26/09/2022

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Conférence des partenaires au développement du Togo : Discours de la France

Conférence des partenaires au développement du Togo / Discours prononcé au nom du secrétaire d’état français chargé de la coopération et de la francophonie

Monsieur le Premier Ministre,
Madame et Messieurs les Ministres,
Messieurs les Ministres d’Etat,
Monsieur le Président de la Commission de la CEDEAO,
Monsieur le Président de la Commission de l’UEMOA,
Monsieur le Commissaire en charge du développement et de l’aide humanitaire,

Mesdames et Messieurs les Directeurs et Représentants des partenaires au développement,

Chers Collègues, Chers Amis,

Permettez-moi de vous faire part de la grande satisfaction de mon pays de nous voir réunis aujourd’hui à Bruxelles pour cette conférence sur le Togo. Le mérite en revient en premier lieu aux autorités togolaises, et aux co-organisateurs de l’évènement, la Commission européenne et le PNUD. Ceux d’entre nous qui suivent ce dossier depuis plusieurs années savent tout le chemin parcouru par ce pays, rappelé par ceux qui m’ont précédé. La France a fait le choix d’encourager et d’accompagner les évolutions politiques qui ont conduit à la reprise de l’aide européenne et aux élections législatives d’octobre 2007. Le retour à la paix civile, et l’émergence d’une opposition parlementaire sont des acquis importants.

La France a soutenu et continue de soutenir le processus de réconciliation, d’ouverture et de réformes conduit, avec lucidité, courage et détermination, par le président Faure Gnassingbé. Elle encourage les autorités togolaises à poursuivre la dynamique de réformes politiques, dans le prolongement des “22 engagements” pris en avril 2004 vis-à-vis de l’Union européenne et de l’accord politique global d’août 2006. La France se félicite du lancement du processus “vérité, justice et réconciliation”. La France se réjouit tout particulièrement des nouveaux engagements annoncés aujourd’hui par le Premier ministre Houngbo.

Il convient enfin, puisque nous sommes à Bruxelles, de souligner le rôle clé joué par l’Union européenne et de se réjouir du prochain lancement de la première session de travail du dialogue politique Union européenne-Togo, dans cet esprit de partenariat que vient d’évoquer Louis Michel.

Au nom du gouvernement français et du secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie, M. Alain Joyandet, qui s’est rendu à Lomé début septembre, je veux vous dire notre conviction profonde que transition politique et transition économique sont intimement liées. La stabilisation politique suppose, outre l’approfondissement du processus de démocratisation en cours, que les populations reçoivent les dividendes de celui-ci. Leur adhésion durable passe par une amélioration de leurs conditions de vie. En effet, la population togolaise a payé un lourd tribut aux années de crise marquées par une chute de l’APD reçue par habitant. Elle est au Togo de 14 dollars alors qu’elle est en moyenne de 53 dollars en Afrique de l’Ouest. Cette situation s’est traduite par une dégradation des indicateurs de développement humain, une réduction des capacités de l’administration, enfin un processus de “décapitalisation” lié à la faiblesse de l’investissement public et privé.

Le temps de la reconstruction et de la relance économique est venu dans le contexte international malheureusement défavorable. Le Togo est frappé de plein fouet par les chocs exogènes liés au renchérissement du prix du pétrole et des produits alimentaires. Il subit en outre les conséquences dévastatrices des inondations qui menacent la production agricole et coupent ses voies de communication.

La Communauté financière internationale est désormais en mesure de se réengager au Togo. C’est l’enjeu de cette réunion. Elle doit le faire avec précision, générosité, et clairvoyance, en accordant une attention particulière au rythme et aux modalités de décaissement de l’aide. Nous sortons du Forum d’Accra : nous y avons pris des engagements afin de renforcer l’efficacité de l’aide, notamment dans les pays fragiles et en sortie de crise.

La France est mobilisée. Sur le court terme, elle a décidé en 2008 d’allouer une aide budgétaire de 5 millions d’euros pour financer des mesures d’urgence, notamment la relance de la production vivrière. Elle a apporté une contribution significative à l’effort d’allègement de la dette multilatérale. Elle a apporté une contribution majeure à l’allègement du service de la dette bilatérale. Sur le moyen terme (2008-2012) le document cadre de partenariat signé par Alain Joyandet à l’occasion de sa récente visite officielle à Lomé, envisage la mobilisation de 141 millions d’euros pour des programmes de coopération, principalement dans les domaines du développement humain, des infrastructures urbaines et de la gouvernance. Au total, sur la période 2008-2012, c’est un effort de quelques 215 millions d’euros que la France envisage de faire au profit du développement du Togo.

En conclusion, je ne peux que souligner l’importance d’un réengagement massif, rapide et coordonné de la communauté internationale dans ce pays orphelin de l’aide. Je ne sais pas s’il faut faire, comme le suggérait Louis Michel, du Togo un cas d’école. Je sais en revanche que nous, bailleurs de fonds, avons une responsabilité particulière vis-à-vis du Togo, des populations togolaises, pour ne pas répéter nos erreurs du passé, pour éviter l’émiettement de nos actions, pour travailler dans un cadre aussi intégré que possible à la mise en œuvre du programme de travail dessiné il y a quelques jours par le Premier ministre Houngbo devant le Parlement togolais. Ce qui se passe aujourd’hui au Togo est exceptionnel ; à nous bailleurs de fonds de nous comporter de façon exceptionnelle et de ne pas y faire les choses comme d’habitude, de ne pas y faire du “business as usual”. Affectons au Togo nos meilleurs agents des agences de développement, allégeons-y nos procédures, soyons pragmatiques et concrets, décaissons rapidement et efficacement, montrons-nous à la hauteur de la demande de nos partenaires togolais d’aujourd’hui. C’est maintenant que le Togo a besoin de nous, pas demain, pas après-demain.

L’assainissement financier étant bien engagé, il faut maintenant favoriser la relance économique en conduisant à leur terme les réformes structurelles engagées (secteur bancaire, phosphates, Coton, Port autonome, énergie), en mobilisant efficacement des ressources, intérieures et extérieures, pour apurer les arriérés intérieurs et financer la remise à niveau des infrastructures et des services sociaux de base. La stabilisation durable du pays en dépend. La France adresse tous ses vœux de succès aux autorités togolaises, en particulier au gouvernement du Premier ministre M. Gilbert Fossoun Houngbo, et les encourage à poursuivre leurs efforts, avec je l’espère le plein appui de la communauté internationale.

Je vous remercie.

SOURCE : France – Ministry of Foreign Affairs