26/06/2022

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Communiqué du Parti des Travailleurs : Déclaration relative à l’arrestation de Claude Améganvi

Le mardi 6 août 2002, Claude Améganvi, Secrétaire chargé de la coordination du Parti des Travailleurs, a été arrêté, dans le cadre des activités du Regroupement « Quelle solution pour le Togo ? », initié par ce parti.

Ce déplorable événement s’est produit à la suite de l’orageux entretien que le Ministre de l’intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation a eu avec la délégation du Regroupement conduite par Claude Améganvi, son porte-parole.

L’objet de l’audience était relatif à l’arrestation, parfaitement illégale et arbitraire, à Siou (préfecture de Doufelgou), dans le nord du pays, de Djaoura Tiguéna et Takana Badjessa, deux enseignants membres du Regroupement , accusés des distribuer des « tracts », en l’occurrence ,le document de l’appel à la population lancé par le Regroupement pour la commémoration, les 23 et 27 juillet 2002, du 10ème anniversaire de l’assassinat crapuleux de Tavio Amorin, premier Secrétaire du Parti Socialiste Panafricain (PSP).

L’entretien avec le Ministre fut donc houleux, les questions qui lui étaient adressées lui demandant de justifier le caractère délictueux de la distribution du document-programme, restant désespérément sans réponses convaincantes, arguant simplement et de manière mécanique, que les deux enseignants arrêtés n’étaient « des délinquants qui détenaient, vendaient et distribuaient des tracts appelant à l’insoumission et à la révolte » ! A l’évidence excédé de ne pouvoir convaincre son auditoire, plutôt averti des violations des droits du citoyen, le Ministre s’énerva plusieurs fois, menaçant même d’exclure de son bureau, la délégation du Regroupement « Quelle solution pour le Togo ? ». dans ces conditions, l’entretien ne pouvait que se terminer « en queue de poisson » !..

C’est au sortir de cette « rencontre », et dans les locaux même du ministère, alors que la délégation regagnait son véhicule, que le camarade Améganvi fut apostrophé par trois (3) agents en civil pour, selon leurs propres termes, « quelques vérifications ». La délégation, encadrée par les policiers, se répartit alors à bord de deux véhicules, pour la Direction de la Sûreté Nationale (DSN).
A l’arrivée, les policiers contraignirent le camarade Améganvi à les suivre dans un local, obligeant les autres membres de la délégation à attendre au dehors. Puis au bout d’un moment, ils ressortirent, le camarade encadré par les policiers qui, pour toute explication, signifièrent au reste de la délégation que « l’interrogatoire » n’était pas terminé.

Il était 17H 35 : Claude Améganvi venait d’être arrêté sans qu’aucun mandat n’eut été produit….
L’étonnement fut à son comble, et général, lorsque, au journal télévisé de 20 Heures, la coordination nationale du parti des travailleurs et l’opinion dans son ensemble, prirent connaissance d’un communiqué du gouvernement justifiant cette incroyable arrestation par une abracadabrante accusation de « délit de presse ».

Le Parti des Travailleurs, profondément indigné des manœuvres grossières du régime RPT visant à le déstabiliser et à décapiter le Regroupement « Quelle solution pour le Togo ? » qui, par ses actions et sa détermination, constitue aujourd’hui une alternative réelle fédérant nombre de militantes et militants démocrates fermement résolus à voir disparaître une dictature qui n’a que trop duré,
1°) condamne, avec la dernière vigueur, cette nouvelle violation des droits démocratiques et des droits humains les plus élémentaires ;
2°) dénonce, une fois encore, les arrestations opérées au sein du Regroupement « Quelle solution pour le Togo? » ;
3°) exige, des autorités au pouvoir, la libération immédiate et inconditionnelle de Claude Améganvi ;
4°) met en garde le gouvernement contre toute initiative malencontreuse visant à faire condamner, conformément aux habituelles parodies de justice, le premier responsable du parti des travailleurs ;
5°) appelle enfin toutes les forces démocratiques, tant au plan national qu’international, à se mobiliser pour agir avec fermeté et contraindre la dictature d’Eyadéma à libérer tous les démocrates qu’elle a embastillés.

Fait à Lomé, le 07 Août 2002

Pour la Coordination nationale
Du parti des travailleurs et p.o

Le secrétaire chargé de l’organisation