élection présidentielle togolaise du 24 avril.

Rassemblés sur de très nombreuses barricades de pneus, d’ordures et d’arbres, les partisans de l’opposition, en majorité des jeunes, sont à nouveau descendus dans les rues du quartier populaire de Bé pour y défier les forces de l’ordre. Celles-ci ont fait usage de grenades lacrymogènes.

Pour la deuxième journée consécutive, les manifestants dénonçaient la « victoire » du candidat du pouvoir, Faure Gnassingbé déclaré mardi vainqueur de la présidentielle par la commission électorale avec 60,22 % des suffrages devant le candidat de la coalition de l’opposition Emmanuel Akitani Bob (38,19%).

L’annonce de cette victoire mardi avait provoqué une flambée de violence dans plusieurs quartiers de la capitale togolaise, où des centaines de jeunes opposants favorables à Emmanuel Akitani Bob sont descendus dans les rues aux cris de: « on nous a volé notre victoire! ».

Le bilan officiel de ces violences n’a pas encore été établie, mais au moins onze personnes sont décédées au CHU de Tokoin, principal hôpital de la capitale, selon des sources hospitalières. Sur 95 blessés hospitalisés, 90% le sont par balles, et deux de ces blessés sont dans un état grave.

Les émeutes de mardi étaient principalement concentrées dans les bastions de l’opposition à Bé et Dékon, où des manifestants, parfois munis de cocktails molotov, ont affronté les forces de l’ordre.

Dans ces quartiers, de nombreux pillages ont été commis et des boutiques mises à sac, notamment celles appartenant à des commerçants libanais. Plusieurs familles françaises, au total une trentaine de personnes, ont été exfiltrées par la police togolaise, avant que leurs habitations ne soient pillées.

Dans les quartiers nord de la capitale, favorables au pouvoir, l’annonce de la victoire du candidat du RPT a été saluée par des milliers de personnes en liesse, qui ont fêté, pour certains toute la nuit et bruyamment, la « victoire de Faure ».

L’animation mercredi matin dans ces secteurs de Ramco, Forever, Casablanca, était quasi normale, ainsi que la circulation et les magasins ouverts.

Quelques barricades restaient visibles dans le centre-ville où l’accès au grand marché est paralysé, ainsi que dans les quartiers de l’ouest comme Kodjoviakope et Nykonapoe, vers la frontière ghanéenne, qui jouxte la capitale togolaise.

Dans tous ces secteurs, rares étaient les magasins ouverts. Toutefois, ce mercredi est férié au Togo qui commémore la fête de l’Indépendance, acquise le 27 avril 1960.

Les réseaux téléphoniques filaires et cellulaires dans la capitale sont par ailleurs fortement perturbés, la plupart des usagers ne pouvant plus que recevoir des appels. Selon certaines sources bien informées, des « mesures ont été prises pour empêcher la propagation de rumeurs et d’informations erronées ».

Depuis Paris, l’organisation de défense de la presse Reporters sans frontières (RSF) s’est inquiété de ce « brouillage » , mais également des violences de militaires togolais contre un journaliste français et du saccage d’une radio locale proche du pouvoir.

Sur le plan international, les Etats-Unis n’ont pas fait de commentaires, assurant simplement « enquêter » sur les accusations de fraudes électorales, au côté notamment des observateurs de la CEDEAO (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest).

Au lendemain des opérations de vote, Paris s’était déclaré « satisfait, malgré des « incidents isolés ».