26/11/2022

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Togo: Avant toute élection….concertation !

Par Gaëtan TETE

Les fils et filles du Togo continuent de verser leur sang dans le combat contre la dictature militaro-Rpétiste. Mais si la victoire sur les forces du mal se dessine à l’horizon, l’une des dernières batailles qui s’annonce est rude ; à double titre. C’est un combat contre deux adversaires de taille. En premier lieu, contre le régime militaro-dictatorial légué à son fils par Gnassingbé Eyadéma ; en second lieu, contre la France des réseaux néocolonio-clientélistes de Foccart-Pasqua-Mitterrand-Chirac.

Ces hydres militaro-politico-affairistes cultivent alliances de toutes natures et contre-nature ; récoltent économiquement et financièrement prospérité ; politiquement, elles accentuent leur mainmise sur le Togo. Pendant ce temps près des 98% de la population de la terre de nos aïeux croupissent dans la misère et trouvent résignation dans la peur.
L’Histoire se répète. Au cours de la période coloniale ou sous-mandat, l’administration française n’avait jamais voulu organiser des élections libres, démocratiques et transparentes au Togo. Les gouvernants français favorisaient systématiquement les partis politiques togolais qui étaient soumis à la France, ceux sur lesquels l’Hexagone pouvait compter pour exploiter nos populations.
Les années passent, la classe politique française se renouvelle, mais les dirigeants français ne changent guère dans leurs comportements vis-à-vis du Togo. Le monde a changé ; la France chiraquienne ne comprend pas que la période au cours de laquelle, on faisait peur à l’opposition togolaise avec des tanks et des mitrailleuses est bien révolue. Les conseillers africains de l’Elysée ont toujours gobé l’histoire de la guerre civile entre le Nord et le Sud, qu’Eyadéma leur ressassait.

Aujourd’hui, nous invitons tous les énarques et autres spécialistes français du Continent noir, à ouvrir les yeux et les oreilles. Si guerre une civile découle de votre tergiversation feinte, de vos velléités sournoises à asseoir coûte que coûte par la fraude Faure Gnassingbé à la tête du Togo, en dépit de la volonté de 90% des électeurs togolais, vous la prendriez alors la responsabilité de cette guerre civile, que vous semblez appeler indirectement de tous vos vœux. Le Togolais n’est pas bête ; il scrute vos mouvements, il comprend vos réactions. Pour l’exemple les officiers français et autres instructeurs dans l’armée togolaise, au plus fort moment de la crise de février, seraient bel et bien restés en place…
L’installation de Gnassingbé au pouvoir par une élection organisée unilatéralement par le RPT dont on connaît les us et coutumes, peut déboucher ipso facto sur cette guerre civile que l’opposition tente par tous les moyens d’éviter, en appelant au respect des lois. Mais si par malheur, la guerre nous tombait sur la tête, comprenez une fois pour toutes, que ce ne sera pas un litige entre le Nord et le Sud. Mais ne vous en déplaise, une boucherie entre les tenants du système Eyadéma (10%) et le reste de la population en quête de liberté et de démocratie (90%).
Pour être plus clair, dans ces 10%, le Nord et le Sud sont représentés ; il en est de même pour les 90%. Car même au Togo la démocratie ne fait pas dans le régionalisme. Le moindre mal pour la Communauté internationale consisterait à organiser des élections parfaites et sans tâche. Ne laissez pas le Togo s’embraser.

Que l’on ne s’y trompe pas. Après le coup d’Etat de Faure Gnassingbé, le 5 février dernier, les déclarations vaseuses et fallacieuses du ministère français de la Coopération, étaient tout simplement destinées à condamner du bout des lèvres le coup de force contre les institutions de la République togolaise. In petto, Chirac et les réseaux français verraient avec plaisir Faure Gnassingbé succéder à son père dans le fauteuil présidentiel, pour la plus grande gloire des réseaux politico-mafieux français. Il ne fait aucun doute : les conseils paternalistes d’un Bongo à l’endroit de « bébé Gnassingbé », ont été objet de concertation entre les présidents français et gabonais. Gnassingbé Faure recule, pour mieux sauter dans le fauteuil de son père, en concoctant au préalable des fraudes massives, avec les moyens matériels et humains légués par Eyadéma.

L’opposition togolaise ne doit pas se précipiter à l’élection présidentielle imposée par l’Assemblée nationale RPT. Au préalable, le parti des Gnassingbé doit s’asseoir avec l’opposition, autour d’une table ronde, afin de négocier les points litigieux qui minent les fondements de notre démocratie, ou tout simplement de notre vie en commun. L’Union européenne avait déjà, bien avant le décès de Gnassingbé-père, fixé le cadre de ces concertations.

En novembre 1957, la Résolution n°1182 (XII) prise par l’Assemblée générale des Nations unies, avait décidé d’élire un commissaire pour superviser les élections législatives au Togo. (Personne ne faisait confiance à l’administration coloniale française pour organiser des élections propres sur le territoire togolais.) Ce fut conformément à cette Résolution, que l’Assemblée générale des Nations unies, en sa 730e session, élit le 14 décembre 1957, M. Max Dorsinville, commissaire des Nations unies chargé de superviser les élections du 27 avril 1958 au Togo. Le commissaire onusien, M. Dorsinville, avait à sa disposition, une équipe de 32 membres pour l’organisation de ce scrutin démocratique. Et les élections furent libres et démocratiques !
Aujourd’hui Faure Gnassingbé et ses « grands parrains » (Bongo, Chirac, Compaoré…) s’apprêtent à conduire des élections unilatérales bâties sur la fraude à grande échelle.

C’est pourquoi le peuple togolais, l’opposition démocratique contre la dictature du régime des Gnassingbé, lancent un appel de détresse aux organisations internationales (Union Africaine, la CEDEAO…) et surtout au Secrétaire général des Nations unies, M. Kofi Anan : « De grâce, ne laissez pas l’organisation des futurs scrutins, et la proclamation des résultats, aux mains de l’Assemblée nationale rpétiste. », au risque de voir le Togo s’embraser et toute la région avec lui. Car nous savons comment ce système politique sans légitimité populaire, s’est incrusté au pouvoir.

LIRE EGALEMENT:
[Togo : chronique d’une guerre civile annoncée->http://www.letogolais.com/article.html?nid=910]
[La France : souteneur de la dictature au Togo->http://www.letogolais.com/article.html?nid=1214]