26/09/2022

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Gilchrist Olympio: « Notre équipe nationale de football victime d’une attaque terroriste »

Mes Chers compatriotes,

C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris la tragédie qui a endeuillé notre pays, le Togo, le vendredi 9 janvier 2010 : notre équipe nationale de football a été victime d’une attaque terroriste d’une rare violence dans la région du Cabinda, entraînant de nombreux blessés et trois décès.

Nous présentons nos plus vives condoléances aux familles des défunts, l’entraîneur adjoint, Abalo Amelete et le responsable de presse de l’équipe, Stanislas Ocloo, sans oublier le conducteur angolais du bus. Aux nombreux blessés, nous transmettons nos voeux de prompte guérison. Nous suivons particulièrement la situation clinique du jeune et talentueux gardien Kodjovi Obilale pour lequel nous espérons, de tout coeur, une issue heureuse de son hospitalisation en Afrique du sud.

Cette attaque terroriste, même sous couvert d’une lutte indépendantiste, soulève notre profonde indignation. Nous condamnons avec la plus grande vigueur cet acte de barbarie qui porte atteinte au droit le plus élémentaire de l’être humain : le droit à la vie.

A l’occasion de la qualification de notre équipe nationale, nous avions salué les exploits sportifs de nos footballeurs et déploré ici même la cacophonie érigée en mode de gouvernance au sein de la Fédération togolaise de football. Malheureusement, la sombre tragédie qui vient de se produire montre à quel point, nos inquiétudes étaient fondées.

Nous avions appelé les responsables de la Fédération à une gestion conforme aux standards internationaux qui mettent fin aux discrédits jetés sur notre football depuis 2006 et cette triste épopée en terre allemande que personne n’a oubliée. La précédente tragédie de Lungi au cours de laquelle de nombreux officiels avaient trouvé la mort, et que nous croyions ne plus jamais revivre, refait soudain surface avec plus de force et d’interrogations, confirmant ainsi qu’aucune leçon n’a été tirée des expériences passées. Au mépris de l’intérêt supérieur du football togolais, les querelles intestines, les inconséquences, l’amateurisme et le manque de rigueur des uns et des autres se sont poursuivent depuis trois ans maintenant. Nous avons sous les yeux, le résultat de cette gabegie.

De plus, l’immixtion du gouvernement togolais dans la gestion de la Fédération s’est faite en totale contradiction des règles internationales qui confèrent une indépendance totale aux fédérations nationales. Lorsque l’improvisation et la précipitation se substituent à la réflexion sensée qui doit entourer la gestion de la chose publique, les catastrophes sont prévisibles et lorsque elles arrivent, les justifications perdent de leurs sens. Il est clair à présent que la volonté du gouvernement de vouloir mettre sur pied une structure autonome de gestion du football en attendant l’élection du prochain bureau fédéral, a participé à l’établissement d’un climat délétère et d’une certaine confusion autour de la Fédération. Tout ceci n’a pas été de nature à apporter la sérénité que requiert la préparation à une compétition aussi importante que la CAN.

A la lumière de cette analyse, nous interpellons le gouvernement sur les questions légitimes que se pose l’ensemble de la population à savoir :
Pourquoi la Fédération togolaise n’a pas communiqué à temps le jour et l’heure de son arrivée aux instances de la Confédération Africaine de Football et au gouvernement angolais afin que des mesures de sécurité soient prises ?

Pourquoi avoir décidé de voyager par la route alors que selon M. Virgilio Santos, membre du Comité d’organisation de la CAN-2010, qui a précisé vendredi lors d’une conférence de presse que la Fédération togolaise de football n’avait pas répondu au Comité d’organisation de la CAN-2010 (Cocan) pour l’informer que son équipe viendrait en bus : « Nous avions demandé à toutes les délégations de nous dire comment et quand elles viendraient, ainsi que les numéros de passeport des joueurs.

L’équipe togolaise est la seule qui ne nous a pas répondu et elle n’avait pas notifié au Cocan qu’elle viendrait par la route ».

Comment se fait-il que d’après M. Souleymane Habuba, directeur de la communication de la CAF, qui a affirmé lors d’un point presse : « Le règlement de la CAF est très clair : les équipes ne doivent se déplacer qu’en avion », « Toutes les équipes avaient leur plan de vol, sauf une, le Togo, et quelques heures après nous avons eu une information selon laquelle cette équipe avait été victime », a-t-il ajouté ». « Je ne sais pas ce qui a pris au Togo de voyager en car. La seule chose que l’on puisse dire, c’est que l’incident n’a pas eu lieu dans la ville de Cabinda ». « On a des officiers de sécurité autour des stades et des hôtels »

Pour quel motif l’avion présidentiel n’a pas été mis à la disposition de la sélection nationale et des officiels ?

Le gouvernement togolais doit la vérité à la Nation. Il importe qu’une enquête minutieuse soit diligentée très rapidement afin de faire toute la lumière sur cette tragédie qui n’honore pas nos dirigeants et continue de soulever la réprobation et l’incompréhension de tous.

Dimanche 10 janvier 2010
Gilchrist Olympio
Président National de l’UFC