26/06/2022

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Eyadéma pressé de « tripatouiller » la Constitution

Prenant pour prétexte les simulacres de marches et révendications des militants du RPT qui inondent les médias d’Etat, l’Assemblée Nationale accélère sa procédure de coup d’Etat constitutionnel appelant à la modification de la Constitution consensuelle votée par référendum en 1992.

Une proposition de loi relative à la révision de la Constitution a été soumise vendredi 20 décembre 2002 à la Commission des lois constitutionnelle par l’Assemblée togolaise pour étude. Au cours d’une séance plénière le président de l’Assemblée, M. Fambaré Ouattazra Natchaba, a fait savoir que lors d’une conférence des présidents des commissions, 38 des 81 députés avaient introduit une lettre relative à la révision de la Constitution. Le contenu de la lettre paraphrasait à quelques mots près le discours du président de l’Assemblée nationale lors de la rentrée solennelle de cette institution issue de la mascarade du 27 octobre 2002. Eyadéma veut prendre de court tous les Togolais et réussir sans coup férir son coup d’Etat institutionnel. Il demande à ses hommes liges d’accélérer les procédures. Lundi, cette commission des lois s’est réunie au siège du parlement, dirigée par M. Esso Magnim Solitoki, ancien ministre et actuel Directeur du cabinet à la présidence. Nul doute que cette commission reprendra à la lettre les arguments de Natchaba et de son chef pour le « tripatouillage » programmé de la constitution du Togo. Selon des sources bien informées, Eyadéma ne voudrait pas seulement changer l’article 59 de la Constitution qui lui interdit d’être à nouveau président de la république au terme de son mandat actuel, mais il a l’intention de modifier l’esprit de la Constitution en imposant l’élection du président de la république par un collège de grands électeurs. Ce collège serait composé des députés RPT de l’Assemblée et des Chefs traditionnels à sa botte.

Ce serait le premier cadeau que le pouvoir RPT réserverait au peuple en début de l’année 2003, celle de toutes les incertitudes.
La rédaction