26/11/2022

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Togo: situation tendue après la proclamation des résultats provisoires

LOME, 26 avril (XINHUANET) — La capitale togolaise a renoué avec des manifestations très violentes mardi peu après la proclamation des résultats provisoires de l’élection présidentielle de dimanche donnant la victoire au candidat du Rassemblement du peuple togolais (RPT, au pouvoir), Faure Gnassingbé, avec 60,22% des suffrages exprimés.

Tous les quartiers de Lomé sont en ébullition faite d’échaufourrées entre forces de l’ordre et manifestants avec des barricardes, pneux enflamés, des gaz lacrymogènes et des tirs de mitrailleurs. Les quartiers populeux Bè et Kodjoviakopé, favorables à l’opposition, sont difficiles d’accès. Ils sont encerclés par les militaires alors que les manifestants font presque la loi à l’intérieur.

Cette situation prévisible, devait être évitée avec la rencontre lundi au Nigeria de Faure Gnassingbé avec Gilchrist Olympio, leader de l’Union des forces de changement (UFC, opposition radicale), la formation de laquelle est issue le candidat de la coalition d’opposition Emmanuel Akitani Bob, sous les auspices du chef de l’Etat nigérian Olusegun Obasanjo, président en exercice de l’Union africaine (UA).

Il a été entendu à cette rencontre un gouvernement d’union nationle dirigé par le perdant, dit-on. M. Olympio, peu après, a indiqué qu’il s’agit d’une proposition qu’il n’avait pas signée et devait être soumise à l’ensemble de l’opposition, et qu’il n’a pris aucun engagement.

Le climat déjà tendu depuis la période de campagne et au jour du scrutin ne permettait pas toute autre forme de violence qui pourra faire basculer le Togo dans une dérive indescriptible.

Le ministre de l’Intérieur Akila-Esso Boko qui avait en charge l’administration du scrutin avait démissionné le 22 avril, faisant état d’une course vers un « scrutin suicidaire ». Il a averti d’une probable guerre civile si le scrutin n’est pas suspendu pour former plutôt un gouvernement de transition pour une période d’un ou deux ans dans la perspective de la préparation d’un scrutin plus transparent. Les événements qui ont suivi la proclamation des résultats provisoires montrent le début d’une situation de troubles indescriptibles que la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) aura à gérer.

La grande interrogation reste comment cette gestion pourra se faire si depuis le début du processus l’opposition a indexé ce regroupement sous-régional, qui a accompagné le processus, de prendre partie et de cautionner une mascarade électorale. La coalition d’opposition avait appelé la CEDEAO à faire preuve d’autorité et lui a signifié d’avoir échoué sa mission.

Même si la CEDEAO dispose d’une force d’intervention ECOMOG, sa présence au Togo sera peu digérée et est même peu recommandée. Des Togolais s’imaginent qu’une force onusienne pourra être d’une certaine efficacité mais après combien de dégats.

Le bal de la violence, qui a déstabilisé la plupart des pays de la sous-région ouest-africaine, vient peut-être de commencer au Togo où a régné une fragile stabilité pendant près de 40 années.

Le pire ne pourra être évité que si dans les heures qui suivent les leaders de l’opposition appellent leurs partisans au calme et à accepter les résultats provisoires proclamés par la Commission électorale nationale indépendante.