24/09/2022

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Togo-Législatives 2007 : une entrée en campagne dans l’insouciance !

Par Vénavino d’Alvez

La campagne des élections législatives du 14 octobre 2007 a officiellement démarré le 28 septembre à minuit. Cette journée fut quasiment une journée sans activité politique marquante, seules les branches de palmier « Détia », symbole de l’UFC, furent attachées aux poteaux électriques dans les rues de Lomé. Les partis politiques sont véritablement entrés en campagne de façon tonitruante le samedi 29 septembre 2007 avec les caravanes de motos-taxis «zémidjan», leurs fanfares, coups de sifflets et klaxons. Alors que dans les coulisses se trame le complot pour spolier la volonté du peuple.

L’UFC EN TETE DU CORTEGE ELECTORAL

Encore une fois, c’est l’UFC qui a donné le coup d’envoi des manifestations avec l’accueil de son président Gilchrist Olympio, arrivé ce samedi 29 septembre, vers 10H, à la frontière d’Aflao où la foule habituelle des sympathisants l’a aussitôt happé pour faire le tour de Lomé. Comme à l’accoutumée, certains militants ont peint leur corps dénudé d’une teinture jaune.
Diverses caravanes ont défilé dans les rues de la ville avec à leur tête les traditionnels motos-taxis, tambours, trompettes, fanfares. A celle de l’UFC, succéda la caravane de la CDPA du professeur Gnininvi avec ses membres tout de rose vêtus, la couleur du parti ; puis celle du CAR de l’actuel premier ministre Yawovi Agboyibo, arborant des T-shirts rouge, la couleur du CAR, et celle du CPP présente malgré sa maigre composition.
Lors de cette première journée le RPT était absent des rues ; sa campagne se résumant à des collages d’affiches portant seulement l’épi de maïs qui en est le symbole et non le sigle RPT. Le RPT avance masqué tellement il est vomi par la population.

La matinée de ce samedi, jour de l’ouverture officielle de la campagne a été visiblement une tournée destinée à rameuter la population pour les meetings politiques de l’après-midi.

LES PREMIERS MEETINGS

Le CAR et la CDPA ont prolongé leur cohabitation gouvernementale en organisant leurs premiers meetings à la Place Fréau rebaptisée Place Anani Santos. Alors que les rouges du CAR arborant des foulards frappés d’un bélier noir, symbole du parti, occupaient avec leur président Me Yawovi Agboyibo, le jardin où se trouve le kiosque, les roses de la CDPA, avec le Professeur Gnininvi étaient en face, de l’autre côté de la rue, sur le terrain vague qui sert à l’organisation des matchs de foot ou à diverses manifestations.
Lors de son meeting, le CAR fit d’abord lire par un de ses responsables, Sylvain Dagban, une déclaration par laquelle il expliqua que le parti avait eu à accomplir à travers son président Me Agboyibo, une œuvre en trois étapes : la première ayant consisté à « amener les neuf organisations pressenties pour un dialogue national », la deuxième ayant consisté à « travailler ensemble dans une Commission électorale nationale indépendante (CENI), chargée d’organiser les élections législatives… » et la troisième étant celle « qui suivra l’issue des élections » pour laquelle « le Comité d’action pour le renouveau, lance un appel vibrant à toutes les électrices et à tous les électeurs de se mobiliser massivement derrière les candidats du CAR pour que Me Yawovi Madji Agboyibo achève sa mission ».
Ensuite Me Agboyibo, vétu d’un costume chinois rouge et portant des chaussures blanches, intervenait, après avoir chauffé l’assistance par divers slogans, pour appeler ses militants et sympathisants à se mobiliser derrière les candidats du CAR pour la Commune de Lomé qu’il présenta à l’assistance, lui-même étant candidat dans son Yoto natal.
Le lundi 1er octobre, le CAR poursuivait sa campagne par un meeting au quartier Anfamé, dans les faubourgs Est de Lomé et reviendra dans le centre ville de la capitale mardi.

Quant à la CDPA, le meeting de Lomé permit à son premier secrétaire, le professeur Léopold Messan Gnininvi, qui conduit la liste du parti aux législatives, de présenter son « programme de gouvernement qui s’énonce en peu d’objectifs : transparence, bonne gouvernance, pleine citoyenneté politique, citoyenneté économique. Les trois premiers constituent les moyens pour atteindre le dernier. La transparence et la bonne gouvernance doivent permettre de mettre à la disposition de tous, les ressources et les revenus de notre Pays. Que signifie la pleine citoyenneté politique ? Elle ne vise pas seulement les attributs formels de libertés publiques et individuelles à travers les Institutions et les pratiques. Elle signifie aussi et surtout que le citoyen soit bien nourri, bien soigné, bien instruit et puisse se prendre en charge économiquement en terme d’emploi ou d’activité libérale. La citoyenneté économique vise la maîtrise de l’économie par les citoyens. Le financement de nos entreprises et sociétés doit d’abord faire appel à l’épargne togolaise. Les salariés qui le souhaitent doivent pouvoir devenir des petits actionnaires. La privatisation ne signifiera plus bradage à des intérêts étrangers. »

Le meeting de l’UFC commença vers 18 heures, en face de l’Hôtel Palm Beach car les caravanes du parti à travers la ville avaient pris du retard. Après que les cinq candidats et leurs suppléants pour la Commune de Lomé aient été présentés aux militants, Gilchrist Olympio prenait la parole pour appeler à voter massivement pour les listes de l’UFC le 14 octobre prochain. La veille, vendredi 28 septembre, l’UFC avait organisé une conférence de presse à son siège au cours de laquelle il avait présenté son projet de société condensé dans le « Manifeste » sur lequel il se bat dans cette campagne. Le lundi 1er octobre, la caravane de l’UFC faisait halte au Marché du quartier Amoutivé, à Lomé, pour un meeting avec les femmes du secteur.

La palme de la discrétion revint au RPT qui tint ses meetings d’entrée en campagne dans les faubourgs de Lomé, aux quartiers Agoènyivé et Adéwui qui sont généralement connus comme étant des fiefs du RPT, ce qui, pour une entrée en campagne est plutôt singulier pour un parti qui dirige tout de même l’Etat togolais. Animées par Pascal Bodjona, le directeur de cabinet de Faure Gnassingbé, et Gilbert Bawara, le très controversé ministre de la coopération du RPT, l’habituel auteur des foucades du RPT contre les partis de l’opposition, ces rencontres furent l’occasion pour les organisateurs d’appeler à voter pour les candidats du RPT dont la liste est conduite, dans la Commune de Lomé, par le vétérinaire Charles Kondi Agba.

Outre ses caravanes à Lomé, ce n’est que le dimanche 30 septembre que la CPP est pleinement entrée pour sa part en campagne avec ses premiers meetings. C’est dans sa région natale de l’Avé, à Aképé et à Noépé, que son président, le premier ministre-charnière Edem Kodjo considère, à tort, comme son fief électoral car y ayant toujours eu de piètres résultats, a choisi de tenir ses premiers meetings à la différence des autres responsables politiques qui ont lancé leur campagne à Lomé.

Cette grande journée des premiers meetings fut un round d’observation ; on n’en retient que le folklore des caravanes des partis ; pour leurs programmes politiques on verra plus tard !

Dans les coulisses, ce début de campagne est tout de même très préoccupant. Certains éléments d’actualité suffisent pour montrer que, loin du tintamarre folklorique, la plupart des partis se réclamant de l’opposition démocratique ont tort de croire que le RPT va se laisser infliger une défaite électorale sans réagir. Il faudra régler sans concession, la crise qui vient de s’ouvrir à la CENI où les représentants du pouvoir RPT, la CPP et le PDR reviennent sur la décision de sécuriser les bulletins de vote, pour éviter les fraudes au moment de la centralisation des résultats, en les faisant contresigner par deux membres des bureaux de vote dont le président.

La rédaction letogolais.com