07/12/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Compte rendu de la marche unitaire de Berlin le 05 mars 2005

A l’initiative de certains Togolais residant en Allemagne, des centaines de Togolais, ont manifesté le 5 mars 2005 dans les rues de Berlin pour protester contre le coup d´état de l´armée togolaise suite au décès le 05 Fevrier 2005 du Général Président Eyadema.

La marche aggrémentée aux sons et danses du Togo avait démarré de Brandenburgertor (Centre de Berlin ) á 13H.45 en direction de l´Ambassade des Etats-Unis et du Parlement Allemand oú une lettre de protestation contre la situation politique au Togo avait été remise aux autorités compétentes.

Les Togolais ont bravé le froid rude de cette journée pour exiger le retrait définitif de l’armée togolaise de la vie politique togolaise et l’organisation des élections réellement libres et démocratiques.
La marche avait pris fin autour de 15H45 après la lecture d´une déclaration á l´intention des Togolais et des Allemands présents.
Nous remercions tous les participants pour leur déplacement.

Vive le Togo libre et démocratique!

Teko-Djole Firmin YOVODEVI

MARCHE DE PROTESTATION UNITAIRE DES TOGOLAIS BERLIN le 05 MARS 2005.

DECLARATION

24 avril 1967- 05 février 2005 ; voilà un long règne de 38 ans qui a rendu le Togo squeletique! Des chaînes de générations ont été et sont sacrifiées sur l’autel du culte du chef.

Si le général Eyadéma s’était réellement occupé de notre développement comme il l’a fait , notamment vis-à-vis de sa sécurité personnelle, nul doute que nous qui sommes rassemblés ici aujourd’hui, serions au Togo entrain de travailler pour son rayonnement.

La mort du général Eyadéma, le 05 février 2005, est arrivée comme un coup de tonnerre en plein désert. Même brutale, cette disparition a réveillé dans chaque citoyen, la terrible perspective de sa succession. Nous nous sommes apesantis sur plusieurs variables y compris l’éventualité de l’instauration d’une dynastie dans notre République..

Comment se peut-il qu’au 3e millénaire où la lumière chasse l’obscurité, où l’humanité recours au mode de gestion démocratique et où l’avènement d’un pacifisme humanitaire est devenu un fait concret, le Togo, une fois de plus, se singularise par des choix politiques d’une période révolue.

Alors que les Togolais étaient occupés par cette question, l’Etat-Major des Forces Armées Togolaises, contre toute attente et en violation flagrante de la constitution, prête serment d’allégeance à M. Faure Eyadéma qu’il proclame ‘’nouveau président de la République’’.

Cet état de choses interpelle chaque citoyen togolais á agir pour le retour á l´ordre conformément á l´article 150 de la Constitution :

´´ En cas de coup d´État, ou de coup de force quelconque, tout membre du gouvernement ou de l´Assemlée Nationale a le droit et le devoir de faire appel á tous les moyens pour rétablir la légitimité constitutionnelle, y compris le recours aux accords de coopération militaire ou de défense existants.
Dans ces circonstances, pour tout Togolais, désobéir et s´organiser pour faire

échec á l´autorité illégitime constituent le plus sacré des droits et le plus impératif des devoirs.
Tout renversement du régime constitutionnnel est considéré comme un crime imprescriptible contre la nation et sanctionné conformément aux lois de la République.´´

En manifestant leur colère et leur indignation à travers le monde entier, les Togolais tiennent à démontrer qu’ils se conforment à leur Constitution qu’ils ont adoptée par voie référendaire.
C’est ainsi que les populations de Lomé, Sokodé, Dapaon et autres ont bravé les militaires, pour démontrer leur opposition à la situation politique qui prévaut dans notre pays.
Les entorses qu’on applique périodiquement à notre constitution ont fini par la rendre méconnaissable. On ne recourt à elle que pour la violer et pour consolider le régime qui se veut éternel. On n’y a jamais recouru pour régler un cas précis au profit des masses maintenues dans la pauvreté et la misère.Cependant, le régime du RPT qualifie cette constitution qui n’en est plus une, de ‘’texte moderne au service du citoyen’’.

Le monde entier, étant témoin de l’injustice infinie que le système dictatorial fait subir au vaillant peuple togolais, a, cette fois-ci, opté pour une levée de boucliers qui a été spontanée ; même le collège des Chefs d’Etat africains a franchi le seuil de tolérance pour tenter de forcer le passage.

Ceci est compréhensible dans la mesure où , de plus en plus en Afrique, les consciences sont devenues fortes pour exiger des comportements dignes des temps modernes.
Pourquoi un sort aussi cruel contre des populations pacifiques et hospitalières ? Les plans quinquenaux et les programmes d’ajustement structurel avancés pour éradiquer les maladies qui nous hantent, n’ont apporté aucun changement. Pire, les valeurs morales, envahies par des pratiques dégradantes, sont devenues incertaines ; en plusieurs décennies de résistance, le Togolais, absorbé par ses problèmes de survie, a perdu de sa prestance et de son sourire.

La chaîne des violations des droits humains est impressionnante : arrestations, assassinats, plasticages, exil et persécution des réfugiés jusque dans leur pays d’accueil. Les crimes économiques font l’opulence des princes qui président à nos destinées avec une arrogance insoutenable.

Des médiations ont été organisées dans le but de trouver une solution durable à la grave crise socio-politique qui nous étrangle : de la Commission Mixte Paritaire à l’Accord Cadre de Lomé, en passant par Colmar, Ouagadougou etc…l’effort des facilitateurs s’est heurté à la carapace hermétique du système dictatorial qui étouffe le Togo.

Au chevet de notre pays malade, il s’est déployé un impressionnant ballet diplomatique dont la mission spéciale que Sa Sainteté le Pape Jean-Paul 2 a confiée à Monseigneur Etshegueray.
Le mémorandum du Haut Conseil de la République adressé au Sécretariat des Nations Unies pour invoquer le droit d’ingérence dans le traitement inhumain que le pouvoir d’Etat administre aux populations a été, lui aussi, classé dans les oubliettes de l’histoire.
Cette approche est restée stérile.

La démission de M. Faure Eyadéma est loin de résoudre notre problème car la nomination de M. Bonfoh Abasse n’est pas un gage d’assurance et de confiance pour le srutin qu’il devra organiser dans 60 jours et ce, sur la base de textes frelatés. Acquis à la cause de son patron et à la perennité du système qui l’utilise, M. Bonfoh fera proclamer des résultats inexacts comme en 1993, en 1998 et en 2003.Il faut donc prendre les mesures appropriées afin de protéger la quiétude de la nation qui n’a jamais été exploitée dans un sens positif

C’est au vu de cette évocation partielle de notre dramatique histoire que la Communauté Togolaise d’Allemagne :

1 condamne sans ambages le coup d’Etat, miltaire, constitutionel et parlemantaire survenu après le décès du général Eyadéma.

2 rejette énergiquement les mesures que M. Faure Eyadéma fabrique pour imposer une dynastie à notre chère République.

4 lance un appel solennel à toutes les forces vives du monde de liberté pour parer à ce forfait qui fait notre honte à tous.

5 demande à l’Organisation Internationale de la Francophonie, à l’Union Européenne, à l’Union Africaine, à la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest et à tout autre regroupement déjà engagé dans la

résolution de la crise insolite de notre pays de garder, sans démordre, le cap pour l´organisation des élections présidentielles réellement transparentes

6 exige de l´opposition togolaise de taire rapidement ses divisions internes en désignant dès maintenant un candidat unique pour affronter celui du RPT.

7 demande spécialement à la France officielle de revoir son implication dans les problèmes politiques du Togo qui conserve, malgré son indépendance déjà vieille de 45 ans, le statut de colonie.

8 encourage les populations du reste du Togo à suivre l’exemple des courageux démocrates de Lomé, Sokodé, Dapaon qui, les mains nues dressées en direction de la conscience universelle, tentent de résister avec philosophie aux troupes de l’Armée togolaise.

9 demande à l’Armée d’être conséquente dans la répression qu’elle a commencé à exercer sur les manifestations car c’est elle qui doit, au nom du principe de la neutralité politique que lui confère la Constitution, ramener l’ordre public sur toute l’étendue du territoire national.

Fait á Berlin le 05 mars 2005.

La Communauté Togolaise d’Allemagne.