01/10/2022

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Togo : Succès pour l’UFC à travers le pays

Par Vénavino Dalves

La caravane pré-électorale de l’UFC a traversé le pays avec un succès sans précédent. Partout, de Kpalimé, Dapaong, Mango, Tovégan, Assahoun, Kévé, Badja et à Aképé , etc… l’accueil fut grandiose. Dans ces localités, les populations sont sorties massivement et ont réservé un accueil sans commune mesure à l’UFC et à son leader Gilchrist Olympio. La plupart des contrées traversées sont devenues des étapes obligées, les habitants ne voulant pas être en reste et désirant témoigner leur attachement au changement qu’incarne l’UFC. Le programme fut totalement bouleversé pour répondre à leurs attentes. Les militants UFC locaux ont fait preuve de grande efficacité en proposant une organisation de main de maître : apatams érigés sur les places principales, tam-tams et trompettes enthousiastes des groupes folkloriques, chefs traditionnelles et dignitaires en tenue d’apparat, militants tout de jaune vêtus, la foule en liesse scandant « Détia » , « Ablodé »…..

La tournée débuta le 27 avril 2007 à Kpalimé, toutes les localités du grand Kloto étaient en effervescence pour accueillir l’UFC et son leader Gilchrist Olympio venu célébrer la fête de l’indépendance dans le bastion des nationalistes togolais. De Kpadapé à Nyivé-Kpalimé la foule était dense pour acclamer la caravane de l’UFC qui avait du mal à se frayer un passage tout au long du trajet. Lors du meeting de Kpalimé, le président de l’UFC, Gilchrist Olympio a rappelé aux milliers de participants, la contribution des natifs du Kloto dans la quête de l’ablodé et la victoire pour l’indépendance du Togo. Il les invite à continuer le combat et à maintenir intacte leur combativité. Après Kpalimé, le convoi de l’UFC fit escale le 30 avril à Dapaong, le 1er mai à Mango puis le 3 mai dans la préfecture de l’Avé. De Koudassi-Gbogamé , Tovégan, Assahoun, Kévé, Badja, Aképé, partout c’était la liesse .

Brossant la situation chaotique du pays (désastre économique, corruption, exil forcé des forces vives togolaises, etc…), Glichrist Olympio et ses lieutenants n’ont eu de cesse de rappeler les enjeux du prochain scrutin législatif et invitant la population à aller massivement s’inscrire sur les listes électorales. Il s’agit pour les Togolais dans un premier temps d’infliger par les urnes une défaite cinglante au RPT et ses partis alliés et ensuite de mener le combat contre les fraudeurs que sont le clan Gnassingbé et ses miliciens.

Malgré cette démonstration et les victoires probantes du peuple lors de toutes les élections au Togo, les Togolais ne doivent pas se bercer d’illusion. La machine à frauder est en marche. De surcroît il est de notoriété publique que Louis Michel, le commissaire européen, est personnellement impliqué dans l’organisation de ces élections avec les inefficaces kits électoraux qu’il impose aux Togolais. Ces machines de la société VETES n’ont jamais fait leur preuve dans aucune autre élection dans les pays développés. Pour preuve la mascarade électorale du Congo et la conclusion des tests d’évaluation du logiciel de recensement réalisés le 30 avril 2007 avec les membres de la CENI et les techniciens de ZETES. « Les kits sont inopérants ; le développement du logiciel est à refaire » conclut un membre de la CENI.

La rédaction letogolais.com

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MESSAGE DE GILCHRIST OLYMPIO AU MEETING DU 27 AVRIL 2007 A KPALIME

Notre parti l’UFC a ceci de particulier qu’il est enraciné. Il n’est pas un parti créé il y a un an ou deux. Notre présence dans le Kloto aujourd’hui est motivée par beaucoup de choses. Parce que c’est dans la région de Kloto qu’a démarré la lutte pour l’indépendance. Il y a beaucoup de choses que nous ne pouvons pas dire aujourd’hui. Cependant sachez que je suis pour la dernière fois venu dans le Kloto ici, il y a 15 ans. A l’époque, j’étais accompagné par deux fils de Kloto. Il s’agit du grand enseignant Ameganvi et notre grand-frère Marc Atidépé aujourd’hui disparus. Mais grâce à Dieu nous foulons encore aujourd’hui le sol de Kloto. Nous ne sommes pas venus ici pour nous lamenter, pleurer sous prétexte que les choses ne marchent pas. Nous voudrions au contraire que cette fête de l’indépendance soit une fête de joie et d’allégresse parce que la nuit est longue mais le jour vient.Je vous disais que les militants de l’indépendance constituent la racine de la terre togolaise et les autres choses ne sont que des branches. Vous le savez, c’est de la racine que s’élève la sève pour nourrir les feuilles.

Je voudrais vous dire quelque chose sur le passé surtout à nos petits frères et à nos enfants qui ne le savent pas.

Nous étions très petits, (je ne sais pas si j’avais 11 ans à l’époque) lorsque nos parents nous avaient amenés ici sur cette terre. Nous avions vu et écouté beaucoup de choses. Des dignitaires de Kloto étaient nombreux dont le Chef John full, M. Samklu, Gukonu, etc. à se réunir ici à Kpalimé. Ils avaient invité d’autres personnalités de marque du Togo et du pays Ewé. Comme vous le savez à l’époque, le Togo notre pays était divisé en deux parties : une sous tutelle anglaise, l’autre sous tutelle française. Tous étaient venus pour se rencontrer ici. Je me le rappelle, ils étaient nombreux à discuter des problèmes importants qui, 50 ans après, demeurent encore des préoccupations. Etaient venus de Gold Coast Daniel Chapman, Ayivon Venancios… du Togo anglais… Kodjo Ayegné, le Révérend Amétowouka. (Beaucoup ne savent pas que l’auteur de la chanson DENYIGBA est le grand enseignant Ephrem Amoudou dont le cedis ghanéen porte aujourd’hui l’effigie. (Moi-même je me rappelle certaines choses, parce que c’était le même Ephrem qui avait eu à m’enseigner). Du Togo français étaient venus De Souza Augustino, Sylvanus Olympio, Martin Aku, Papo Thompson et Franklin, etc. Ce qu’ils étaient venus enseigner ici était qu’on ne pouvait pas se permettre de partager un pays entre les puissances coloniales, comme cela avait été le cas du Togo qui méritait vraiment une réflexion. La deuxième chose qui était très importante était d’arracher l’indépendance afin de nous occuper de notre pays.

Ces préoccupations sont toujours d’actualité parce que dans notre pays, tout s’est effondré. Cette situation nous interpelle dans le sens d’encourager la démarche à mener pour éviter le chaos.

Tout à l’heure, nos frères Jean-Pierre Fabre et Patrick Lawson dans leur intervention ont souligné la nécessité où nous nous trouvons d’aller aux élections. Nous devons nous préparer et prendre les précautions requises pour éviter les dérives du passé.

Vous savez, Ephrem Amoudou qui était mon enseignant au Ghana (à l’époque Gold Coast) m’avait appris (comme vous le savez, pour le varan l’essentiel à retenir, est-ce qui est tombé dans son oreille avait qu’il ne devienne sourd) que la politique est une vocation et qu’on ne prend pas ce qui appartient à autrui. Ensuite que si tu es africain ou togolais il faut en être fier et s’en glorifier. Si je vais chez lui à la maison, je le trouve en tenue lokpo (tissu traditionnel) mangeant dans la calebasse. A ses enfants qui poursuivaient leurs études dans des grandes écoles au Ghana et en Europe, il avait appris à fabriquer la flûte et le tam-tam. A moi, il envisageait d’apprendre certaines chansons. Si je vous dis ceci, c’est parce que ces jours-ci je reçois la visite de certaines personnes qui nous reprochent le fait d’avoir refusé d’entrer dans le gouvernement malgré l’invitation qui nous a été faite dans ce sens.

Quand je leur demande pourquoi ils tiennent un tel langage à notre encontre, ils me font remarquer que ceux qui y sont entrés trouvent quelques avantages. Du coup, les chansons de mon enseignant et certaines autres me viennent à l’esprit… En effet, ce n’est pas tout ce qui brille qui est de l’or. Je leur dis que la lutte que nous menons n’est pas destinée à arranger la situation d’un, de deux ou de trois individus. Ce n’est pas ce que nous désirons. Notre désir c’est de lutter pour l’épanouissement de tous les Togolais chacun dans son secteur d’activité et non de les voir encore la peur au ventre au point de ne pouvoir entreprendre quoi que ce soit. Vous considérez cette région du Kloto, la terre est bonne, les forêts, les fleuves sont jolis et merveilleux. Et pourtant j’ai rencontré les fils de cette région à Lomé, au Ghana et en Europe qui sont tristes et malheureux. A ma question de savoir ce qui ne va pas, ils me répondent qu’ils ne trouvent pas du travail chez eux. C’est ainsi que les jeunes gens ont quitté la région pour s’installer à Lomé où non plus les choses ne marchent. N’ayant trouvé rien à faire, ils partent pour l’étranger. Cette situation est vraiment déplorable, notre désir, si nous parvenons à gagner est de récupérer nos enfants. Un enfant qui ne fait rien à la maison est une malédiction. Pour cela, nous devons œuvrer afin de gagner pour pouvoir nous occuper de nos enfants. A touts ceux qui m’écrivent à propos de notre refus d’entrer au gouvernement, je leur dis tout comme Jean-Pierre vous l’a dit, nous avons été effectivement invités à entrer dans ce gouvernement. Mais nous ne comprenions pas qu’ils se soient taillés la part du lion pour nous réserver les miettes. C’est alors que nous avions demandé un moment de réflexion. Autrement nous serions tous dans l’obligation de répondre des actes que ce gouvernement aura à poser.

Comme vous devriez le savoir, ceux qui y sont entrés n’ont pas les mains libres. C’est pour cela que nous avons décidé de ne pas y entrer… La région de Kloto, nous est très chère, quand je suis arrivé encore cette fois-ci, j’ai constaté que les fils de Kloto n’ont pas changé de conviction. L’esprit d’Ablodé demeure en eux. Les fils d’Ablodé ont l’habitude de comprendre à demi mots. Ce que j’ai vu aujourd’hui m’a réconforté. A ceux qui disent il y a la faim, le chômage, etc. je leur dit quand même que si on est affamé, on ne mange jamais avec les deux mains. Alors nous devons prendre patience pour changer notre pays. Si même nous n’y trouvons pas pour notre compte, nos enfants et nos petits enfants en profiteront. Voilà le sens de la lutte que nous menons jusqu’ici. Comme Jean Pierre vous l’a dit on vous dira aussi que si vous votez Détia, on vous usurpera encore la victoire, que les français et l’armée ne vous acceptent pas. Comme vous-mêmes vous le constatez, les forces de sécurité nous ont escorté de la frontière jusqu’ici. L’autre fois que nous avions sillonné Aného, Glidji, les différentes villes du Togo, c’était pareil. Ce qu’il faut savoir, les militaires et les forces de sécurité, c’est grâce à notre travail qu’ils sont entretenus. Et en retour, ils ont le devoir de nous aider contre nos ennemis. Présentement, ils prennent part à des formations dans le sens de devenir une armée républicaine de façon à garder la neutralité au cours des élections. Donc nous devons avoir espoir afin d’aller massivement voter, remporter les élections afin de faire de ce pays, ce que nous voudrions qu’il soit.

Nos grands-pères et nos pères avaient eu des projets pour le Kloto. Selon certains documents de mon père que j’ai consultés, des sites touristiques étaient prévus pour la région de Kloto compte tenu de son paysage panoramique. Ce qui pouvait faire rentrer des CFA dans la région. Nous avons déjà accusé un retard d’une quarantaine d’années dans ce domaine. Mais cela ne fait rien, c’est le temps de Dieu qui est le meilleur. Ce que je dois relever avant de vous quitter, c’est que les besoins ou la faim ont égaré certains de nos frères. Parce qu’ils ont perdu l’espérance. Vous les voyez, maintenant tout joyeux parce qu’ils estiment avoir acheté de vélos neufs, ou bien être parvenus à réaménager leur chambre. Non ce n’est pas cela l’essentiel. Ce que nous désirons c’est que si nous parvenons à arracher l’indépendance dans ce pays, (l’indépendance nous appartient déjà mais si nous parvenons à l’arracher pour en faire notre pouvoir), on fera comme le gouvernement d’après l’indépendance arrachée il y a plus de 40 ans, ils n’avaient régné que pendant 2 ans. Avant que certains individus ne viennent remettre les choses en cause. Mais nous ne devons condamner ou accuser personne, puisque c’est nous-même qui avons ouvert la porte à l’ennemi pour s’introduire dans la maison. C’est pour cela qu’à nos frères égarés nous disons qu’il y a encore de la place dans la maison et à la table. Dès qu’ils seront décidés ils peuvent revenir. La maison d’Ablodé est celle de tous les Togolais. La porte est toujours ouverte, ils peuvent revenir.

Avant de terminer, je voudrais porter à votre connaissance que quelqu’un qui prétend être un clairvoyant m’a confié que les militants d’Ablodé font 80 % de la population. Alors si c’est vrai, l’espoir est donc grand qu’on atteindra l’autre rive. Le Togo appartient aux militants ou aux fils d’Ablodé.

Ablodé !