26/06/2022

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Togo: avenir toujours incertain

L’association Sursaut Togo se déclare surprise et préoccupée par la composition du nouveau gouvernement togolais.

En effet, les défis que notre pays doit relever après les quarante années de dictature, sont immenses et appellent par conséquent à un large rassemblement des Togolais permettant à chaque citoyen de se sentir engagé, représenté et protégé par les institutions de l’Etat. Aujourd’hui, plusieurs milliers de nos concitoyens ont fui leur maison, leur village, leur famille, pour se réfugier dans les pays voisins. Plusieurs centaines ont perdu la vie. Beaucoup sont blessés et mutilés. Bon nombre ont perdu leurs biens. D’autres sont touchés dans leur chair et dans leur esprit. Les événements dont ils ont été témoins ont induit chez eux de graves traumatismes psychologiques.

Face à ces défis, que nous propose-t-on? La poursuite du système ancien fondé sur l’accaparement de l’Etat par un clan, une famille et un parti. Le gouvernement qu’on nous propose semble loin des recommandations formulées et répétées par la Communauté Internationale à Abuja (par deux fois!) et à Accra. Cela est d’autant plus incompréhensible qu’un consensus s’était dégagé entre tous les protagonistes. Ce consensus était fondé sur la nécessité de former un gouvernement d’Union Nationale et de Transition pour conduire les réformes institutionnelles nécessaires à ramener une paix durable et la stabilité politique dans notre pays, notamment:

– promouvoir la paix sociale.
– faire rentrer les réfugiés en leur assurant la sécurité, la confiance.
– aider les familles à enterrer leurs morts.
– les indemniser pour toutes les injustices subies.
– traduire devant les tribunaux les bourreaux du peuple togolais.
– mettre fin à l’impunité élevée au rang de la bonne gouvernance au Togo.
– réformer les institutions (armée, justice, constitution, code électoral, économie…)
– rétablir la confiance pour les investisseurs privés ou publics et celle des bailleurs de fonds.

En visitant les camps de réfugiés, j’ai noté de la colère, de l’amertume. J’ai ressenti leur misère et leur douleur due à l’exil… mais dans les yeux rougis de pleurs de mes compatriotes en fuite, je n’ai pas vu l’ombre ni de regret, ni de découragement, ni de désespoir. C’est cela qui justifie notre motivation et notre détermination à faire l’impossible pour sauver le Togo et lui faire quitter son statut «d’Etat sauvage» et le faire entrer de plein pied dans le cercle de plus en plus grand des Etats de droit.

Sursaut Togo
M Kofi Yamgnane
www.sursauttogo.org