03/07/2022

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MO5: Libérer le Togo, l’ultime combat

DECLARATION DU MO5

LIBERER LE TOGO :L’ULTIME COMBAT

Chers compatriotes,
En ce début d’année, le Mouvement Patriotique du 5 Octobre (MO5) adresse à chacun d’entre vous ses souhaits les meilleurs et formule le vœu, capital, que l’an 2003 corresponde à la fin du règne de la dictature sur la terre de nos aïeux ! En vérité plus qu’un vœu pieux, c’est un serment que nous faisons aux populations appauvries du Togo, eu égard au spectacle de honte, d’impunité et d’apathie que nous donne la classe politique togolaise, depuis le 30 décembre 2002, date de la modification de notre Constitution par un Parlement illégitime à la solde du Général Eyadéma.
Cet acte, apparemment insensé, a semblé surprendre nos politiciens. Mais pour nous au MO5, cette démarche n’a rien de surprenant. Elle obéit en fait à la ligne de conduite générale adoptée par un seul homme qui, dans son délire de possession, s’est autoproclamé « sauveur » d’une nation qu’il s’imagine avoir créé de toutes pièces. Elle est aussi l’aboutissement de toutes les manœuvres de tromperie auxquelles, depuis la Conférence Nationale jusqu’à l’Accord Cadre de Lomé, Eyadéma et ses hommes de main nous ont habituées. Aujourd’hui, la coupe est pleine, aucune discussion n’est plus possible avec un régime aux abois, un président dinosaure qui rêve secrètement de perpétuer au sommet de l’État, une dynastie familiale, à la manière de Duvalier père autrefois à Haïti. Mais le Togo n’est pas Haïti, encore moins une monarchie, ou une entreprise familiale !

La modification de la Constitution est une véritable provocation, une déclaration de guerre à tout un peuple jusque-là pacifique. Elle met tous les partis de l’opposition togolaise devant le fait accompli et pose, comme disait Amilcar Cabral, les vraies questions qui sont celles d’une libération nationale : la question de la stratégie et surtout celle des moyens, humains et matériels. Est-il besoin de le rappeler ? Le Togo n’est pas une démocratie, alors trêve des discours qui font semblant de donner l’impression que nous sommes un pays légaliste. Il n’y aura pas de changement au Togo, si désormais chacun ne prend pas ses responsabilités, les vraies, celles qui amèneront à renverser les rapports de force, de façon à obliger la communauté internationale (avec en tête la France hypocrite, perfide Albion s’il en fût !) à se repositionner sur le drame togolais.

Le MO5 quant à lui prend dès aujourd’hui ses responsabilités. Il invite l’opposition togolaise, qui n’a pas démérité malgré l’immensité de la lutte, à ne pas se disqualifier totalement en tombant dans le jeu que la France veut lui faire jouer en l’incitant à aller aux élections sur des bases électorales complètement viciées. Elle invite la France, sans se faire d’illusion, à condamner ouvertement le tripatouillage des lois suprêmes de la Nation togolaise et inciter le Général Eyadéma à respecter ses engagements.

L’heure est venue de passer aux actes. Le MO5, en collaboration avec tous ceux qui partagent notre analyse de la situation, s’y engage résolument. À partir d’aujourd’hui, il s’agit de fédérer nos colères, car la voie est ouverte à la radicalisation de la lutte contre la dictature d’Eyadéma.
Que Dieu bénisse le Togo !

Bruxelles, le 12 janvier 2003,
Éloi KOUSSAWO, Coordinateur Général du MO5