25/09/2022

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Togo-Elections: l’UFC et le GRAD tirent la sonnette d’alarme

Par Vénévino DALVES et Hélian Mensah

Déjà, le 6 mars, dans un communiqué, l’Union des Forces de Changement s’alarmait des incessantes interventions du gouvernement dans les attributions de la CENI et les risques de fraudes de plus en plus grandissants. Précisément, c’est la responsabilité de Gilbert Bawara dans ces dérives qui est mise en relief de manière circonstanciée : « Le vendredi 09 Février 2007, le conseil des ministres a décidé d’emprunter auprès de la République Démocratique du Congo (RDC) les kits devant servir au recensement électoral et à la délivrance des cartes d’électeurs pour les prochaines élections législatives.

Cette décision prise unilatéralement par le gouvernement, sans aucun avis ni recommandation de la CENI dans ce sens, manque de transparence et de responsabilité quand on sait que l’analyse des avantages et inconvénients des deux options, à savoir l’achat et l’emprunt, a conduit la CENI et les experts de la mission conjointe UE-PNUD à privilégier l’option d’achat qui, à coût sensiblement égal, offre plus de flexibilité quant à la définition des spécifications techniques du matériel informatique et du logiciel, et plus de perspectives quant aux utilisations futures des kits.

Face aux nombreux inconvénients liés à l’option d’emprunt, il est donc clairement apparu que notre pays a tout intérêt à acheter des kits neufs qui serviront non seulement pour les élections législatives de 2007, mais aussi pour les autres élections à venir, notamment les élections locales de 2008, ainsi que pour la mise à jour annuelle du fichier électoral, l’établissement des cartes nationales d’identité, et le recensement général de la population. Il y a lieu de s’inquiéter sur les raisons qui poussent le gouvernement à se substituer à la CENI et à persister dans une voie sinueuse, compliquée et hasardeuse. Contrairement à ce qu’il a déclaré sur radio Nostalgie, Gilbert Bawara s’était bien rendu à Kinshasa pour négocier l’emprunt d’un nombre précis de kits. L’UFC s’interroge sur le bien-fondé des contrats de gré à gré que Gilbert Bawara et le ministre de l’Administration Territoriale sont allés préparer à Kinshasa (RDC) pour l’attribution des marchés de transport des kits, de développement des logiciels et de réinitialisation des kits au mépris de toute règle de transparence.

L’UFC tient à rappeler que, conformément à l’Accord Politique Global, c’est la CENI – et non le gouvernement – qui est chargée d’organiser et de superviser les élections. La décision d’achat ou d’emprunt relève donc de la seule compétence de la CENI. L’UFC constate avec inquiétude que se confirment ses craintes concernant le statut du président de la CENI qui, en tant que représentant du gouvernement sans voix délibérative, se soumet aux ordres de Gilbert Bawara et du ministre de l’Administration Territoriale. L’UFC demande à tous les membres de la CENI de se ressaisir et de prendre leurs responsabilités afin d’accomplir leur mission en toute indépendance, dans la rigueur et la transparence, conformément au serment qu’ils ont prêté.
L’UFC dénonce les intrusions du gouvernement dans les activités de la CENI et appelle l’ensemble de la classe politique et des forces de changement à davantage de vigilance pour empêcher le pouvoir RPT de conduire à la dérive comme par le passé, le processus électoral actuellement en cours.

L’UFC en appelle au Facilitateur et au Comité de Suivi pour qu’ils veillent à ce que le gouvernement respecte scrupuleusement l’autonomie et l’indépendance de la CENI et mette à sa disposition, les moyens institutionnels, financiers, matériels, techniques, etc., nécessaires à l’accomplissement de sa mission. »

Il faut aussi noter les profondes préoccupations manifestées par le Groupe de Réflexion et d’Action pour le Dialogue, la Démocratie et le Développement (GRAD face à l’organisation des prochaines élections législatives (Communiqué du 27 mars 2007). Cette organisation de la société civile s’était déjà inquiété face à la situation de blocage qui entrave les activités de la CENI ; Au-delà de ces fâcheuses circonstances, « Le GRAD demeure convaincu que les élections législatives sont loin de résoudre par elles seules la crise togolaise sans un nécessaire recours à une Assemblée constituante. Le GRAD fait observer également que la mission de celle-ci n’est pas automatiquement identique à celle de la future Assemblée nationale issue du prochain scrutin législatif. En effet, il ne faut jamais perdre de vue que les modalités de réformes constitutionnelles restent encore celles définies par la constitution actuelle en vigueur. Elles prévoient que toute proposition de réforme doit émaner des 3/4 ou des 2/3 des députés élus au parlement, pour être recevable. Le GRAD craint que ces conditions de changement constitutionnel ne soient pas facilement réunies au sein de la prochaine Assemblée nationale, compte tenu du contexte politique actuel du Togo. » (Communiqué du 20 décembre 2006)

La rédaction letogolais.com

LIRE L’INTEGARLITE DU DOSSIER:
[Togo : La stratégie de mise en échec des élections transparentes par Faure Gnassingbé->http://www.letogolais.com/article.html?nid=3154]