30/06/2022

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Putsch: la relation avec le Togo et la Côte d’Ivoire est établie

OUAGADOUGOU, 18 avr (AFP) – 15h10 – « La relation du Togo et de la Côte d’Ivoire » avec le capitaine Luther Ouali, condamné samedi à dix ans de prison pour une tentative de putsch au Burkina, est désormais « établie », a estimé dimanche Abdoulaye Barry, commissaire du gouvernement près le tribunal militaire de Ouagadougou.

Le capitaine Ouali a été condamné par le tribunal militaire pour « trahison » et « intelligence avec des puissances étrangères », notamment la Côte d’Ivoire et le Togo voisins, où il avait séjourné afin, selon l’accusation, de solliciter des appuis financiers et matériels pour renverser le régime du président Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 1987.

« Si le capitaine Ouali a été condamné et que le tribunal a répondu +oui+ pour +trahison+, c’est que cette relation a été retenue », a déclaré à l’AFP M. Barry, se disant « satisfait » des peines prononcées contre le capitaine Ouali, pour lequel il avait pourtant demandé 20 ans de prison.

Sur les 12 autres accusés, poursuivis quant à eux seulement pour « complot » et « atteinte à la sûreté de l’Etat », cinq militaires et un civil ont été condamnés à des peines de prison plus légères et six autres, dont l’opposant Norbert Tiendrébéogo, ont été acquittés.

Selon des sources proches du tribunal, les juges togolais et ivoiriens ont refusé de répondre aux commissions rogatoires internationales qui leur ont été adressées par le Burkina pour obtenir des « précisions » sur les démarches entreprises par le capitaine Ouali auprès de leurs autorités respectives.

« Les deux juges n’ont pas répondu, mais cela ne nous empêche pas de tirer les conséquences de droit (…), les éléments de +trahison+ ont été tirés des faits qui sont en notre possession », a dit Abdoulaye Barry.

Le procureur militaire a affirmé que, parmi les pièces à conviction, figuraient les habits portés par le capitaine Ouali lors de ses entretiens à Abidjan avec le colonel Raphaël Logbo, aide de camp du président ivoirien Laurent Gbagbo, ainsi qu’une lettre qu’il lui a adressée.

Le capitaine Ouali a reconnu à la barre avoir reçu à Abidjan 50 millions de francs CFA (76.000 euros) du colonel Logbo, un « ami de longue date » qu’il avait perdu de vue. Il a toutefois assuré que la somme n’était pas destinée à organiser un putsch mais à la création d’une société de transports.

Le colonel Logbo a pour sa part démenti avoir versé de l’argent au capitaine Ouali, qu’il avait connu sur les bancs d’une école militaire ivoirienne au début des années 80.

Selon la justice burkinabè, M. Ouali a utilisé l’argent pour acheter trois véhicules tout-terrain et recruter des soldats, et Abidijan devait lui fournir « une importante quantité d’armes et de munitions » nécessaires au coup d’Etat, planifié pour « novembre ou décembre 2003 ».

Pour rallier les autorités togolaises à sa cause, le capitaine Ouali leur aurait livré « des fausses informations » sur l’existence dans le sud burkinabè (frontalier du Ghana et du Togo) de deux camps d’entraînement de mercenaires à la solde de l’opposant togolais Gilchrist Olympio, en exil au Ghana, d’après l’acte d’accusation.

Le capitaine Ouali a avoué s’être entretenu avec des officiers proches du président togolais Gnassingbé Eyadéma et a reçu 100.000 FCFA d’un certain commandant « Yak ».

Les relations entre le Burkina et la Côte d’Ivoire voisine se sont envenimées depuis le début d’une rébellion armée contre le président ivoirien Laurent Gbagbo en septembre 2002.

Abidjan a à plusieurs reprises accusé le Burkina de « complicité » avec les ex-rebelles qui contrôlent toujours la moitié nord du pays, frontalier du Burkina, ce qu’a toujours démenti Ouagadougou.