26/09/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Marche pacifique Contre l’impunité, à Lomé

PARTI DES TRAVAILLEURS
Membre de l’Entente internationale des travailleurs et des peuples (EIT)

24 avril 2005 – 24 avril 2006

• Il y a un an : le régime intérimaire d’Abass BONFOH organisait le vol et la répression sanglante de l’élection présidentielle
• Un an après : il est temps de mettre fin à l’impunité de cette répression sanglante !

Il y a un an, le dimanche 24 avril 2005, avait lieu l’élection présidentielle pour choisir un nouveau chef du pouvoir exécutif togolais, suite au décès du dictateur président Etienne GNASSINGBE Eyadéma, le 5 février 2005.
Le régime RPT qui présentait la canditature de Faure Essozimna GNASSINGBE et la coalition de 6 partis de l’opposition togolaise (ADDI, CAR, CDPA, PSR, UDS-Togo, UFC) qui présentait la candidature de Bob AKITANI décidaient, chacun de son côté, de maintenir leur participation à la compétition électorale.

Un scrutin de tous les dangers

Pourtant de multiples voix s’étaient élevées de partout pour demander l’arrêt ou l’annulation pure et simple de ce processus électoral qui s’annonçait non seulement comme une gigantesque mascarade mais comme une période de dérives répressives sanglantes au regard des nombreuses irrégularités mais surtout des nombreux affrontements sanglants qui avaient marqué les opérations de révision des listes électorales et de distribution des cartes d’électeurs ouverte le 28 mas 2005 et de la campagne électorale ouverte le 8 avril suivant.
Parmi ces nombreuses voix, celle venue notamment de l’intérieur même du régime RPT où le ministre de l’Intérieur Akila Esso BOKO avait spectaculairement appelé à surseoir au processus électoral, dans une conférence de presse exceptionnelle tenue dans la nuit du 22 avril 2005, pour éviter le bain de sang en cours de préparation. Il y eut également les voix des hommes et femmes en robes (avocats, religieux) qui avaient manifesté devant le siège du président par intérim Abass BONFOH.

Malheureusement, ces voix ne furent pas entendues. Le 24 avril 2005, jour de l’élection présidentielle, ce fut une terrible mascarade électorale des plus sanglantes comme il n’y en a jamais eu de toute l’histoire du Togo qui fut organisée sur toute l’étendue du territoire national par le régime RPT, ses forces de répression (armée, gendarmerie, police) et ses milices armées.
C’est dès le début des opérations électorales que les actes de violence des miliciens et des forces de l’ordre à la solde du régime RPT ont commencé dans les bureaux de vote, dans les localités et régions considérées comme étant les fiefs du RPT avec l’expulsion des délégués des candidats des autres partis politiques de ces bureaux de vote alors que, selon les dispositions du Code électoral, leur présence conditionne la régularité des opérations électorales. Avec leur expulsion qui constituait pourtant une violation du Code électoral entachant le scrutin d’irrégularités, la voie était ouverte au bourrage des urnes dont nombre avaient été été retrouvées, bourrées d’avance, chez nombre de dignitaire du RPT notamment les chefs traditionnels chez qui elles ont été saisies par des électeurs. Parallèlement, la machine électorale du RPT organisait un système de fraude à vaste échelle à travers : le spectaculaire gonflement des listes électorales, la distribution et l’utilisation de milliers de fausses cartes d’électeurs lors du scrutiin, la multiplication de bureaux de vote fictifs, la distribution de bulletins uniques pré-votés, l’organisation du votes multiples des militants de ce parti, l’ouverture des BV avant l’heure légale de 6H 30 dans les localités réputées proches du pouvoir RPT

Une répression sanglante dans tout le pays pour un vol du scrutin

Mais c’est surtout au moment du dépouillement qu’on assista à la plus sanglante répression par les forces de l’ordre et les miliciens du RPT.
Dès la clôture des opérations de vote, les forces de l’ordre, convoyées jusque dans les enceintes mêmes des bureaux de vote par des véhicules de la gendarmerie, de la police mais surtout des Forces armées togolaises (FAT), notamment des jeeps montées de fusils mitrailleurs, ont fait brutalement irruption dans les salles où se faisaient le décompte des voix, passant sauvagement à tabac, à coups de gourdins cloutés, de crosses de fusil, de cordelettes, non seulement les membres des bureaux de vote, mais aussi tous les citoyens présents sur les lieux, allant jusqu’à tirer sur eux des rafales de fusils mitrailleurs, pour finalement voler les urnes qu’ils emportaient, brûlaient ou cassaient sur place afin d’assurer au RPT une victoire frauduleuse. Ces images, comme chacun le sait, firent le tour du monde.
Dans tous les quartiers et localités où la population scandalisée par ces intrusions violentes et sanglantes, surtout les jeunes, a tenté d’y résister par des jets de pierres, des pneus brûlés ou l’érection de barricades a tenté une résistance spontanée, la répression organisée par les forces de l’ordre et les miliciens du RPT qui fut des plus féroces, sanglantes et impitoyables, s’est poursuivie jusqu’au lendemain : tirs sur les citoyens, passages à tabac à coups de gourdins cloutés et même arrestation et enlèvement de nombre de citoyens dont on est sans nouvelles depuis lors.

C’est ainsi que les morts suivants ont été enregistrés :
A Lomé :
• ABDOUHMANA Lamine, tué par balles le 24 avril 2005 ;
• DERMANE Leamine, tué par balles le 24 avril 2005 ;
• OUGBEDJO Idrissou, tué par balles le 24 avril 2005 ;
• Un soldat membre de la FOSEP 2005, tué par balles le 24 avril 2005 par des militaires qui ont fait irruption dans l’enceinte du Collège Protestant ;
• AGBATI Komlanvi, abattu le 24 avril 2005 par 17 balles tirées par les forces de l’ordre devant le bureau de vote de Hédjranawoé ;
• FANNOU Valentin, 6 ans, tué par balles par les forces de l’ordre et les miliciens du RPT, le 25 avril 2005, à son domicile, à Tokoin-Gbadago ;

A l’intérieur du pays :
A Kpalimé (Préfecture de Kloto) :
• KPELAM, 18 ans, élève en 1ère année DEP AU CRETFP de Kpalimé, tué par balles par les forces de l’ordre, le 25 avril 2005

A Atakpamé (Préfecture de l’Ogou) :
• DOSSOU Yakpon, 18 ans, apprenti-chauffeur à Agbo-Fon, abattu par balles par les miliciens du RPT le 24 avril 2005 ;
• Un inconnu, tué par passage à tabac par les forces de l’ordre et les miliciens du RPT, le 24 avril 2005 ;
• GBESSOU Dosseh, tué par passage à tabac avec plaie au ventre, le 25 avril 2005 ;
• OUGA Alouha, tué par balles par les forces de l’ordre et les miliciens du RPT, le 25 avril 2005 ;

A Salgbe (Préfecteure du Moyen Mono) :
• Le Chef Canton de Salgbe, poignardé par les miliciens du RPT, est décédé pendant son transfert à l’Hôpital, le 25 avril 2005 ;

A Mango (Préfecture de l’Oti) :
Dans la ville de Mango, de graves affrontements ont vivement opposé des partisants de la coalition et les populations aux partisants du RPT qui ont été démasqués sur les bureaux de vote pour avoir systématiquement bourré plusieurs urnes. Ces manifestations de protestation ont occasionné de nombreux blessés.

Dire « Non, à l’impunité ! »

Au moment où le démarrage du Dialogue intertogolais, a été a annoncé ce vendredi 21 avril 2005, le Parti des travailleurs tient à rappeler, qu’en aucun cas, il ne peut être question d’amnistier ou d’absoudre les auteurs et commanditaires des crimes odieux qui ont endeuillé et meurtris le peuple togolais à l’occasion de ce scrutin comme nombre de participants à cette rencontre l’ont fait inscrire à son ordre du jour.
La seule exigence conforme à la démocratie et au respect des droits de l’Homme est :
1°) la recherche et l’arrestation des auteurs et commanditaires des assassinats et exactions commis lors de cette élection présidentielle du 24 avril 2005 à Lomé et à l’intérieur du Togo afin qu’ils soient déférés devant les tribunaux pour en répondre afin que justice soit rendue à toutes les victimes innocentes ;
2°) la réapparition en vie de tous les disparus ;
3°) le respect des droits de l’Homme et des libertés démocratiques au Togo ;
4°) la fin de l’impunité au Togo.

Grande Marche pacifique Contre l’impunité, à Lomé
Mercredi 26 avril 2006, mettons-nous tous en vert, couleur de l’espoir
Rassemblement et départ à 7H du Terrain de Kodjindji
en direction du Ministère de la Justice et du Palais de Justice
Suite aux propositions qu’il a soumises au peuple togolais dans sa dernière Déclaration sur les massacres du 16 avril 2005, en vue de l’organisation d’une Journée internationale contre l’impunité au Togo, à l’occasion de la commémoration du 1er anniversaire début du génocide togolais, le 26 avril 2005, jour de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 24 avril 2005, le Parti des travailleurs appelle la population à participer massivement à cette Grande Marche pacifique.

Lomé, le 22 avril 2006
Pour le Parti des travailleurs,
Le Secrétaire chargé de la coordination
Claude AMEGANVI