06/12/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Echos de la conférence du 10 octobre à Bruxelles

Dans le cadre de la célébration de la date historique du 05 Octobre, la communauté togolaise réunie par la DIASTODE Belgique a organisé à l’espace Marx, 4 Rue Rouppe, à Bruxelles, une conférence débat sur le thème : « 05 Octobre 1990 : quels enseignements pour la Diaspora ? ».

Après une minute de silence pour tous les martyrs du Togo et l’hymne national, plusieurs sous thèmes ont été abordés à savoir :
– La genèse des événements du 05 Octobre 1990
– Rôle de la société civile et de la Diaspora pour la démocratie au Togo
– Analyse de la situation politique actuelle au Togo
– Analyse des évènements du 5 octobre 1990 et présentation de la Diastode-Belgique dans le combat pour un Togo démocratique

Cette conférence débat a vu les interventions de :

-Eloi Koussawo, coordinateur du MO5 a relaté la genèse des évènements du 05 Octobre et a insisté sur la nécessité de lever les zones d’ombres de cette étape historique de la lutte du peuple togolais. La paternité de ce soulèvement appartient aux jeunes qui se sont mobilisés à la suite dé l’incarcération de certains parmi eux qui avaient distribué des tracts dénonçant les malversations et les violations des droits de l’homme du régime cynique et dictatorial d’Eyadema. Pour lui, « le 05 Octobre est un état d’esprit » qu’il convient de situer dans le contexte des années 90. Il a convié à renouveler cet état d’esprit pour continuer la lutte pour libérer le Togo.

– Yannick BIGAH, ancien président de ACAT-TOGO a abordé la vision qu’il a de la société civile. « La société civile se distingue de la société politique par le fait qu’elle n’est pas mue par l’ambition d’acquérir le pouvoir et de l’exercer. Cela ne lui enlève pas le droit de se prononcer sur les questions politiques et de s’engager quand la démocratie est en péril. La diaspora, les ONG, associations de droits de l’homme, syndicats… sont des acteurs de cette société civile ».S’interrogeant sur ce que la société civile notamment la diaspora peut faire pour la démocratie au Togo, il a indiqué qu’elle doit être un groupe de pression, de lobbying, de plaidoyer, de sensibilisation sur la situation togolaise et soutenir les acteurs de la société civile sur le terrain au Togo. Cela passe par un mécanisme de mobilisation de fonds et des togolais pour décrypter l’actualité togolaise et peser dans l’opinion sur le Togo.

– Kofi DOHNANI, président de l’UFC-Belgique a fait une analyse de la situation politique actuelle, après un bref témoignage sur son engagement dans les évènements avant et après le 05 Octobre 1990. Pour lui, l’expérience est faite d’erreurs non renouvelées. Et que si la classe politique dans le processus du pays tire des leçons de son parcours 14 ans après, c’est celui d’être plus résolus pour engager le pays dans la démocratie. Et abordant les 22 engagements pris par le gouvernement devant l’UE le 14 avril 2004, il faut se rendre compte que le pouvoir refuse de respecter cela. Il a appelé à l’unité de la diaspora pour un meilleur devenir pour le Togo.

– Justin ALOFA, Coordinateur Général de la Diastode-Belgique a d’abord fait une analyse des évènements du 5 Octobre en insistant sur l’état d’esprit qui a prévalu en 1990. Il a noté que les évènements du 5 octobre ont été possibles grâce à l’union de la jeunesse combattante. Il a poursuivi en déclarant que: « Nous devons taire nos divergences, définir ensemble la bonne stratégie pour affronter comme un seul homme, la dictature militaire d’Eyadema »
Il a ensuite présenté les axes d’intervention de son organisation qui se veut une plate forme de toutes les organisations de la communauté togolaise dans le royaume de Belgique. Cette plate forme se réunit autour des objectifs suivants :- promotion de l’Etat de droit et de la démocratie au Togo, défense et assistance des ressortissants togolais en Belgique et promotion de la culture togolaise.
Il appelle à l’unité dans la diversité. Pour lui, la priorité est de remobiliser les togolais de la diaspora et de l’intérieur. La Diastode-Belgique est prête à jouer son rôle pour la démocratie au Togo.

– Hilaire Logo DOSSOUVI, membre du MO5, invité spécial de la conférence en provenance du Canada a fait part de son analyse de la situation politique actuelle au Togo. Le 05 Octobre 1990 est une étape historique pour le processus démocratique du Togo. Mais les évènements qui ont suivi ont été récupérés et travestis par une élite politique préoccupée par la magistrature suprême au lieu de raffermir la démocratie. Ce qui a abouti aujourd’hui à une situation dangereuse de « ni paix, ni guerre » qui embrigade le peule togolais dans la terreur et le dénuement total, tandis qu’une minorité dilapide les deniers publics et s’enrichit illégalement. Eyadema et son armée garantissent l’impunité et la gabegie au Togo. Pour lui, il ne faut pas perdre espoir et se battre toujours pour que le Togo soit démocratique pour tous. Par rapport aux 22 engagements pris par le pouvoir RPT, il est clair que la manière dont le cadre évolue n’aboutira à rien.
La diaspora doit se mobiliser à l’image des juifs, des rwandais, des arcadiens pour monter des réseaux de solidarité et de financement de la lutte pour la démocratie au Togo.
Il a lancé un appel à l’endroit des citoyens togolais pour des actes de désobéissance civile par la fermeture de leurs comptes sur le territoire togolais afin d’asphyxier économiquement le pays. Opérer également des actes de refus citoyens. Aussi, il souligne la nécessité d’opter pour un embargo et des sanctions ciblées sur le régime sanguinaire et dictatorial d’Eyadema (Interdiction de visas aux délégations togolaises, fermeture des comptes à l’étranger des dignitaires du régime…). Aussi, des manifestations anti-Eyadema dans toutes les capitales occidentales pour tous les officiels venus du Togo.

Après ces interventions, un échange avec les participants a eu lieu sur la difficile unité de l’opposition togolaise, la gestion des victoires aux élections de 1998 et 2003, la politique de réfugiés en Belgique, l’embargo sur les officiels du Togo et la nécessité d’engagement pour les jeunes dans les partis politiques du Togo.

La séance a pris fin aux alentours de 18h00 par un mot d’encouragement à l’endroit de la diaspora togolaise en Belgique, une déclaration de la conférence et l’hymne national du Togo.

Fait à Bruxelles, le 10 octobre 2004

Pour la Diastode-Belgique
Kevin Adomayakpor, Délégué aux Affaires politiques
Courriel : diastodebelgique@yahoo.fr
Tel : (32)478 35 49 12