26/06/2022

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Burkina Faso – Togo: le courant ne passe plus entre les deux présidents

Beaucoup de Togolais avaient stocké des provisions pour plusieurs jours (parfois des semaines), en prévision des troubles post-électorales que d’aucuns redoutaient à Lomé. On a même vu quelques dizaines de Loméens traverser la frontière ghanéenne pour se réfugier dans la ville voisine d’Aflao alors que de l’avis général, tout était (est) calme au Togo, le gouvernement ayant pris des mesures exceptionnelles pour maintenir la paix civile dont la constitution d’une force de 7.000 gendarmes et policiers uniquement chargés de  » sécuriser  » le processus électoral.

En réalité, le courant passe mal entre le président Gnassingbé Eyadèma et son homologue burkinabè Blaise Compaoré. Et pour cause. Au lendemain de son arrivée au pouvoir, le Ghanéen John Kufuor (contrairement à son prédecesseur John Jerry Rawlings) qui a normalisé ses relations avec le président du Togo, a dans la foulée mis en garde l’opposant Gilchrist Olympio contre ses manoeuvres de déstabilisation du Togo à partir du territoire ghanéen. Il a en outre invité les déserteurs de l’armée togolaise qui avait établi leur quartier général au Ghana à quitter ce pays. C’est ainsi que ces derniers furent accueillis dans le centre d’entraînement de l’Unité de Pô au Burkina Faso. Les relations entre les deux présidents se sont ainsi envenimés au point où Blaise Compaoré n’a pas jugé opportun d’assister, à Lomé, à l’exposition sur Léopold Sédar Senghor organisée quelques jours avant la présidentielle par le président du Togo. Seuls les présidents du Sénégal, Abdoulaye Wade, du Bénin, Mathieu Kérékou, de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, du Niger Mamadou Tandja, y ont pris part, ce qui leur a permis par ailleurs de tenir un Sommet du Conseil de l’Entente.

L’absence du président du Burkina Faso a beaucoup alimenté les rumeurs insistantes à propos d’une attaque d’anciens militaires togolais dans le but de déstabiliser le pouvoir en place. Si des mesures sont prises pour parer à toute éventualité, les autorités togolaises ne cachent pas qu’aujourd’hui, la menace (si menace il y a) proviendrait du Burkina Faso et plus du Ghana qui est devenu un vrai pays frère et ami.

Afrique Education Du 16 au 30 juin 2003
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