07/02/2023

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CDPA-BT : Les Présidentielles du 1er Juin ne mettront pas fin au régime de dictature

La campagne électorale est ouverte depuis le 15 mai à minuit. Les candidats retenus s’y sont engagés tambour battant. En dépit de ses propres promesses de ne pas toucher à la constitution de 1992 et de se retirer à la fin de son mandat, Eyadema a modifié la constitution pour se présenter à nouveau. Et il a modifié le code électoral pour s’assurer une réélection automatique. Rien de tout cela n’est surprenant. Tout le monde sait que le régime RPT fonctionne depuis des années sur la base du mensonge, de l’hypocrisie et de la manipulation des consciences.

Ce qui fait réellement problème, c’est que tous les partis membres de la CFD, y compris l’UFC, participent à ces élections malgré les conditions inadmissibles de son organisation. En plus, ils se sont révélés incapables de se mettre d’accord sur un candidat unique. Du coup, Eyadema se trouve en face d’un conglomérat de cinq candidats de l’opposition qui rivalisent entre eux pour s’éliminer réciproquement.

Bien avant le début de la campagne électorale, les partis membres de la CFD et y compris l’UFC, n’ont pas cessé d’appeler la population à se rendre massivement aux urnes, laissant ainsi croire qu’un vote massif des Togolais suffit pour mettre fin au régime de dictature et permettre l’instauration de la démocratie dans le pays.

En présentant chacun sa candidature à ces élections présidentielles, les leaders de ces partis savaient pourtant bien qu’ils ne donnaient aucune chance à l’opposition de battre Eyadema en allant à ces présidentielles en rang dispersé. Ils avaient néanmoins continué de proclamer qu’ils allaient aux élections pour mettre fin au régime de dictature. Et qu’il faut que les Togolais se rendent massivement aux urnes pour que l’objectif soit atteint.

Par ailleurs les leaders de la CFD avaient sans cesse déclaré qu’ils finiraient par trouver un candidat unique en leur sein. Certains d’entre eux avaient même évoqué des raisons de stratégie électorale et de sécurité pour essayer de calmer les inquiétudes de la population. Et ils continuent de laisser croire jusqu’à présent au miracle des désistements de dernière minute au profit d’un candidat unique de l’opposition.

Mais la population n’est pas dupe. Quand on jette une caution de 20 millions dans la course pour le pouvoir, on ne se retire pas à la dernière minute au profit d’un candidat rival. Sauf évidemment si les 20 millions sont tombés du ciel. Et de fait, le discours a définitivement changé au cours de la campagne. Il apparaît clairement qu’aucun des candidats n’est prêt à s’éclipser pour permettre de dégager un candidat unique. Chacun d’entre eux demande aux électeurs de faire un « vote utile » en pensant bien entendu à lui-même. Et l’on déclare maintenant qu’à partir du moment où il est impossible de dégager un candidat unique, « il revient au peuple de donner son point de vue sur la question », bien entendu par « un vote utile »…

En tant qu’opposants à un régime de dictature qui érige le mensonge et la manipulation des consciences en méthode de gouvernement, nous avons le devoir de dire la vérité au peuple.

Dans les conditions institutionnelles et réglementaires d’organisation de ces élections présidentielles, le problème de la candidature unique se révèle d’ailleurs un faux problème et le débat sur la question une diversion. Si même le miracle s’était produit, même si les cinq candidats de l’opposition (y compris le rénovateur du RPT) venaient à trouver un candidat unique la veille du scrutin, le problème fondamental de la fin du régime de dictature ne sera pas résolu pour autant. Les conditions d’organisation des élections ont aggravé le rapport des forces aux dépens de l’opposition en assurant une réélection automatique du candidat du régime. En d’autres termes, candidat unique ou pas, Eyadema sortira de ses urnes, égal à lui-même comme en 1993 et comme en 1998.

Dans ces conditions, comme elle l’avait déjà dit, la CDPA-BT maintien son mot d’ordre de boycott de ces élections présidentielles. Elle demande à ses membres de ne pas y participer. Pas seulement parce le scrutin n’a pas de sens quant à la nécessité de mettre un terme au régime de dictature. Mais aussi parce qu’il présage de graves conséquences pour l’avenir de la lutte en cours pour la démocratie au Togo. On reviendra sur ces conséquences.

Les Togolais qui auront choisi d’aller à ces élections sont naturellement libres de le faire. Mais ils doivent avoir à l’esprit le fait qu’en raison des conditions inadmissibles dans lesquelles elles sont organisées, Eyadema ressortira une fois encore des urnes égal à lui-même. Cela veut dire que le régime de dictature se maintiendra après le 1er juin. Et qu’en conséquence la lutte pour la fin de ce régime devra se poursuivre afin de créer les conditions de l’instauration de la démocratie dans le pays.

Fait à Lomé, le 20 mai 2003.
Pour la CDPA-BT
Le Premier Secrétaire
Prof. E. GU-KONU

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