03/10/2022

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Dialogue national: les Togolais vont-ils enfin réussir à accorder leurs violons?

par Ding Yong et Li Benzhong

LOME, 23 avril (XINHUA) — Les acteurs de la vie politique togolaise se sont retrouvés depuis le 21 avril à la table des négociations pour tenter une énième fois de trouver une issue à la crise socio-politique qui semble s’éterniser dans ce pays.

Que peut-on espérer de cette nouvelle retrouvaille politique quand on sait que les discussions porteront sur des sujets aussi chargés d’enjeux que « le cadre et les conditions d’organisation des futures élections, l’impunité, la réforme de l’armée etc… »?

Habitués aux sempiternelles divergences entre les acteurs politiques, les Togolais, dans leur majorité, interrogés sur l’issue de ce nouveau round de négociations à peine amorcé, affichent une réserve indifférente pour cetains ou un pessimisme total pour d’autres.

Pendant ce temps, l’opinion internationale attend de voir si les politiciens togolais seront capables de sortir cette fois-ci leur pays de l’ornière.

Déjà, l’Union des forces de changement (UFC), la plus influente formation de l’opposition traditionnelle radicale au Togo, fait planer une psychose d’échec sur les pourparlers en restant intransigeante sur son exigence concernant la désignation d’une médiation internationale pour la facilitation des débats et pour assurer une garantie du respect des engagements qui en seront issus.

Ce préalable posé par l’UFC n’est pas partagé par les autres composantes de l’opposition radicale, à savoir notamment la Convention démocratique des peuple africains (CDPA) et le Comité d’action pour le renouveau (CAR) de maître Yawovi Agboyibor qui estime que les Togolais peuvent se parler d’abord entre eux-mêmes et ne devront faire appel à une facilitation étrangère ou internationale que lorsque cela s’avèrera nécessaire par rapport aux divergences qui pourront apparaître au cours du dialogue.

Les précédents dialogues intertogolais ont toujours achoppé sur des divergences qu’aucun médiateur n’a pu amener les Togolais à aplanir.

Si les acteurs politiques togolais se décident dans un élan patriotique à mettre fin à la crise dont les populations pourtant laborieuses font les frais depuis 16 ans, ils pourront y arriver en sacrifiant leurs visées égoïstes au profit de l’intérêt général. Avec cette volonté politique, ils n’auront pas besoin de facilitation. Les hommes politiques togolais doivent apprendre à se faire confiance et à respecter leur parole, qu’ils soient tenants du pouvoir ou opposants.

Les succès du présent dialogue intertogolais est donc tributaire de ce climat de confiance réciproque et ne saurait nécessairement dépendre des bons offices d’un médiateur quelle que soit son influence.

Les antécédents des missions de facilitation au Togo sont pleins de leçons et prouvent à suffisance que c’est aux Togolais de s’entendre eux-mêmes sur une sortie de crise, la communauté internaitonale ne pouvant jouer qu’un rôle d’arbitre et non de gendarme partisan en faveur d’un camp ou d’un autre.