26/09/2022

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Togo/Congrés du CAR: le discours bilan de Me Agboyibo

Comité d’Action pour le Renouveau
Deuxième congrès statutaire les 17 et 18 octobre 2008 à Lomé

Discours d’ouverture du président national du CAR Me Yawovi Madji AGBOYIBO

Mesdames, Messieurs, les membres du Bureau Exécutif du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR),
Mesdames, Messieurs, les membres du Comité Directeur,
Mesdames, Messieurs, les Présidents et Secrétaires généraux des partis politiques,
Mesdames, Messieurs, les membres du Corps Diplomatique,
Autorités religieuses, traditionnelles et administratives,
Mesdames, Messieurs, les Représentants des centrales syndicales et des organisations de la société civile,
Mesdames, Messieurs, les Secrétaires fédéraux et Délégués des fédérations et des comités de préfectures,

Honorables invités,
Mesdames, Messieurs,

Je voudrais, à la suite du Président du Comité préparatoire, exprimer, à mon tour, à vous tous, honorables invités, mes vifs remerciements. Je tiens à saluer la présence parmi nous de la délégation du parti frère l’UFC, conduite par son président Monsieur Gilchrist Olympio. Je remercie la délégation du RPT, d’avoir si bien voulu marquer la cérémonie d’ouverture de nos assises par une délégation de haut niveau. J’adresse le même sentiment de gratitude à toutes les autres formations politiques qui se sont déplacées pour apporter leur soutien à notre manifestation.

Chers invités, vous faites de ce jour un grand jour, un riche symbole pour le devenir possible de notre pays.

Je vous en remercie.

Et à vous, Mesdames et Messieurs les délégués venus de toutes les fédérations de l’intérieur du Togo et de la diaspora, il me plairait tout autant de vous dire à quel point j’apprécie l’intérêt que vous portez à ce deuxième congrès statutaire organisé après celui qui nous a réunis le 30 avril 1995. Depuis 1995, que de tribulations notre pays n’a vécues ! Que de morts, de blessés, de départs en exil n’a-t-on dénombrés ! Que de maisons saccagées, brûlées !

Je voudrais réitérer mes compassions à toutes les victimes et aux familles éplorées. Paix à l’âme des disparus. Que leur sang versé serve à l’achèvement de l’édifice démocratique pour lequel ils sont morts.

Chères militantes, chers militants,

De ces rudes épreuves, vous avez été les uns et les autres témoins de celles que le CAR, parti d’avant-garde de la lutte, a singulièrement endurées. Nous continuerons à avoir en mémoire les dizaines de nos militants assassinés par empoisonnement à Agbandi dans la préfecture de Blitta, pour avoir voulu défendre les résultats réels de l’élection présidentielle de 1998. Nous continuerons à nous souvenir de KEGBE Mathieu et autres victimes des assassinats, viols, vols et pillages commis à Sendomé dans la préfecture de Yoto, par une bande de criminels agissant à la solde d’un baron du régime. Et qui pourrait oublier nos militants de Zio, de l’Avé, d’Agou, de l’Oti, de Tone etc, innocemment jetés en prison à cause de leur engagement pour la démocratie. Comment ne pas se rappeler de Bafilo où un commando a surgi pour tenter de nous crever l’œil avec un anneau garni de clou, laissant des blessures dont nous traînons encore les séquelles. C’est dire que le chemin parcouru depuis notre 1er congrès est jonché de tristes événements visant à déstabiliser le parti. Le groupe que nous étions au départ a évidemment subi des variations et des avatars au cours de notre longue odyssée. Certains ont cédé aux intimidations. D’autres ont quitté nos rangs pour n’y avoir pas trouvé les intérêts qui les préoccupaient. D’autres encore sont partis ailleurs sous l’effet de la mode.

Mais, il n’y a pas de quoi s’en inquiéter.

Il fallait dans l’ordre des choses, que le parti passe par ces purges pour conforter son identité. Et c’est pour moi un réel réconfort de constater que vous qui êtes venus au CAR par conviction, vous êtes toujours présents. Je vous exhorte à aller de l’avant. Vous êtes ceux qui, par le refus du désespoir, sont les bâtisseurs quotidiens du Togo nouveau. Car comme le dit si bien un historien « le pessimiste se condamne à être spectateur des événements de sont temps ».

Mesdames, Messieurs, les délégués,

Vous êtes les résistants grâce à qui le CAR est demeuré debout contre les attaques et les dénigrements de tous bords. Je tiens, au nom du Comité Directeur et en mon nom personnel, à vous exprimer solennellement notre gratitude et nos félicitations.

Chers délégués,

Le Congrès constitue au sein de notre parti, l’instance ultime de réflexion et de dialogue interne. Vous le savez. Durant deux jours, vous aurez à mener des échanges sur les stratégies à mettre en œuvre pour surmonter à l’avenir, les difficultés électorales que le parti a connues depuis son succès aux élections législatives de février 1994. Il s’agira avant tout, dans le cadre de ces échanges, de vous interroger sur la relation fondamentale que le parti doit entretenir avec le Peuple.

Tout réside là.

Lors de notre journée de réflexion à Baguida le 23 février 2008, nous avions fait le constat des élections sans lendemain à répétition. Et nous nous étions demandé jusqu’à quand ces élections sans issue vont encore durer. La réponse à ce problème ne dépend ni du régime en place, ni de ses sponsors de l’extérieur. La réponse dépend du peuple togolais. Le salut des Togolais est entre les mains des Togolais. Je suis convaincu que notre peuple a conscience de la nécessité d’en finir un jour avec les élections sans lendemain.
Je ne pense pas que notre peuple soit à l’image des habitants de Ninive dont parlait le Prophète Jonas en des termes pathétiques en disant qu’ils sont incapables de choisir entre le chemin du bonheur et le chemin du malheur. Non, le peuple togolais sait ce qu’il veut. Il sait faire la distinction entre ses besoins primaires et ses aspirations fondamentales.

Les Togolais, personne n’en disconvient, sont confrontés à d’énormes besoins primaires. Ils ont faim. Ils ont soif.

Ils ont besoin de l’eau, de l’énergie, de céréales, des soins sanitaires, d’une bonne éducation, des pistes et ponceaux de liaison de nos villes et villages, du financement des micros-projets de lutte contre la pauvreté, de l’accès équitable aux emplois et marchés d’Etat etc. Il incombe bien entendu au pouvoir en place de rechercher les solutions à ces besoins primaires, en prenant avant tout appui sur les potentialités internes du Togo. Mais aussi avec le concours des pays et organismes amis. Nous ne serions jamais injustes au CAR envers tout effort qui viserait à répondre aux besoins de nos populations. C’est, au demeurant, pour cela que nous considérons que c’est une bonne chose que l’opposition ait œuvré et continue d’œuvrer au consensus national qu’il faut pour que notre pays retrouve sa place au sein de la communauté internationale. Il est vrai qu’on ne peut assurer un tel sacrifice pour le peuple sans encaisser des contre coups en retour. Des événements récents sont là pour nous en édifier.

On se souvient tous de l’Accord cadre du 29 juillet 1999. On se rappelle aussi que cet Accord signé dans la liesse populaire, a été par la suite vidé de son contenu. Et ce, pour la simple raison que l’opposition en avait laissé la mise en œuvre à un Gouvernement-RPT. C’est en tirant leçon de ce précédent, que les formations de l’opposition qui eurent à signer l’Accord Politique Global ont toutes accepté d’entrer dans le Gouvernement à former en vue d’en assurer l’application.

Mesdames, Messieurs,

Le CAR aurait pu, par tactique électoraliste, refuser, le moment venu, d’entrer dans le Gouvernement convenu. Il se serait ainsi mis, lui aussi, dans une position confortable pour indexer ses collègues de l’opposition d’avoir trahi la cause de la démocratie en participant au Gouvernement. Mais, nous nous sommes dit que la tactique allait fragiliser l’opposition et tourner à l’avantage du parti au pouvoir. Entre l’intérêt de notre parti et l’intérêt des populations, il fallait faire un choix. On sait ce que notre choix nous a coûté.

Mais, chers délégués,

Nous ne le regrettons pas. Nous ne regrettons pas d’avoir accepté de piloter, dans des conditions par moments très pénibles, le Dialogue inter togolais puis le Gouvernement d’Union Nationale qui a encadré les élections législatives du 14 octobre 2007. L’important, c’est que le scrutin ait pu se dérouler dans la sérénité et dans des conditions apparemment conformes aux dispositions de l’APG. Notre vœu le plus cher aujourd’hui, c’est que les retombées annoncées en termes de milliards, profitent à toutes les populations, particulièrement aux jeunes sans emplois et aux déshérités de nos villes et campagnes.
Il importe, j’aimerais y insister, que les centaines de milliards soient répartis de façon équitable entre toutes les localités du pays et permettent à chacune de disposer de l’eau, de l’électricité, d’infrastructures scolaires et sanitaires et de d’autres moyens nécessaires à leur développement. La satisfaction des besoins élémentaires de nos populations est une exigence, un devoir du régime en place.

Mais, Mesdames, Messieurs,

Nous ne devons pas pour autant, faire de l’amalgame entre le devoir de satisfaction des besoins primaires et l’attente de solutions aux aspirations profondes de nos populations. Je disais tantôt que les Togolais ont faim et ont soif. Est-ce à dire qu’il suffit de leur donner du pain et de l’eau pour leur faire oublier l’aspiration fondamentale à être gouvernés par des dirigeants élus démocratiquement ? Est-ce à dire que pour détourner nos populations de l’idéal démocratique, il suffit de leur promettre du financement des micros-projets ou la gratuité de l’enseignement primaire. Je ne le crois pas du tout.

Du nouveau Premier Ministre, nos populations attendent tout, sauf à être l’homme par qui l’alternance n’interviendra pas au Togo en 2010. Je ne vois pas le bien matériel qui pourrait gommer du cœur et de l’esprit des Togolais la valeur irremplaçable qu’est le libre choix des dirigeants. Quel Togolais n’a pas envie d’éprouver la fierté de se réclamer d’un pays où les gouvernants émanent du libre consentement des gouvernés ?

Cette interpellation, je l’adresse à vous tous, chers compatriotes sans distinction d’appartenance d’ordre politique ou régional. La réponse manifestement, ne fait pas de doute. Il est vrai qu’au lendemain des élections législatives du 14 octobre 2007, un dignitaire du régime, et non des moindres, a déclaré que le RPT n’est pas simplement un parti au pouvoir mais le parti du pouvoir. Est-ce à signifier que le Togo est la propriété du RPT ? Certainement pas. L’ancien parti unique a besoin de passer par l’épreuve de l’alternance démocratique pour conforter sa métamorphose et rendre service à l’image du pays.

Mesdames, Messieurs les délégués,

C’est donc en direction de l’aspiration fondamentale des Togolais à l’alternance que vous devez orienter les travaux de ce congrès. Il s’agira, en somme, de rechercher le chemin à suivre pour que cette aspiration si chère à nos populations devienne réalité. Parmi les pistes à explorer à cet effet, il est primordial de chercher à comprendre comment le CAR a pu s’identifier au peuple lors des élections législatives de février 1994. Comment a-t-il procédé pour sortir majoritaire du scrutin avec 36 sièges. Notre victoire aux élections de 1994 était en réalité un hommage du peuple à l’action menée par le Front des Associations pour le Renouveau (FAR), entre le mouvement insurrectionnel du 16 mars 1991 et les acquis historiques du 12 avril 1991.

En l’espace de moins d’un mois, le FAR a opéré les changements qualitatifs qui continuent jusqu’aujourd’hui à servir de socle au processus démocratique du Togo.

Il s’agit, entre autres acquis :
1. de la promulgation de la loi d’amnistie pour le retour de tous nos compatriotes contraints à l’exil ;

2. de l’acceptation par le régime des réformes constitutionnelles et institutionnelles dont le Togo a besoin pour sa modernisation ;

3. de l’acceptation également, par le régime, de la dissolution de l’Assemblée RPT, du Gouvernement RPT, et de leur remplacement par un Parlement et un Gouvernement transitoire à constituer de façon paritaire entre l’opposition et le pouvoir, en vue d’amener le Togo à l’alternance ;

4. du consensus sur la tenue d’une assise nationale pour l’approfondissement des différents points d’accord intervenus entre le FAR et le pouvoir.
Les populations de toutes les régions du Togo ont, sans la moindre dissonance, salué ces différents acquis. Elles ont surtout apprécié la méthode adoptée par le FAR pour parvenir à ces acquis en prenant appui sur la synergie des aspirants au changement et en évitant la compromission.

Mesdames, Messieurs,

Il s’est trouvé que peu après, le pays a amorcé l’expérimentation d’une autre façon d’aller vers l’alternance. Nous en connaissons les suites et les résultats. Y compris les déchirements à la Conférence nationale et ses répercutions sur le processus initié par le FAR. Je préfère ne pas m’y appesantir. Il a fallu attendre plusieurs années pour que nous ayons, avec le Dialogue national du 21 avril 2006, l’occasion de revenir à la méthode FAR.

Le 20 août 2006, le pays a renoué avec l’espoir en apprenant que toutes les formations politiques représentatives de nos populations venaient de signer l’Accord Politique Global. Ce document historique a été porté par un soutien populaire sans précédent. Et c’est précisément par là, qu’il constitue un véritable Accord national à travers lequel les Togolais, toutes tendances confondues, se sont trouvé, par consensus, le chemin sans violence vers la démocratie, une stabilité durable et la prospérité pour tous. Je dis bien le chemin consensuel. Car il n’y a pas de si longtemps, on parlait encore du chemin du RPT, du chemin de l’UFC, du chemin du CAR. Et pour peu qu’un leader rencontre sur son parcours le leader d’une autre sensibilité, c’était chaque fois du scandale et des vagues d’intoxications et de dénigrements à travers tout le pays. Depuis le 20 août 2006, nous avons tous choisi d’emprunter un seul et même chemin pour sauver le pays. Les adversaires qui, hier ne pouvaient se croiser, se côtoient aujourd’hui sans que personne ne crie au scandale.

C’est un sacrifice nécessaire pour nos populations. Nous nous en félicitons au CAR. Ce chemin unique tracé par l’APG, j’en suis profondément convaincu, est un chemin irréversible. Tout mouvement de recul serait à nouveau suicidaire pour le pays. Cela signifie que nous devons nous montrer rigoureux, inflexibles et radicaux dans l’application de toutes les dispositions de l’Accord. Nous devons pour cela, installer sans attendre encore outre mesure, le cadre permanent de concertation et de dialogue tel que créé par le Gouvernement d’Union Nationale suivant décret en date du 14 mai 2007.

Evidemment, vous aurez, chers délégués, à vous demander au cours de ce congrès si un décret dont l’APG a expressément attribué la compétence au Gouvernement d’Union Nationale et qui a été effectivement pris par le Gouvernement d’Union Nationale peut être ultérieurement remis en cause par le Gouvernement issu des élections législatives. En attendant d’avoir les conclusions de vos échanges, je suis, pour ce qui me concerne, convaincu que si le décret pris le mercredi 15 octobre 2008 en remplacement de celui du 14 mai 2007, venait à être mis en application, ce sera une illustration éclatante des manœuvres de contournement des engagements en suspens de l’APG, notamment ceux concernant les réformes constitutionnelles et institutionnelles, la question de l’impunité y compris son aspect concernant la mise en place de la commission ‘’Vérité Justice et Réconciliation.

Il importe donc, à mon avis que le cadre permanent de dialogue soit installé conformément aux dispositions du décret du 14 mai 2007. Il reviendra au cadre de concertation ainsi installé de proposer, en cas de besoin, à l’exécutif, les adaptations à apporter à sa composition et à son fonctionnement.

Nous devons ensuite, sans la moindre faille, procéder aux réformes constitutionnelles et institutionnelles prescrites par l’Accord. Il est de notre devoir de trouver, à travers ces réformes, les voies et moyens appropriés pour que les filles et les fils de toutes les localités du pays jouissent équitablement des avantages relevant du patrimoine national, notamment les nominations aux emplois d’Etat qu’elles soient civiles, judiciaires, sécuritaires ou autres. C’est à ce prix que nous établirons les équilibres nécessaires, bannirons les frustrations et engagerons le pays sur la voie d’un développement endogène et durable.

Le CAR doit être à l’avant-garde de ce processus qui est fondamentalement le sien en tant que continuateur de l’œuvre du FAR. Nous devons l’assumer et le défendre pleinement afin de mettre à l’avenir le pays à l’abri de tout nouveau retour en arrière.

Pour terminer, je voudrais vous exhorter à garder à l’esprit, le long de vos travaux, les principes qui avaient guidé l’action du FAR. C’est sur cet appel que je déclare ouverts, les travaux du deuxième congrès statutaire du CAR. Que le Seigneur bénisse nos travaux.

Je vous remercie.

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Décision N°006/CS-II/08 portant composition du Bureau National élu par le Deuxième Congrès

1. Président National : Me APEVON Dodzi
2. Vice-président chargé de la Région des Savanes : M. KOLANI Yendouban
3. Vice-président chargé de la Région de la Kara : M. OURO-BOSSI Tchacondoh
4. Vice-président chargé de la Région Centrale : M. PASSOKI N’Galou
5. Vice-président chargé de la Région des Plateaux : M. KLOUTSE Koboè
6. Vice-président chargé de la Région Maritime : M. AMEGNONAN Kossi
7. Vice-président chargé de la Région Lomé-Golfe : M. DAGBAN Sylvain
8. Secrétaire National Porte- Parole : M. KISSI Jean
9. Secrétaire National Adjoint : M. AGBO Nicolas
10. Trésorier National : Mme AMOUZOU MADANABOU Abidé
11. Trésorier National Adjoint : M. AHOSSOU Hounssimé
12. Commissaire National chargé des questions politiques et institutionnelles : Dr AMAGLO James
13. Commissaire National chargé des questions économiques : Prof. EDORH Maurice
14. Commissaire National chargé des questions de la sécurité et de la défense : M. DONKO Balogoun
15. Commissaire National chargé des questions sociales : M. AMEDIVLO Ablodévi
16. Commissaire National chargé des questions culturelles et sportives : M. BODELIN Lanvasso
17. Commissaire National chargé des questions de communication et de mobilisation: M. BINAFAM Kohan
18. Commissaire National chargé des questions électorales : M. DJERI Adjawè
19. Commissaire National chargé des questions de la diaspora : M. EHLI Georges
20. Commissaire National chargé de la recherche des besoins des militants et des fiefs: M. NADOR Awuku
21. Commissaire National chargé de la recherche des moyens d’action du parti : M. AGBETI Kodjo
22. Commissaire National chargé de l’organisation : Dr LAWSON Awuku
23. Coordinateur national chargé de la Jeunesse CAR : M. ADODO Chilé
24. Coordinatrice nationale chargée de la Branche féminine CAR : Mme TCHALARE Salamatou
25. Coordinatrice nationale chargée des contacts avec les GSP : Mme ADEDJE Constance

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Résolution élevant le président sortant Me Yawovi Madji Agboyibo au rang de président d’honneur du parti

Le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), réuni en son deuxième Congrès statutaire les 17 et 18 octobre 2008 à Lomé,

Considérant qu’aux termes des Statuts du parti tels que révisés par le premier congrès statutaire le 30 avril 1995, le mandat du Président National est d’une durée de quatre ans renouvelable une seule fois,

Considérant que la limitation de mandat n’étant pas rétroactive, Me Yawovi Madji AGBOYIBO était en mesure de briguer un nouveau mandat à l’occasion de ce deuxième Congrès statutaire,

Considérant toutefois que pour rester conforme à l’esprit des dispositions des statuts du parti, Me Yawovi Madji AGBOYIBO a décidé personnellement de ne pas briguer un nouveau mandat,

Considérant que le renoncement dont Me AGBOYIBO vient de faire preuve témoigne d’un sens élevé d’amour pour le parti et pour le pays,

Considérant que Me AGBOYIBO a déclaré qu’il est disposé à continuer à être au service du parti et à assumer toutes autres fonctions qui viendraient à lui être confiées,

Considérant que compte tenu des œuvres accomplies par Me AGBOYIBO dans l’intérêt tant du parti que de la Nation entière,

Décide :

de nommer Me Yawovi Madji AGBOYIBO au rang de Président d’honneur du CAR,

Lomé, le 18 octobre 2008
Le Congrès

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Résolution relative a l’élection présidentielle de 2010

Le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), réuni en son deuxième Congrès statutaire les 17 et 18 octobre 2008 à Lomé,

Considérant qu’il est impérieux que le CAR ait un candidat pour l’élection présidentielle de 2010 ;

Après analyse approfondie de la situation politique du Togo ;

Recommande au Comité Directeur, d’organiser dans un délai maximal de six mois, un Conseil National, en vue de procéder à l’investiture du candidat du parti pour l’élection présidentielle de 2010.

Fait à Lomé, le 18 octobre 2008
Le Congrès

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DECLARATION DE POLITIQUE GENERALE

Le bilan des deux décennies du processus démocratique démontre que l’Afrique n’est pas prête à avancer, malgré les initiatives qui sont prises ici et là. Malheureusement la mauvaise gouvernance démocratique est sinistrement aggravée par l’irruption d’une nouvelle classe de politiciens dont les programmes ne se résument qu’à leur propre personne, renforçant ainsi les régimes autocratiques dans leur refus d’ouverture.

Même si certains pays se sont résolument engagés sur le chemin du respect de l’Etat de droit et de la démocratie, ils sont nombreux, ceux qui restent encore sujets à inquiétude. Le drame est que dans certains pays qui se glorifient d’avoir évité la guerre ou de l’avoir éradiquée, la vie n’est pas aussi rose et le Togo n’échappe pas à cette logique.

1 – Au plan politique

La crise togolaise est essentiellement politique et elle ne peut être réglée que dans un cadre politique. Il en est ainsi des réformes constitutionnelles et institutionnelles.

En effet, pour être crédibles et rassurantes, ces réformes doivent se faire au sein du cadre permanent de dialogue et de concertation prévu par l’APG et qui reste la chance, pour le Togo, d’aborder les questions d’intérêt national avec succès et dans un esprit de consensus qui a fait ses preuves avec le gouvernement d’union nationale.

Le décret pris par l’actuel Gouvernement en lieu et place de celui pris par le Gouvernement d’Union Nationale, témoigne de son refus de répondre à l’attente de la population concernant la méfiance de la Communauté Internationale, la difficulté de trouver des solutions aux problèmes d’intérêt national, au déséquilibre national constaté dans la répartition des postes dans l’administration et des biens de l’Etat.

Tant que le régime actuel refusera de rendre effectives les conditions d’alternance, le Togo restera en entier englué dans ses problèmes, parce que les réformes économiques qu’il engage ne sont destinées, en réalité, qu’à détourner l’attention de la communauté nationale et internationale sur le vrai drame que vivent les Togolais.

Dans la même logique, le pouvoir doit agir vite pour le renforcement de la démocratie à la base, par la mise en œuvre de la décentralisation. Il est dommage de constater que le Togo traîne les pas sur cette question et rechigne à organiser les élections locales, alors que les pays qui nous entourent se développent rapidement avec l’adoption de la décentralisation comme moyen de développement à la base.

Dans la même logique, Le CAR déplore le refus du pouvoir de procéder au recensement général de la population, lequel recensement doit en principe déterminer les données des élections.

2 – Au plan économique

Les signes de notre économie totalement exsangue sont visibles et parlent d’eux-mêmes : vétusté des infrastructures, crise énergétique à répétitions, corruption avancée à tous les niveaux, sociétés d’Etat pillées et improductives.

La cause principale de cette situation est d’origine politique. Sans la stabilité politique que garantit la démocratie, il n’y a pas de développement économique. Or dans l’incapacité de trouver des solutions adéquates au problème politique, le pouvoir pousse notre pays dans un état intolérable : déficit budgétaire élevé, déséquilibre de la balance de payements, méfiance des investisseurs, taux de chômage jamais égalé, surexploitation des paysans déjà soumis à la dure réalité du manque de liberté.

Le pouvoir a également démontré ses limites à travers son incapacité à juguler les effets du phénomène de la vie chère dont les effets risquent d’avoir leur poids sur nos populations pour longtemps.

Le CAR adhère fermement à l’adage qui dit : « Gouverner, c’est prévoir ». Le tourbillon bancaire qui s’abat aujourd’hui sur les Etats-Unis d’Amérique et l’Europe, qu’on le veuille ou non, aura des retombées à court ou à long terme sur les pays africains à économies fragiles. Pourtant le CAR constate que le pouvoir ne fait aucune analyse pour prévoir les conséquences de ce phénomène.

Le redressement de la situation économique du Togo passe nécessairement par la mise en œuvre d’une politique digne de confiance des partenaires bailleurs de fonds et des investisseurs. A cet effet, le CAR réaffirme son option pour un développement économique libéral fondé sur une économie sociale de marché. Une telle option vise en même temps un redressement de la situation sociale.

Les solutions pour la relance de l’économie doivent être bien pensées et leur mise en œuvre ne doit souffrir d’aucune méfiance ni de la part des Togolais ni de la part de la communauté internationale.

3 – Au plan social

La cherté de la vie est venue aggraver la misère que les Togolais traînaient depuis si longtemps, du fait du manque d’une politique fiable en faveur de nos populations.

Le domaine scolaire actuel est le signe d’un enseignement d’un autre siècle : infrastructures totalement délabrées, manque de matériels modernes, programmes complètement dépassés, enseignants mal formés et qui tirent le diable par la queue. Personne ne peut attendre de notre enseignement une formation apte à contribuer au développement d’un Etat moderne. Dans ces conditions, la mesure prise pour supprimer les frais scolaires au cours primaire n’est que de la poudre aux yeux, quand on sait qu’aux degrés supérieurs ils sont excessivement élevés avec les cotisations parallèles de tous genres.

Dans le domaine sanitaire, le personnel soignant travaille dans des conditions déplorables, avec un manque chronique de matériels et de produits de premiers soins et des infrastructures totalement délabrées. Les malades sont ainsi abandonnés à eux-mêmes, ce qui pousse la minorité un peu aisée à privilégier les centres de santé privés.

Sur le plan sécuritaire, il y a une montée fulgurante de crimes crapuleux : braquages, vols à mains armées et attaques mortelles de domiciles. Les citoyens ont des raisons de craindre à tout moment pour leur sécurité et la misère explique en partie ce regain de violences.

Dans notre pays où les couches déshéritées représentent plus de 80% de la population, la production de biens doit profiter à toutes les couches sociales sans distinction d’appartenance ethnique, régionale ou clanique. Elle doit contribuer notamment à améliorer les conditions de vie précaire des ouvriers et des salariés sans sécurité sociale, à valoriser le travail des petits commerçants, à soulager le calvaire des jeunes sans emplois et des personnes handicapées.

La faillite du régime sur le plan social s’est également démontrée par son incapacité à soulager les souffrances des populations victimes du phénomène de la vie chère. D’ailleurs, ce qu’il a trouvé mieux de faire est d’augmenter le prix du ciment et du carburant, aggravant ainsi la situation.

L’option socio-libérale du CAR est ainsi inspirée par le double souci de promouvoir une économie forte et de veiller à l’instauration de plus de justice sociale.

En tant que parti au service des déshérités, le CAR est donc profondément préoccupé par la situation de la grande majorité qui croupit dans la misère et porte une attention particulière au problème des handicapés.

4 – Au plan sportif, artistique et culturel

Comme dans les autres domaines, le sport, l’art et la culture n’ont bénéficié d’aucune attention de la part du régime au pouvoir. La politisation du foot bal et la négligence des autres disciplines sportives, la relégation des arts au dernier des soucis du pouvoir, la réduction de la culture aux fêtes traditionnelles et la transformation de celles-ci en un folklore ont ruiné ces domaines pourtant très riches et susceptibles de développer le tourisme.

S’agissant particulièrement du foot bal, il est à déplorer que le pouvoir n’ait pas pu trouver rapidement une solution efficace à la crise qui a éclaté à la tête de la fédération, au point de ternir l’image du pays sur le plan international.

Parce que le sport, l’art et la culture sont devenus aujourd’hui de véritables industries dont se servent les autres pays pour développer leur économie, il s’agit, pour le CAR, de mettre en marche une vigoureuse politique de développement de ces domaines et de les amener à attirer l’admiration.

Les centres sportifs, les musées, les bibliothèques et les centres artistiques sont l’objet de préoccupation de notre parti qui estime qu’il faut mettre à profit les talents et le génie créateur dont dispose le Togo dans leurs diversités.

5 – Au plan de la politique internationale

Conformément à son principe cardinal fondé sur la non violence, le CAR réaffirme son attachement au dialogue dans la résolution des conflits. Dans les pays soumis à la dure réalité de la guerre, le CAR pense que seule la voie de la négociation et du dialogue est la mieux indiquée.

Le CAR déplore ainsi les violences électorales qui ont éclaté et fait de nombreuses victimes au Kenya et plongé le Zimbabwe dans une impasse. Ces crises démontrent le danger du refus d’organiser les élections dans les normes démocratiques. L’Afrique doit, à ce propos, définir une politique réaliste de résolution des conflits.

Le terrorisme international reste également une préoccupation majeure du CAR. La communauté internationale dans son ensemble doit se mobiliser pour faire front à ce phénomène qui fait chaque jour d’innocentes victimes.

Dans la même optique, le CAR exhorte la communauté internationale à se mobiliser rapidement pour enrayer la trouvaille que constitue la résurgence de la piraterie marine aux larges des côtes somaliennes, avant qu’elle ne se développe et ne prenne des proportions incontrôlables.

En définitive, le CAR estime qu’il y a une chance de faire du Togo un Etat moderne et respecté sur le plan international, à condition de mettre à profit ses potentialités. Son souci de l’accomplissement des recommandations de l’APG, son programme de bâtir une économie forte et capable de résister aux secousses internationales, son souci d’épanouissement de toutes les couches sociales de notre pays, son programme de développement sportif, artistique et culturel et sa vision de la politique internationale font du CAR, le parti le plus proche des aspirations du peuple togolais.

Lomé le 18 Octobre 2008
Le Congrès