27/06/2022

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Une association de la société civile togolaise ne « reconnait plus » Eyadéma

PARIS, 16 juin (AFP) – 12h18 – La Concertation nationale de la société civile du Togo, ayant suivi l’ensemble du processus du scrutin présidentiel depuis janvier 2003, « ne reconnait plus (le général) Eyadéma comme président du Togo », indique un communiqué recu lundi à Paris.

Ce « réseau indépendant d’acteurs de la société civile nationale » affirme ne pas reconnaître le président Gnassingbé Eyadéma, réélu le 1er juin, en raison « de fraudes massives » et de « corruption ».

« Vu les preuves de fraudes massives faites de : bourrage d’urnes, achat de consciences, actes de violence et d’intimidations sur les électeurs, trafics d’urnes, falsifications de procès-verbaux de résultats » et « constatant la corruption organisée au profit du candidat du Rassemblement du peuple togolais (RPT – parti au pouvoir) », la Concertation estime que les résultats proclamés par la Cour constitutionnelle « sont irrecevables ».

Selon le communiqué, ces résultats, qui ont officiellement entériné le 12 juin, la réélection du général-président « sont sans fondement crédible. Chacun des membres de cette institution, outre le fait d’être militant du RPT, a été soudoyé pour la circonstance afin de déclarer le candidat Eyadéma vainqueur ».

La concertation invite « d’urgence la jeunesse togolaise, les travailleurs et l’ensemble des citoyens togolais condamnés à la misère, à s’associer massivement aux initiatives en cours pour la libération de notre patrie » et elle demande « à la France d’éviter dorénavant de se mêler des affaires du Togo ».

Le président Eyadéma, au pouvoir depuis 36 ans, a été réélu pour 5 ans en l’absence de son principal opposant Gilchrist Olympio. L’opposant, qui se dit condamné à l’exil pour des raisons de sécurité, a été empêché de se porter candidat après une modification constitutionnelle qui, en revanche, a autorisé le président Eyadéma à se représenter.

Les autres opposants ont aussi crié à la fraude, à la corruption et aux intimidations, au cours d’un scrutin également dénoncé par Amnesty International et des associations chrétiennes, dont le Secours Catholique.