04/12/2022

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Contestations du scrutin au Togo : un rassemblement de l’opposition violemment réprimé

Des milliers de partisans du Front républicain pour l’alternance et le changement (Frac) , réunis pacifiquement ce mercredi soir à Lomé pour une « veillée de prière », ont été violemment dispersés par la Fosep (Force sécurité élection présidentielle), a constaté AfriSCOOP dans la capitale Togolaise.

Pendant que les militants porteurs de bougies participaient dans le calme à « la veillée d’enterrement symbolique du régime de Faure Gnassingbé » organisée par le Frac, les forces de sécurité ont fait irruption sur les lieux pour mettre fin au rassemblement prévu pour durer jusqu’au petit matin.

Selon des témoins sur les lieux, tout a basculé quand les vigiles du Frac ont appréhendé un homme en civil au milieu de la foule en possession d’une arme, un pistolet PR 215. Ce dernier a été pris à partie par la foule mais les leaders de l’opposition l’ont mis à l’abri au siège du parti et ont interpellé le capitaine du détachement de la Fosep, chargé de la sécurité de la veillé.

Apres interrogatoire devant les responsables du Frac, le mis en cause a reconnu être un gendarme en mission. Le capitaine s’est alors proposé de le ramener mais les jeunes se sont opposés. C’est dans cette confusion que l’assaut a été lancé.

Selon un communiqué de l’Organisation pour bâtir dans l’union, un Togo solidaire (Obuts), en date du 24 mars 2010, « les forces de la FOSEP ont lancé l’assaut, contre le siège de l’Ufc à l’intérieur duquel se trouvaient plusieurs dirigeants de l’opposition et du Frac, Jean-Pierre Fabre et Agbéyomé Kodjo, candidats à l’élection présidentielle du 4 mars 2010, Patrick Lawson, Isabelle Ameganvi, Djovi Galli et Claude Améganvi. Agbéyomé Kodjo et Djovi Galli ont été légèrement blessés au pied ».

« Les éléments de la Fosep ont fait irruption sur les lieux, chargeant les manifestants à coups de tirs de grenades lacrymogènes et bastonnant tous ceux qui se trouvaient sur leur passage. On enregistre à cette heure plusieurs blessés graves, sans en connaitre pour l’instant le nombre », précise le communiqué.

Selon la commission électorale nationale indépendante (Céni), Faure Gnassingbé, fils de l’ancien dictateur Gnassingbé Eyadéma, a remporté l’élection avec 60,88% des voix, contre 33,93% à Jean-Pierre Fabre, candidat de l’Union des forces de changement (Ufc). Le scrutin a été validé jeudi dernier par la Cour constitutionnelle, qui a rejeté les accusations de fraude électorale lancées par l’opposition.

Samedi dernier, le Frac a lancé son programme de « résistance nationale », et a appelé ses partisans à sortir massivement aux manifestations à Lomé et dans les villes de l’intérieur du pays pour la conquête du pouvoir.

La victoire contestée de Faure Gnassingbé en avril 2005 a coûté la vie à plus de 500 Togolais, selon des rapports de l’Onu et autres associations de défense des droits de l’homme.

Agbéyomé Kodjo et Djovi Galli légèrement blessés