08/12/2022

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Togo : Même sous une dictature on peut participer à des élections à condition d’être clair

Bonjour à tous !
Je suis souvent surpris par les positions exprimées par certains Togolais qui se disent opposés au régime quincagénaire du Togo : On rend l’opposition responsable de la situation du Togo. Ce n’est plus la dictature basée sur une armée à base ethnique et à direction clanique qui est responsable de la situation, mais ceux qui la combattent (Note : quand je parle de « l’opposition » ici, je ne parle que de ceux qui combattent réellement le régime et non les farfelus en mission de noyottage de l’opposition).

Ceux qui me connaissent savent que mon organisation politique n’a participé à aucune élection jusqu’à présent, mais pour moi, dire que le mal c’est le fait de participer à des élections sous une dictature, c’est induire les citoyens en erreur.

Contrairement à ce qu’écrit Togoata, l’électoralisme ne consiste pas en la participation à des élections sous une dictature, mais au fait de présenter cette participation comme la seule voie amenant à la chute du régime.
Même sous une dictature, on peut participer à des élections, à condition d’être clair sur ce qu’on recherche dans cette participation.

Le régime togolais est une dictature. Ça chute ne peut provenir que d’une mobilisation du peuple, combinée à une neutralité de l’armée ou à un soutien d’une partie de l’armée. Comment obtient-on cette mobilisation du peuple ? Différentes situations peuvent amener le peuple à se mobiliser et à se soulever. Une élection est une occasion qui peut être saisie par un parti politique de l’opposition pour travailler à la mobilisation du peuple. C’est à chaque parti de décider si les conditions de telle ou telle élection sont proprices à un tel travail et s’il a les moyens de se déployer pour s’y atteler. Le fait qu’un parti décide de participer à une élection sous une dictature ne veut pas dire que c’est un complice du régime ou un traitre à la cause. Le fait de ne pas y participer non plus. Tout dépend de l’analyse de chaque parti et de ses moyens humains et financiers.

Au Togo, lorsque les partis de l’opposition décident de boycotter une élection, on crie à la trahison. Lorsqu’ils veulent y participer, on crie également à la trahison. Il faut arrêter ce jeu absurde qui consiste à reporter la responsabilité de la situation togolaise sur l’opposition.

Chacun sait que je suis un opposant de la première heure à ce régime (j’ai fait partie du Comité qui a organisé la grève au Lycée de Tokoin en 1972, contre l’instauration de « l’écolage » dans les institutions scolaires publiques), sans être membre d’un des partis que dénonce Togoata. Je dirai, néanmoins, à ce dernier ceci : Si vous n’êtes pas content de la manière dont l’opposition mène la lutte, il y a une manière simple de régler ce problème ; créez votre parti et montrez-nous la bonne manière, qui nous permettra de mettre à bas rapidement ce régime ! Vous feriez oeuvre utile, au lieu de passer votre temps à dénoncer les dirigeants de l’opposition.

Par LAWSON Messan