06/10/2022

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CDPA-BT/Dialogue: Le vote ou le consensus …. quel est le problème fondamental ?

LA CDPA-BT & 11e DIALOGUE INTER TOGOLAIS : Le vote ou le consensus : quel est le problème fondamental ?

Le leader de l’UFC a menacé de claquer la porte si les décisions devaient être prises par vote et non par consensus. Le consensus, c’est quand tout le monde est d’accord sur une décision donnée, ou tout au moins quand personne ne manifeste clairement son opposition ou se tait et laisse passer la décision. Le vote, c’est quand on demande à chacun de manifester son choix, soit à main levée, soit par bulletin de vote. Dans le second cas, le vote est secret.

Le règlement intérieur retenu par le dialogue dit que les décisions seront prises par consensus, mais prévoit le vote pour régler les différends, ou alors faire appel un médiateur. Quand on voit la composition du dialogue, on comprend bien la position du leader de l’UFC. Mais la menace semble tout à fait verbale comme beaucoup d’autres dans le passé. On sait par exemple que l’UFC avait conditionné sa présence au dialogue par la présence d’un médiateur. Et pourtant, il participe au dialogue sans médiateur, se contentant seulement de regretter le rejet de son préalable.

Le problème fondamental de cet énième dialogue ne porte pas en réalité sur un choix entre le vote et le consensus. Il se pose autrement. On sait que sur les 9 participants, trois seulement représentent l’opposition. Encore que ces trois partis n’ont pas toujours une position commune quant aux aspirations réelles de la grande masse de la population, et ne sont visiblement pas partis au dialogue avec quelque chose de commun à défendre ensemble face au RPT et à ses alliés naturels ou ceux qui pourraient être amenés à le soutenir.

Que ce soit donc le vote sur les différends ou le consensus forcément sur des questions d’importance mineure par rapport au problème de fond, le RPT bénéficie d’office d’une majorité automatique puisque le PDR, la CPP, le représentant du Gouvernement et le REFEMP-Togo sont de la mouvance du régime. Le GF2D, quant à lui, s’inscrit dans la mouvance des associations de la « société civile » qui, de toute évidence, ne portent pas les partis d’opposition dans leurs cœurs.

Dans le cas du vote comme dans le cas du consensus, le rapport des forces est donc automatiquement en faveur du régime et en défaveur de l’opposition démocratique, comme lors des dialogues passés. C’est ce rapport de force inégal qui constitue le problème véritable de notre processus de démocratisation, de tous les dialogues passés comme du présent dialogue. Le problème véritable ne se pose pas en termes de vote, consensus, médiateur ou facilitateur.

Il faut remarquer qu’aucun des participants à ce dialogue n’a évoqué ce problème de l’inégalité du rapport des forces Régime/Opposition. Il faut souligner également que, dans les milieux qui soutiennent ce dialogue et y voient, comme d’habitude, « le dialogue de la dernière chance », personne n’a posé ce problème ni évoqué ses conséquences sur l’issue possible des assises.

Il est compréhensible que les délégations composant la majorité en faveur du RPT ne posent pas le problème. Mais alors pourquoi les partis sensés défendre les intérêts de l’opposition démocratique ne l’ont-ils pas fait, prenant ainsi le risque de donner le sentiment de vouloir détourner l’attention de l’opinion du problème politique fondamental par ces questions mineures de vote, de consensus et de médiateur ?

1- La CDPA-BT réaffirme que les buts évidents de cet énième dialogue sont au nombre de trois :

Arriver à organiser des législatives pour « normaliser » la situation politique issue des élections d’avril 2005,

Arriver à reprendre la coopération financière UE-TOGO qui ne peut, dans ces conditions, se solder que par la consolidation du régime,

Arriver à faire éventuellement quelques places à certains leaders de « l’opposition traditionnelle » dans un nouveau gouvernement qui aurait ainsi les allures d’« un vrai gouvernement d’union nationale ».

Il s’agit en définitive d’un dialogue pour l’affichage, un dialogue destiné à amener la population à avaler les pilules du 5 février et du 24 avril 2005. Ces assises, pas plus que celles qui ont précédé, ne résoudront pas le problème politique togolais. Elles ne permettront pas la « sortie de crise » dont on parle tant.

2- La CDPA-BT attire donc l’attention de ses membres, de ses sympathisants et de l’opinion togolaise et internationale sur deux faits importants :

La « Communauté internationale » est fatiguée du problème togolais, qui n’en finit plus. Tout ce qu’elle entend faire aujourd’hui, c’est de tenter encore de s’en débarrasser par la « normalisation » de la situation via un nouveau « dialogue inter togolais ». Peu importe si la population togolaise y gagne ou non en démocratie.

C’est le régime de dictature qui est la source de la « crise ». Le seul moyen pour les Togolais d’en sortir est de se donner les moyens d’une politique alternative d’opposition. Le faire n’est pas impossible. C’est ce que propose la CDPA-BT depuis plusieurs années sous la forme du Mouvement de la Force Alternative d’Opposition (MFAO) pour instaurer la démocratie dans le pays et sortir enfin la population de la misère.

Lomé, le 7 Mai 2006
Pour la CDPA-BT
Le Premier Secrétaire