28/09/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Togo, une néo-colonie de la France en Afrique

Le texte ci-dessous a été tiré d’une interview que nous avions accordée, il y a quelques mois, à un journal belge. Nous reproduisons une partie, sous forme d’article, pour continuer à montrer le rôle de l’impérialisme français dans notre pays. Cet article répond à une nécessité. Pendant que, le tout nouveau représentant de l’impérialisme français, Mr Sarkozy, feint d’oublier l’histoire de la colonisation française en Afrique… Pendant qu’il tente vaille que vaille de faire «comprendre» aux peuples africains, qu’ils n’ont pas d’histoire, qu’ils vivent dans l’immobilisme… cet article montre que l’impérialisme français a toujours été un obstacle majeur pour l’émancipation des peuples africains, togolais en particulier.

La France puissance colonisatrice du Togo avait commencé à administrer notre pays à la fin de la première guerre mondiale et au début des années vingt. De sa perfide volonté de dominer, de régenter notre pays, elle s’est toujours opposée à l’émancipation de notre peuple. Cette farouche opposition de la France colonialiste s’était traduite par des massacres de la population de Lomé en janvier 1933, du peuple Konkomba en 1936, de Vogan en 1951, à Lomé et à Pya en 1957. Ajoutons à cela les arrestations et l’embastillement des nationalistes qui luttaient pour en découdre avec le colonialisme. Cette pratique de l’armée colonialiste nous démontre aujourd’hui que le pouvoir dictatorial et sa milice les FAT sont les dignes successeurs des colons français dans le domaine de la répression et des massacres. Mais l’histoire nous enseignes que cette répression barbare n’avait nullement empêché le peuple togolais de se mobiliser derrière les partis nationalistes (la JUVENTO, le CUT et le MPT) pour mettre fin à l’oppression coloniale le 27 avril 1958 à la suite d’une élection générale.

Il va sans dire que la victoire du 27 avril 1958 n’était pas simplement une victoire électorale comme veulent le faire croire aujourd’hui les leaders de l’opposition… Cette victoire des nationalistes était l’aboutissement d’un travail de longue haleine, de sacrifices, de mobilisation et d’organisation qui s’était établi dans les colonies françaises. On peut citer le cas du Togo mais aussi d’autres pays comme l’Algérie, le Cameroun, le Madagascar et le Vietnam qui luttaient, eux aussi, contre les mêmes ennemis, les colonialistes français. Dès la prise du pouvoir par les nationalistes en avril 1958, Sylvanus Olympio, le leader du mouvement nationaliste ne cachait pas ses liens politiques et économiques avec d’autres puissances étrangères telles que l’Allemagne, l’Angleterre et les USA. C’est à partir de ces relations qu’il avait commencé à calquer les différents secteurs de l’économie togolaise sur le modèle anglo-saxons avec à la clé le projet d’une monnaie togolaise qui s’alignera sur le Mark allemand.

Les mesures économiques que prenait Sylvanus Olympio empêchaient, inévitablement, l’impérialisme français de ramasser, comme au temps colonial, ces bénéfices juteux. Ce qu’il faut souligner ici c’est que les mesures de Sylvanus Olympio au profit de l’Allemagne ou des USA, que d’aucuns ne cessent d’ériger en exemple à suivre sont aussi des formes de dépendance. C’est ainsi qu’au lieu d’une indépendance réelle, notre pays est passé à la dépendance néocolonialiste. Un tel régime était incapable de satisfaire les aspirations des masses, et ne pouvait que s’isoler. C’est ce qui facilita le coup d’Etat du 13 janvier 1963 perpétré par l’impérialisme français. C’est à partir de janvier 1963 que la France a accentué son hégémonie sur notre peuple et notre pays en plaçant ses hommes de paille au pouvoir, Grunitzky, puis après, l’autocrate Eyadema. Et c’est ce dernier (Eyadema) qui a, le plus contribué à l’implantation des intérêts de l’impérialisme français au Togo et dans la sous région. C’est ainsi que le régime fasciste fut instauré dans notre pays avec l’aide et l’appui des présidents français: De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand et Chirac. Ces derniers ont toujours été des alliés sûr du despote Eyadema.

Aujourd’hui pour travestir l’histoire et justifier leur compromission avec la dictature et la France, les leaders de l’opposition (Agboyibo, Gnininvi et leurs compères) occultent complètement ces incessantes luttes qui ont débouché sur la victoire électorale du 27 avril 1958. Et cette attitude ne nous étonne pas parce que les leaders de l’opposition dite démocratique doivent leur existence politique à la France et sont prêts à servir cette dernière avec ou sans l’autocrate Eyadema. Par conséquent, ces leaders -Agboyibo, Gnininvi- et Cie freinent le développement du mouvement démocratique mais aussi empêchent la jeune génération qui, effectivement, a besoin des riches expériences de lutte de notre peuple pour se transformer, s’aguerrir et s’organiser pour chasser une fois pour toute le clan Gnassingbé du pouvoir et la France du Togo !

Quelques caractéristiques de la domination de l’impérialisme français au Togo.

Si nous analysons tous les domaines de la vie politique, économique et culturelle dans notre pays, on se rend compte que la domination, la main mise de la France se situe essentiellement à trois niveaux.

En effet;

• Sur le plan économique, la main mise de la France se caractérise par le contrôle des secteurs les plus juteux de notre économie. Ainsi, la CEET (Compagnie d’Energie Electrique du Togo) est contrôlée par le groupe Lyonnaise des Eaux via sa filiale Elyo et en partenariat avec le canadien Hydro-Québec. Pour bien cerner les intérêts de la France au Togo voici ce que rapporte un officiel français sur les chiffres d’affaires des entreprises et multinational français au courant du semestre 2001: «nos exportations sont concentrées sur 6 produits qui représentent 52% de nos ventes: les produits raffinés pétroliers (11 millions d’euros et 20%), les préparations pharmaceutiques (5 millions d’euros et 9%), le matériel de télécommunications (4 millions d’euros et 8,5%), les véhicules automobiles (3 millions d’euros pour 5,5%), les intrants agricoles (3 millions d’euros et 5%) et les viandes de volailles (2 millions d’euros et 4%).». De ces chiffres, on comprend aisément pourquoi après la mort bien subite du satrape Eyadema, l’impérialisme français a décidé contre la volonté populaire de nous imposer ses fils, Faure et Kpatcha Gnassingbe, pour sauvegarder les intérêts des capitalistes français qui sucent le sang des travailleurs togolais.

• Sur le plan politique et militaire c’est tout d’abord l’accord secret de juillet 1963 avec le clan Foccart et ensuite la mise sur pied d’une armée fasciste, contrôlé et dirigé par les officiers français afin de mettre le peuple togolais en respect. L’installation d’une base militaire à Niamtougou (Nord du Togo) et une autre base d’appui à l’aéroport de Lomé pour soutenir ses troupes d’agression en Côte d’Ivoire. Sans oublier le RECAMP (Renforcement des Capacités Africaines de Maintien de la Paix) qui permet à l’armée française d’intervenir n’importe quand et n’importe où sur le continent africain.

• Sur le plan culturel, par le biais des institutions de la francophonie, des bourses de coopération et de ses centres culturelles, la France impose à nos pays sa langue et sa culture. A travers cette culture, elle contrôle notre école et l’éducation. Ceci contribue à entretenir l’esprit colonialiste et néocolonialiste chez les jeunes togolais qui sont «fière» de parler et d’écrire la langue de voltaire. Mais ce qui est frappant, c’est que ces jeunes ignorent complètement la culture africaine. Ces jeunes togolais sont perdus, ils ne connaissent pas l’histoire du pays, mais savent bien réciter l’histoire des rois de France. Bref, ils sont déracinés dans leur propre pays, de surcroît des étrangers. Le moins qu’on puisse dire est que c’est à travers cette culture française que l’impérialisme français recrute les futurs hommes de paille dans nos pays. Dans ces conditions la lutte pour la démocratie implique nécessairement la lutte pour en finir avec la domination impérialiste, chose que continue d’occulter les faux démocrates de l’opposition dite démocratique.

Bruxelles, le 16 juin 2008

Le Front des Organisations Démocratiques Togolaises en Exil
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