29/06/2022

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Vivement l’Union des Peuples d’Afrique (UPA)

Par Gaëtan TETE

En rejetant en masse, il y a quelques jours, le Traité de Constitution européenne (la France avec 55% de Non ; les Pays-Bas avec 63% de Non), les peuples d’Europe ont levé, sans le savoir, le voile sur deux problématiques : Primo, les peuples, qu’ils soient du sud ou du nord, devraient avoir leur mot à dire en ce qui concerne les traités internationaux qui les engagent. Secundo, il est énorme le fossé qui s’est creusé entre la minorité qui exerce le pouvoir, et la majorité qui subit les décisions prises par les gouvernants. C’est une raison de plus pour penser à l’U.P.A. : une Union des Peuples d’Afrique, sans aucun lien avec le grand « syndicat des chefs d’Etat d’Afrique ».

Dans bon nombre de pays (Espagne, France, Pays-bas, Luxembourg, Danemark, Pologne, Portugal, Royaume-Uni, République Tchèque, Irlande…) le citoyen européen a par le biais d’un Référendum, émis son opinion sur le Traité de la Constitution européenne, tandis que dans d’autres Etats de l’Europe (Lituanie, Hongrie, Slovénie, Grèce, Slovaquie, Autriche, Allemagne, Belgique, Lettonie, Estonie, Chypre, Malte, Suède, Finlande…) leur Parlement se charge respectivement de la ratification du Traité de Constitution.

En Afrique, que ce soit dans le cadre de l’Organisation de l’Unité Africaine, décédée en 2001, ou son héritière l’Union Africaine, aucun peuple, aucune nation africaine n’a eu l’occasion de se prononcer sur la gestion des affaires et le devenir du Continent. Peu de dirigeants d’Etats africains connaissent le contenu de la Charte de l’ancienne organisation créée en 1963 à Addis-Abeba et encore moins le contenu de la Constitution de la nouvelle Union Africaine qui prétend œuvrer au développement de l’Afrique.

Les divergences et les dissonances (entre le Président en exercice de l’UA, Olusegun Obasanjo, et le président de la Commission, le Malien Alpha Oumar Konaré) étalées sur la place publique à propos du problème togolais, tend à prouver que les hommes politiques africains qui sont connus pour faire peu cas de la Constitution de leur propre pays, ne se privent pas de contourner les textes consensuels de lois, afin d’imposer leur propres points de vue.
Dans le cas précis de la crise togolaise, le 27 mai 2005, le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union africaine (une instance regroupant 15 Etats membres dont le Nigeria), avait entériné la nomination de l’ancien président zambien Kenneth Kaunda, en tant qu’envoyé spécial au Togo. Alpha Oumar Konaré aurait informé le chef de la diplomatie nigériane. Mais le fait, est que le chef de l’Etat nigérian voudrait amener l’Organisation à entériner l’élection frauduleuse de Faure Gnassingbé à la tête du Togo.
D’une part, que disent les textes de lois de l’UA sur les nominations d’envoyés spéciaux ? D’autre part, les conditions de l’élection de Faure Gnassingbé, sont-elles conformes aux normes démocratiques fixées par l’UA ?

Quoi qu’il en soit, le professeur Luc Ibriga a reconnu sur Radio France internationale, que le président en exercice, Olusegun Obasanjo a outrepassé ses prérogatives. Ceci n’est en soi, qu’une forme de velléité dictatoriale. Ceci se révèle être un genre de conduite qui creuse le fossé entre les gouvernés africains et leur population respective.

Le directeur d’un institut de sondage des Pays-Bas, observe que le non à la Constitution européenne est « un signal aux politiques pour dire : arrêtez-vous et écoutez-nous. C’est un reflet du gouffre entre les politiques et les citoyens. »

En Afrique plus qu’ailleurs, aussitôt élu, le responsable politique échappe au contrôle de ses électeurs. Il investit les palais, jouissant de divers privilèges, il devient autonome. Il a l’air de ne devoir son ascension politique qu’à lui-même.

Le peuple nigérian a-t-il délégué M. Obasanjo a prendre de telles positions qui visent a considérer de haut la Charte ou la Constitution africaine, à décider de façon péremptoire que telle ou décision de l’exécutif (la présidence de la Commission) s’avère « nulle et non avenue » ? Non ! Il y a des fonctions qui demandent écoute et humilité. En aucune façon, les peuples de l’Afrique en général, et ceux de l’Afrique de l’Ouest en particulier, n’ont jamais élu M.Tanja à la tête de la Cedeao ou M. Obasanjo au sommet de l’UA, aux fins de plonger le Togo dans les abysses.

La rédaction letogolais.com