24/09/2022

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Togo: démission du Premier ministre Yawovi Agboyibo

AFP Lomé, 13/11/2007 – Le Premier ministre togolais Yawovi Agboyibo a remis mardi sa démission au président Faure Gnassingbé qui l’a acceptée, a-t-on appris auprès de la présidence togolaise.

« Je suis venu remettre ma démission au Président de la république », a déclaré M. Agboyibo devant les caméras de la télévision nationale.

M. Gnassingbé a chargé le Premier ministre sortant d' »expédier les affaires courantes » jusqu’à la désignation de son successeur, selon le service de presse de la présidence.

« J’ai été désigné pour une mission déterminée, conduire avec la Commission électorale nationale indépendante (Céni) l’organisation des législatives. Ma mission est clôturée depuis le 14 octobre » (date du scrutin), a-t-il ajouté.

Avocat de formation et vieille figure de l’opposition, M. Agboyibo a été nommé le 16 septembre 2006 par M. Gnassingbé à la suite d’un accord politique signé en août précédent par tous les acteurs politiques pour mettre fin à des années de crispation et de violence politiques.

Les législatives du 14 octobre, considérées comme transparentes et démocratiques par l’ensemble des observateurs internationaux, ont vu la victoire en sièges (50 sur 81) du parti au pouvoir, le Rassemblement du peuple Togolais (RPT), mais avec une forte poussée des deux principaux partis d’opposition qui ont totalisé à eux deux plus de voix.

Pour la première fois depuis 17 ans tous les partis d’opposition y ont participé, en particulier l’Union des forces de changement (UFC) de l’opposant historique Gilchrist Olympio qui a enlevé 27 sièges.

Le Comité d’Action pour le renouveau (CAR) de Me Agboyibo avait de son côté obtenu les quatre sièges restants.

En exil à Paris, M. Olympio avait décidé de revenir dans le jeu politique, et avec lui l’UFC, à l’occasion de ce scrutin. Du vivant du président Eyadéma, le père de l’actuel chef de l’Etat, rien ne semblait pouvoir en convaincre cet homme, aujourd’hui âgé de 71 ans. Son père, Sylvanus, premier président du Togo indépendant, mourut assassiné en 1963 lors d’un coup d’Etat auquel participa Gnassingbé Eyadéma.

Devenu clairement le deuxième parti du pays en sièges et surtout en voix (il talonne le RPT), l’UFC n’exclut désormais plus la possibilité de participer à certaines conditions à un gouvernement d’union nationale.

Le nom du successeur de Me Agboyibo n’était pas encore connu mardi. S’il est issu des rangs de l’UFC, il s’agira probablement du plus important signe politique de l' »après-Eyadéma », le président décédé en février 2005 après avoir gouverné sans partage le Togo pendant 38 ans.