07/12/2022

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Grève des conducteurs à la suite de la hausse des prix des produits pétroliers

XINHUA – 23/06/2010 – La tension reste vive dans la capitale togolaise où le mouvement de grève des conducteurs de taxi mardi, à la suite d’une hausse des prix des produits pétroliers, a dégénéré en des scènes de violence.

Timide à ses débuts, le mouvement s’est étendu à plusieurs quartiers populeux de la ville dont Bè, avec des scènes de violences à l’endroit des passants appelés à observer la grève, des routes fortement barricadées et des pneus et autres objets enflammés.

Les véhicules de transport appartenant des sociétés comme Sotral et la Poste togolaise ont dû arrêter leur service, au regard de la gravité de l’ambiance. De rares taxis-motos qui circulent encore pour offrir leur service le font avec prudence, évitant certaines zones.

L’atmosphère a contraint quelques fonctionnaires de l’ Administration publique et du secteur privé à regagner leur domicile, afin d’éviter d’éventuelle escalade à la tombée de la nuit.

Les forces de sécurité ont été déployées par endroits pour rétablir l’ordre, face à des manifestants décidés à se faire entendre par tous les moyens.

Le mouvement de grève est intervenu à la suite de la hausse des prix du litre des produits pétroliers à la pompe depuis samedi. Le super sans plomb est passé de 505 francs Cfa à 580, le gasoil de 500 FCfa à 575FCfa, tandis que le pétrole lampant est passé de 390 FCfa à 475 FCfa.

Cette décision est intervenue après une précédente augmentation des prix à la pompe le 2 juillet 2009, le gouvernement s’étant annoncé dans l’impossibilité de subventionner encore les prix de ces produits.

Elle est motivée par « une hausse conjuguée de 33 % des prix du pétrole de référence, le brent de Rotterdam, et la hausse du cours du dollars », avait expliqué à la presse le ministre Kokou Gozan en charge du Commerce.

Pour le ministre, il est apparu « sans détours » que l’Etat n’a pas les moyens de sa politique de subvention et qu’il faille changer de doctrine en la matière en s’orientant vers une politique de vérité des prix.

Le gouvernement a toujours contrôlé, malgré l’option libérale affirmée depuis 1995 dans ce pays, la fixation de certains produits fabriqués en situation de monopole ou qualifiés stratégiques notamment du ciment, de la farine de blé, de la bière et des produits pétroliers.

Selon M. Gozan, en ce qui concerne les produits pétroliers, malgré l’existence depuis 2002 d’un mécanisme d’ajustement automatique des prix à la pompe, l’Etat a toujours administré les prix sans répercuter l’évolution réelle des cours mondiaux du pétrole et du dollar.

« Cette politique a engendré d’énorme dettes de l’Etat vis-à-vis des sociétés pétrolières, menaçant parfois dangereusement l’ approvisionnement du pays et la continuité des activités économiques », avait ajouté le ministre du Commerce.