27/06/2022

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Togo : La fraude massive…sport favori du RPT

Les caciques du Rassemblement du peuple togolais (RPT) d’Eyadéma tentent de ridiculiser l’opposition, en arguant en substance : « Vous voulez tout et son contraire ! » Les tenants de l’ancien régime clament haut et fort, que l’opposition a exigé le retour à la légalité constitutionnelle (celle amendée en 2002 sous l’instigation de feu Eyadéma.), et que leur leader désigné, Faure, avait compris les préoccupations du peuple. Raison pour laquelle Faure Essozimna Gnassingbé aurait démissionné de la présidence de l’Assemblée nationale, le 20 février dernier. En réalité Faure Assozimna a reculé, acculé par le tollé général et le début d’application des sanctions internationales.

Aujourd’hui, les pontes du RPT, soutenus par quelque syndicat de chefs d’Etat au sein de la CEDEAO et de l’Union Africaine, dénient à l’opposition togolaise, le droit de se référer à la première mouture constitutionnelle acclamée par le peuple au référendum de 1992. Cette coalition anti-populaire préfère la version constitutionnelle tripatouillée par une Assemblée nationale truffée exclusivement de députés RPT, parti ne représentant grosso modo que 10% de la population.

L’attitude de l’opposition semble tout à la fois logique et légaliste.
Si vous êtes en voiture et que vous roulez en troisième, la seule façon de s’arrêter consiste à rétrograder : de la troisième vitesse à la deuxième. Faure Essozimna et ses pépés putschistes étaient lancés dans une fuite en avant. Ce que réclamait l’opposition : ramener le RPT à résipiscence, en faisant un pas en arrière vers la Constitution la plus proche dans le temps. C’est celle imposée après toilettage sur mesure par Gnassingbé Eyadéma en 2002 ; celle dans laquelle entre autres, l’âge pour être candidat à la présidence de la République (art. 62) est ramené à 35 ans (au lieu de 45 ans dans la mouture constitutionnelle de 1992). En effet, Eyadéma pensait déjà à se faire succéder par son rejeton, d’une part ; et d’autre part, il empêchait Gilchrist Olympio de se présenter à une élection présidentielle sur la terre de ses aïeux.

Revenons à notre exemple : l’allure de l’auto ayant été réduite, on pouvait la stopper au point de départ: les putschistes ayant ralenti leur fuite en avant, on peut repartir sur les bonnes bases que constitue la Constitution de 1992. Ce qu’exige l’opposition, logiquement.
Elle est tout aussi naturelle et logique l’attitude de l’Ordre des Avocats togolais, qui réclament la démission de la présente Cour constitutionnelle. Celle-ci ayant été nommée par le gouvernement du général Eyadéma, ne pouvait pas ne pas cautionner bon gré mal gré, le coup de force de son fils, Essozimna Faure. C’est cette Cour constitutionnelle que la CEDEAO et le gouvernement RPT en place, imposent à la majeure partie du peuple pour garantir des élections libres et démocratiquement transparentes ? « Laisse-t-on un chat garder le poisson frit ? », demande le proverbe éwé. De là à dire que la CEDEAO s’est jointe aux généraux et au RPT, pour pousser le peuple togolais à participer à une élection frauduleusement gagnée d’avance par Faure Gnassingbé, il n’y a qu’un pas. La CEDEAO, l’UA, le Parlement Européen, ne pourront jamais mettre un représentant dans chacune des 5000 bureaux de vote. En revanche, l’opposition, elle, peut. Mais l’on sait comment au cours des scrutins passés sous Eyadéma, l’on a viré des bureaux de vote, manu militari, les représentants des partis de l’opposition. Les Togolais n’ont pas non plus oublié « la démission » de la présidente de la Commission électorale nationale, Awa Nana, au cours de la fameuse élection présidentielle de juin 1998… Et le ministre de l’intérieur s’empressant de proclamer les résultats : Eyadéma Gnassingbé : 52,13%. En somme, si les électeurs togolais ne savent pas encore où ils vont, ils se souviennent d’où ils viennent.

Les observateurs de la scène politique togolaise ont l’impression qu’un complot international concocté par les amis chefs d’Etat de feu Gnassingbé, se met méthodiquement en place contre le peuple togolais. Les ennemis de la démocratie togolaise au sein de la CEDEAO, de l’UA et même du Parlement européen qui se rangent derrière cette nouvelle forme d’impérialisme, porteront la lourde responsabilité d’un éventuel embrasement du Togo. Car, à force de donner raison à la dictature contre la raison divine, on finit toujours par réveiller les vieux démons.

Gaëtan TETE