08/12/2022

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Déclaration du CACIT du 19 avril 2010

DECLARATION DU CACIT A PROPOS DES ALLEGATIONS DE VIOLS ET TRAITEMENTS INHUMAINS LORS DE LA MANIFESTATION DU FRAC :

Le mercredi 14 Avril 2010, le Front Républicain pour l’Alternance et le Changement a organisé au siège du parti politique UFC à Lomé, une veillée de prières et de chants. Cette manifestation, qui s’inscrivait dans la logique de contestation, par le FRAC, de la réélection de Faure Gnassingbé, a été marquée par de graves incidents.

Dans un communiqué de presse publié au lendemain de ces événements, les responsables du FRAC ont relevé que les « éléments de la gendarmerie ont fait irruption dans les locaux du siège de l’UFC qu’ils ont saccagés, emportant le matériel informatique, une dizaine de téléphones fixes, cinq ventilateurs… de même qu’une somme de 22 millions cinq cent milles francs CFA ». Les forces de l’ordre auraient commis des actes de brutalités envers les participants à la manifestation et, selon le communiqué du FRAC, « lors des interpellations et dans les locaux de la gendarmerie, toutes les personnes arrêtées, notamment les jeunes, ont été passés à tabac. Certaines femmes ont subi des touchers vaginaux, des viols et autres traitements inhumains et dégradants.»

Dans la foulée de ces événements, le FRAC a annoncé son intention de porter plainte contre les auteurs de ses exactions. Pour sa part, le commandant de la gendarmerie, le colonel Yark Damehane, lors d’une intervention sur les médias, a récusé les accusations du FRAC et a également annoncé qu’une plainte serait déposée devant les tribunaux pour « fausses accusations » portées contre ses éléments.

Pour le CACIT, les viols et autres traitements dégradants qui, selon le FRAC, auraient été infligés à ses partisans, s’ils étaient avérés, sont d’une extrême gravité et il importe que la chaîne des responsabilités soit établie afin que les auteurs soient traduits devant les tribunaux togolais ou internationaux, en application des lois et instrument internationaux en vigueur.

Le CACIT informe l’opinion nationale et internationale que ses propres investigations lui ont permis de recueillir les noms de certains officiers qui auraient dirigé les opérations aussi bien sur le terrain que dans les locaux de la gendarmerie. Dans la perspective de la manifestation définitive de la vérité, le CACIT suggère que ces officiers soient auditionnés et que la confrontation avec les victimes permette de clarifier ce qui s’est effectivement passé.

Pour le CACIT, ces investigations pour la recherche de la vérité sont d’autant plus urgentes que, depuis la fin du scrutin du 04 mars 2010, on assiste à une dégradation inquiétante de la situation des droits civils et politiques et surtout à des arrestations sur la base d’arguments frisant parfois le ridicule.

Le CACIT rappelle que, conformément à sa mission, il accompagnera les victimes dans leurs plaintes et exhorte les forces de l’ordre à s’abstenir de toute brutalité et traitements inhumains exercés sur leurs concitoyens dans la mesure où rien, pas même les « ordres du supérieur », ne pourra les empêcher d’en répondre au moment opportun.

Pour le CACIT, le Togo qui célèbrera, dans quelques jours, les 50 ans de son indépendance, doit entrer définitivement dans la modernité pour que le crime cesse de continuer de se nourrir de l’impunité.

Fait à Lomé le 19 avril 2010

Le Président
Me Zeus Ata Messan AJAVON