27/06/2022

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Togo: 54 mois de prison ferme requis contre Claude Améganvi et Julien Ayi

LOME, 7 sept (AFP) – 14h02 – Le ministère public a requis dans la nuit de vendredi à samedi 54 mois de prison ferme contre le secrétaire du Parti des travailleurs, Claude Améganvi, et le directeur du publication du journal Nouvel Echo, Julien Ayi, pour « atteinte à l’honneur » du président Gnassingbé Eyadéma et « trouble de l’ordre public ».
L’accusation a demandé une peine de six mois pour « atteinte à l’honneur du chef de l’Etat » et 48 mois pour « trouble à l’ordre public », assortie d’une amende de 100.000 francs CFA (152 euros) pour chacun des prévenus.

Le jugement a été mis en délibéré au vendredi 13 septembre.

Claude Améganvi et Julien Ayi avaient été arrêtés et incarcérés quelques jours après la publication, début août, par deux journaux privés, Agoo na mi et Nouvel Echo, d’articles sur la « fortune » présumée du chef de l’Etat togolais et de sa famille.

Les deux journaux avaient prétendu citer le magazine américain Forbes, qui classe les grandes fortunes mondiales, et qui, selon eux, « vient d’évaluer la fortune du président Eyadéma à 4,5 milliards de dollars ». Or le nom du président Eyadéma ne figure pas dans la liste des 500 plus grandes fortunes mondiales publiée sur le site internet du magazine Forbes.

Le lendemain de ces publications, le gouvernement avait décidé de « porter plainte contre les auteurs de ces articles, afin que lumière soit faite ».

Au cours de l’audience, qui s’est achevée vendredi vers 22h heures locales, le ministère public a également demandé 66 mois de prison ferme contre deux autres prévenus absents à l’audience. L’accusation a demandé qu’un mandat d’arrêt soit émis à leur encontre.

La vingtaine d’avocats constitués en collectif pour assurer la défense de Claude Améganvi, qui ont plaidé plus de trois heures au total, ont tour à tour demandé la remise en liberté de leur client, clamant son innocence.

Les « réquisitions du procureur de la République sont effarantes. C’est vraiment un procès exceptionnel », a déclaré Me Hélène Rubinstein-Carrera, du barreau de Paris.

Une première audience, prévue le 23 août, avait été reportée au 6 septembre.

Entre-temps, les députés togolais ont adopté un nouveau code de la presse qui durcit les sanctions en cas d’atteinte aux institutions de la république.

Selon la nouvelle loi, « l’offense au président de la République est punie d’un emprisonnement d’un à cinq ans de prison sans sursis et d’une amende d’un à 5 millions de F.CFA » (environ 1.500 à 7.600 euros).