26/06/2022

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Communiqué conjoint de la CNSC et de la DIASTODE

(CNSC & DIASTODE, Lomé, Togo, 27 mai 2004)

Le 14 avril 2004, le gouvernement togolais a pris des engagements devant l’Union Européenne en vue de normaliser la situation socio-politique du pays. Les autorités ont dans ce cadre, proclamé leur volonté d’ouvrir un dialogue avec l’opposition et la société civile nationale. Ce dialogue, ouvert ce jour par le chef de l’État, souffre d’impréparation et exclut l’essentiel des vrais protagonistes de la crise qui mine le Togo depuis 14 ans.

Dans des communications précédentes relatives aux consultations UE-Togo pour la relance du dialogue politique, la CNSC-Togo et DIASTODE, agissant dans le cadre du programme « Alternative Togo 2004 », ont exprimé leur disponibilité à s’impliquer activement dans le dialogue inter-togolais préconisé par la Commission de l’Union Européenne. Les deux organisations ont confirmé leur volonté à oeuvrer aux côtés des forces politiques et des autres partenaires du Togo pour la recherche d’une voie de sortie de crise durable au Togo.
Cet engagement en faveur du dialogue relève de nos aspirations patriotiques et citoyennes et de notre conviction que la confiance mutuelle et le respect de la place et du rôle de chaque acteur doivent désormais guider les efforts inter-togolais de sortie de crise.

Nous notons avec grand intérêt, les dispositions prises par le gouvernement en vue de l’ouverture du dialogue national à Lomé ce 27 mai 2004. La CNSC et la DIASTODE, fidèles à leurs principes de liberté et d’impartialité, tiennent à cette étape du processus de normalisation politique, à attirer l’attention du peuple togolais et de la communauté internationale, sur les conditions de tenue de ces discussions.

· La CNSC et DIASTODE déplorent l’improvisation, l’opacité et la légèreté avec lesquels les autorités abordent ce dialogue;
· Les acteurs de la société civile interne et de la diaspora s’étonnent de ce que le gouvernement ait refusé d’inviter officiellement les organisations représentatives des mouvements sociaux du pays et les Togolais de l’extérieur;
· La CNSC et DIASTODE observent avec regret que le gouvernement RPT ait préféré convier à ce dialogue, des organisations inconnues, sans activité ni assise réelles, ainsi que des formations politiques fantoches.

Les deux organisations, intervenant au nom des acteurs de la société civile interne et de la diaspora, rappellent que:

1. Le nouveau dialogue fait suite à une longue série de compromis bâclés et d’accords politiques sans résultat;

2.Le nouveau dialogue intertogolais intervient dans un climat politique délétère marqué par des processus électoraux frauduleux, le musellement de l’opposition politique et de la société civile et des violations multiformes des droits civils et politiques;

3. L’isolement international du Togo, notamment la suspension de la coopération avec l’Union Européenne et les sanctions économiques des principales puissances internationales dont les USA, l’Allemagne, le Japon et le Canada;

4. L’aggravation des conditions de vie des populations, l’insécurité généralisée, la corruption et la grave fracture sociale.

Les acteurs et mouvements de la société civile ont plus que jamais à cœur le devenir du pays. Les ONG, syndicats et organisations religieuses du Togo, préoccupées par la situation dramatique que connaît le pays, interpellent le gouvernement et le chef de l’Etat qui ont l’impérieuse obligation d’assurer le succès du nouveau dialogue. Ils trouvent regrettable qu’au lieu de faire face aux vrais problèmes qui minent le pays, les autorités préfèrent plaire à l’Union Européenne en organisant un dialogue qui n’en est pas, dans l’unique but d’obtenir la reprise de la coopération.

Prenant leurs responsabilités face à l’histoire, la CNSC et la DIASTODE au nom de toutes les organisations affiliées du pays et de la diaspora, invitent les autorités à mettre fin à toutes les manœuvres de diversion et à créer les conditions d’un dialogue franc et constructif. Ce dialogue se voulant national, ne saurait se passer des groupes organisés non partisans, capables de proposer des solutions viables pour le règlement de la crise politique.

Le chef de l’Etat et le RPT seront seuls responsables des conséquences dommageables relatives à l’échec de cette énième tentative de règlement de la crise politique.

La CNSC et la DIASTODE invitent le pouvoir et l’opposition à ne pas gâcher les chances de cette nouvelle occasion de sortir le pays de l’abîme. Elles renouvellent leur disponibilité à collaborer pour l’avènement d’un Togo démocratique et réconcilié.

Fait le 27 mai 2004,

Pour la CNSC
Le coordinateur,
Dany K. Ayida

Pour la DIASTODE,
La vice-présidente,
Micheline Randolph