25/09/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Sur les rivalités inter-impérialistes en Afrique

Il ne fait aucun doute que la lutte de notre peuple contre le pouvoir réactionnaire du clan Gnassingbé est une partie intégrante de la lutte des peuples opprimés, et notamment des peuples africains contre l’impérialisme international. C’est la raison pour laquelle, à travers notre site, nous offrons la possibilité de s’informer sur la situation politique de tous les peuples en lutte pour la liberté et la démocratie. Il va sans dire que la lutte des autres peuples s’interfère nécessairement avec la lutte que mène notre propre peuple. On ne peut donc engager cette lutte de manière conséquente, sans avoir une vue sur la situation qui prévaut sur le plan international, et en particulier sur notre continent.

Dans ce contexte international, l’Afrique est un objectif majeur des puissances prédatrices. L’Afrique occidentale et centrale sont des régions où se déroule actuellement une âpre lutte inter-impérialistes pour le contrôle des ressources principales du pétrole et autres matières premières. Selon la presse internationale: «Dans les pays d’Afrique noire, les USA ont pu s’implanter militairement à Djibouti, ont envoyé des instructeurs militaires en Mauritanie, et doivent prochainement installer une base navale au large du Gabon à Sao Tomé très riches en réserve pétrolière. Mais aussi au Mali, Niger, Tchad et Soudan (dès que le conflit du Darfour sera terminé). Les appétits américains envers l’Afrique sub-saharienne au travers de l’épouvantail Al-Quaïda pourraient en partie s’expliquer aussi par la découverte croissante de gisements pétroliers en Afrique sub-Saharienne (dont la progression est la plus importante au monde).

Un exemple en Mauritanie où les perspectives pétrolières et gazières, désormais tangibles, aiguisent les appétits déstabilisateurs. Fin 2005, cinq ans après la découverte du premier puits offshore de Chinguetti -à 80 km au sud-ouest de Nouakchott -, l’or noir commencera à couler. Les puits voisins de Banda et de Tiof entreront en production peu après, et l’offshore s’annonce prometteur. Dès 2006, entre150 millions et 250 millions de dollars de recettes nettes reversées par le consortium que dirige la société australienne Wood side devraient garnir le budget de l’État.». Ajoutons à cela, la lutte entre des consortiums français, canadiens, américains voir même chinois pour le contrôle du pétrole et du gazoduc de l’Afrique de l’Ouest. Un gazoduc de 800 km, qui coûtera plus de 500 millions de dollars et traversera le Nigeria, le Bénin, le Togo et le Ghana.

Bien que la France, l’Allemagne et les Etats-Unis n’aient jamais caché leurs ambitions hégémoniques sur le Togo, il apparaît que la Chine est devenue une sérieuse rivale pour les autres puissances. Ces cinq dernières années, rien qu’au Togo on compte plus de 70 entreprises chinoises installées dans la Zone portuaire de Lomé. Dans le courant du premier semestre de l’année 2006, ces entreprises chinoises ont investit 20 millions de dollars et leurs chiffres a atteint 40 millions de dollars. On sait que la société financière ZHONG JIA International, basée à Hong-Kong, a signé avec la Communauté électrique du Bénin (CEB), une compagnie de production d’électricité commune au Togo et à la République du Bénin, une convention de financement de 187 milliards de francs CFA, soit 300 millions d’euros, pour l’extension du réseau des installations et la construction d’un barrage.

Nous citerons également, l’installation de l’industrie pharmaceutique Tong Mei (TM) et autres usines dans la zone franche. Par ailleurs, selon nos informations, les sociétés Huawei et Bell Shanghai négocient avec les compagnies de télécommunication et de téléphone mobile du Togo des projets d’élargissement des réseaux de téléphone fixe et mobile. La valeur des contrats pourrait atteindre 300 millions de yuans. L’objectif des capitalistes chinois est de faire de Lomé un véritable carrefour de transit et des commerçants de la sous région ouest africaine.

Les rivalités inter-impérialistes pour le partage du gâteau néocolonial se poursuivent sans arrêt dans d’autres régions d’Afrique. Le cas du Tchad et du Darfour (Sud du Soudan) illustre bien cette âpre rivalité entre la Chine, les Etats-Unis et la France. Ces rivalités se retrouvent au Nigeria, au Congo, au Cameroun…C’est dans ce cadre que l’on voit la Chine proposer des milliards de dollars d’aide pour damer le pion au FMI et à la Banque mondiale, ce qui, dans ce système néocolonial, ne peut entraîner que l’aggravation de l’endettement de nos pays et l’embourgeoisement d’une nouvelle classe dirigeante.

Cette politique s’appuie donc sur des bourgeoisies affairistes plus préoccupées de s’enrichir rapidement, que d’utiliser les contradictions inter impérialistes. Elles aggravent par conséquent le pillage de nos pays et contribuent à la destruction des économies nationales. Le cas du Nigeria est patent, où les importations massives de produits chinois ont pratiquement ruiné l’industrie nationale naissante. La lutte pour l’indépendance nationale et la démocratie implique la lutte pour l’émancipation totale à l’égard de toutes ces puissances sans exception.

Bruxelles, le 31 décembre 2007

Le Front des Organisations Démocratiques Togolaises en Exil
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