08/12/2022

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Dialogue intertogolais: le CTR appelle l’opposition à reprendre l’initiative

Les responsables du Comité togolais de résistance ne veulent pas s’en laisser conter. Face à des interlocuteurs de la trempe des autorités togolaises, il est plus que nécessaire, pour l’opposition démocratique, de reprendre la main et surtout de mettre en œuvre une batterie d’actions concrètes visant à garantir l’application effective des engagements que le pouvoir a pris le 14 avril dernier devant l’Union Européenne…

Par Franck EKON

« La situation politique togolaise ressemble à un match de football d’un type particulier qui se joue entre la dictature et le peuple. Toutes les fautes sont délibérément commises par le despote dans sa surface de réparation, mais tous les penalties sont tirés dans les buts des démocrates togolais. Mieux encore, l’arbitre de ce jeu ubuesque est le dictateur lui-même et les juges de touches, les prébendiers du régime ! ».La comparaison ferait peut-être sourire en d’autres circonstances, mais les visages très attentifs au message du Comité togolais de résistance ne laissent transparaître aucune note d’amusement : A raison, car au-delà de l’effet de manche, la gravité de la question évoquée n’échappe à aucune des personnes présentes à la rencontre de Saint-Denis.

Le meeting organisé par le CTR dimanche n’aura pas seulement servi à un retour en profondeur sur les divers points des récents engagements des autorités togolaises à Bruxelles ; il aura également été le lieu de la confrontation des points de vue sur les perspectives offertes par lesdits engagements sur la scène politique togolaise et surtout des analyses en rapport avec la posture que doit adopter l’opposition démocratique en vue d’aborder avec efficacité les échéances décisives qui se profilent à l’horizon. Pour les responsables du CTR, il faut se garder de toute euphorie et de tout triomphalisme en cette période délicate de la lutte que mènent les togolais pour se débarrasser de la dictature en place. C’est pourquoi, ces 22 engagements doivent être ramenés à leur dimension objective : celle de constituer un « formidable outil » permettant aux démocrates togolais d’avancer avec détermination sur le chemin de la libération du pays.

« Il s’agit de ne pas rêver ! Si rien n’est fait pour ébranler Eyadéma et les siens dans leur arrogance, ces engagements connaîtront la triste fin que nous connaissons tous », a averti Isidore Latzoo, président du CTR en rappelant les antécédents tragiques du pouvoir actuel en matière de duplicité et de dénonciation d’accords. Dans une symbiose assez remarquable, les divers intervenants dans le débat ont clairement marqué leur acquiescement à cette mise en garde dont la cible est sans ambiguïté : l’opposition démocratique togolaise…
Evoquant l’esprit retors habituel des autorités togolaises, le président du CTR a clairement indiqué que pour l’opposition démocratique, l’ère de la « diplomatie secrète » et des communiqués qui gisent dans les tiroirs ou circulent sous les manteaux est absolument révolue. « Il s’agit pour l’opposition démocratique de reprendre sans tarder, l’initiative de l’action ! », a martelé Isidore Latzoo en expliquant que l’effectivité de la mise en œuvre des engagements est à ce prix.

« Le tyran de Lomé et ses acolytes qui survivent depuis 40 ans en pillant et en soumettant les togolais à un régime inhumain, feront tout pour rendre inapplicables les engagements pris à Bruxelles », a-t-il poursuivi, justifiant l’impératif d’une mise en rang de bataille des partis de l’opposition qui oeuvrent réellement pour un changement au Togo. Du point de vue du CTR et de ses responsables, il est dans l’ordre des choses aujourd’hui, que l’opposition se constitue en un bloc d’alternative crédible pesant de tout son poids légitime sur un pouvoir « grand spécialiste du parjure et du double langage devant l’Eternel ». Les convocations envoyées aux partis politiques, les conviant à un éventuel dialogue le 27 mai prochain ainsi que la mauvaise volonté affichée par le gouvernement togolais à entamer l’application « sans délai » de ses propres engagements, ont, par ailleurs été évoqués par les responsables du CTR pour justifier leur appel.

De nombreux intervenants au nombre desquels des représentants de L’Union des forces de changement (UFC)ne s’y sont d’ailleurs pas trompés : « pas question de se laisser embarquer une fois de plus sur les sentiers tortueux de la diversion dont est coutumier Gnassingbé Eyadéma », a précisé M. Isaac Tchiakpé l’un des porte-parole du principal parti de l’opposition togolaise. Au terme d’un échange nourri et ponctué de contributions variées sur les dissensions internes au sein de l’opposition, l’accent a été mis sur l’importance d’une meilleure organisation dans le camp des démocrates réellement résolus à en découdre avec le clan des usurpateurs.

« Il est maintenant question de contraindre le dictateur à honorer ses engagements », a souligné le président du CTR en rappelant que Bruxelles n’a pas vocation à résoudre les problèmes du Togo à la place des togolais. « L’opposition démocratique va-t-elle saisir cette occasion pour enfin libérer le pays de l’oppression ? », s’est interrogé Isidore Latzoo à la fin de la rencontre de dimanche.

La rédaction letogolais.com