25/09/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Il y a un an:le régime de Faure GNASSINGBE commençait les massacres à Lomé

12 février 2005 12 février 2006

· Il y a un an : le régime putschiste de Faure Essozimna GNASSINGBE commençait les massacres de masse à Lomé
· Un an après : il est temps de mettre fin à l’impunité de ces crimes !

Il y a un an, le samedi 12 février 2005, des éléments des Forces armées togolaises (FAT), de la Gendarmerie, de la Police et des milices du parti gouvernemental RPT, lâchés dans les rues de Lomé par les putschistes du clan GNASSINGBE, massacraient des civils innocents aux mains nues. Ces derniers voulaient, pour la plupart d’entre eux, participer au meeting appelé au Terrain de Bèniglato par la coalition de six partis de l’opposition démocratique (ADDI, CAR, CDPA, UFC, UDS-Togo, PSR) qui venait de se constituer et qui avait appelé à dénoncer le coup d’Etat militaire du samedi 5 février 2005.

Un an après ces crimes odieux, le Parti des travailleurs tient à rendre hommage à la mémoire de ces martyrs et, au nom du combat contre l’impunité, renouvelle son exigence que leurs auteurs et commanditaires soient recherchés, jugés et châtiés.

5 février 2005 – 5 février 2006 :
Il y a un an, le putsch du «Groupe du 5 février»

Le 5 février, des officiers supérieurs des FAT, entrés depuis dans l’histoire sous le nom de « Groupe du 5 février », avait imposé par la force des armes, Faure Essozimna GNASSINGBE au pouvoir, le jour même de l’annonce du décès de son père, Etienne GNASSINGBE Eyadéma. A la suite de ce dernier qui a régné de façon dictatoriale sur le Togo pendant 38 ans, une succession monarchique s’organisait à la tête de l’Etat, à l’instar du tristement célèbre régime des Duvalier père et fils qui ont sévi à Haïti pendant plusieurs dizaines d’années en soumettant le peuple à la terreur de leur régime fondé sur leur milice assassine, les tristement célèbre « tontons macoutes».

Il s’agissait clairement d’une violation flagrante de la Constitution adoptée par référendum le 27 septembre 1992 qui dispose :
· Article 148 : « Toute tentative de renversement du régime constitutionnel par le personnel des Forces Armées ou de Sécurité publique, par tout individu ou groupe d’individus, est considéré comme un crime imprescriptible contre la nation et sanctionnée conformément aux lois de la République ».
· Article 150 : « En cas de coup d’Etat, ou de coup de force quelconque, tout membre du gouvernement ou de l’Assemblée nationale a le droit et le devoir de faire appel à tous les moyens pour rétablir la légitimité constitutionnelle, y compris le recours aux accords de coopération militaire ou de défense existants.

Dans ces circonstances, pour tout Togolais, désobéir et s’organiser pour faire échec à l’autorité illégitime constituent le plus sacré des droits et le plus impératif des devoirs. Tout renversement du régime constitutionnel est considéré comme un crime imprescriptible contre la nation et sanctionné conformément aux lois de la République. »

C’est pourquoi, dès l’annonce du décès du dictateur Etienne GNASSINGBE Eyadéma, le peuple togolais qui étouffait sous la férule sanglante de son régime avait spontanément commencé à manifester pour imposer le respect de son droit à disposer librement de lui-même, à choisir librement ses dirigeants. Il voulait que soient tournées les pages sombres de ses 38 années de dictature, d’assassinats et crimes abominables, de vol, de corruption, de gabegie et de pillage, de ruine de l’économie togolaise, de misère, de famine, de souffrances.
C’est ainsi qu’une mutinerie éclata dès le lundi 7 février à la Prison civile de Lomé, cette « Bastille » togolaise où nombre de démocrates et d’innocents n’ont cessé d’être enfermés par des « lettres de cachet » version Eyadéma. La répression, brutale et sanglante, occasionnera plusieurs blessés par balles et trois morts parmi les prisonniers qui entendaient immédiatement recouvrer leur liberté :
— AMOUZOU K. Nicolas, abattu froidement et traîtreusement à la fin de la mutinerie à la Prison civile de Lomé ;
— EMEKA James Obiora et SAMBIANI Souguinimpo, morts par étouffement, dans la nuit du 07 au 08 février, dans une cellule de la prison où les prisonniers ont été entassés en guise de punition pour avoir osé cette mutinerie.
Cependant, de façon mensongère et cynique, le régime des putschistes annonça que cette mutinerie n’avait pas fait de victime !
C’est pour protester contre ces assassinats notamment et, surtout, le coup d’Etat, que nombre de citoyens entendaient participer au meeting appelé, le samedi 12 février, par la coalition de six partis de l’opposition démocratique.

Les massacres du 12 février 2005

Confronté à la dénonciation du coup d’Etat militaire par les populations, tant sur toute l’étendue du territoire national qu’à l’échelle internationale, le « Groupe du 5 février » décréta, sous prétexte d’un deuil national à la mémoire d’Eyadéma, l’interdiction du meeting du 12 février que ses initiateurs décidèrent alors d’annuler au tout dernier moment pour déjouer sa répression annoncée et programmée.
Alors que la nouvelle de cette annulation était portée à la connaissance des participants qui convergeaient au Terrain de Bèniglato, les forces de l’ordre et les milices du RPT étaient lâchées pour leur faire la chasse, non seulement sur les lieux du meeting mais aussi dans toute la ville de Lomé où tous ceux qui étaient soupçonnés de vouloir s’y rendre étaient pris à partie, arrêtés, enlevés, tués par balles et grièvement blessés après avoir été sauvagement passés à tabac avec des gourdins cloutés qui venaient de faire leur apparition dans l’arsenal des instruments de répression utilisés par les tenants du pouvoir au Togo.
Nombre d’innocents, pris au piège de cette répression sanglante, ne se rendaient même pas au meeting, revenant ou allant à leur travail ou vaquant tout simplement à leurs occupations en ce début de week-end.
Les témoignages portés par certains citoyens, rescapés de leur enlèvement, établissent de façon probante et indiscutable qu’ils ont été enlevés en pleine ville, extraits de force de véhicules de transports en commun qu’ils avaient empruntés pour faire leurs courses en ville pour être conduits au siège du RPT. Là, ils ont été sauvagement passés à tabac, torturés puis conduits dans la brousse, à l’extérieur de la ville de Lomé, en un lieu appelé par leurs tortionnaires « Boulevard de la mort » où ils ont été soumis à des exécutions extrajudiciaires sommaires.

Au terme de l’innommable barbarie qui a commencé à se systématiser ce 12 février, il y a lieu de rappeler que, suite aux témoignages et dépositions recueillis et aux investigations faites par les organisations qui ont recensé les cas de violations massives des droits de l’Homme au Togo après le 5 février, la liste provisoire des victimes de ce 12 février 2005 s’établit comme suit :
— A) Décédés :
· DAMBARE Yaovi, tué par balles par les forces de l’ordre lors des manifestations du samedi 12 février 2005 ;
· DADZIE Kossi Jean, 35 ans, mécanicien, mitraillé par un militaire à Amoutivé-Doulassamé, décédé au CHU Tokoin ;
· KOUGBLENOU Masso, 31 ans, artiste de la chanson, froidement abattu par un militaire à Amoutivé-Doulassamé ;
· ALLOFA Bruno, jeune lycéen de 19 ans en classe de première, abattu froidement par balles par des militaires à Bè Kpota ;
· AWANOU Nadjare, employé à la STG comme gardien à la société ITP, tué à bout portant à Bè, en rentrant de son travail ;
· SOSSOU Wonekou, tué par balles par les forces de l’ordre lors des manifestations du samedi 12 février 2005 ;
· 7-9. Trois citoyens non identifiés, abattus froidement par balles par des militaires à Bè Kpota ;
· 10. ZOZO-AGLAMEY Ayao Aurélien, 39 ans, père d’un enfant, manutentionnaire à l’aéroport à la Compagnie Africa Ouest, sauvagement passé à tabac par les forces de l’ordre au quartier de Bè jusqu’à avoir des caillots de sang dans le cerveau, décédé le dimanche 20 mars 2005 au CHU-Campus, des suites de ses tortures, après 37 jours de coma.
— B) Plus d’une cinquantaine de blessés ;
— C) De nombreuses disparitions.

Dire : « Non, à l’impunité ! »

Au moment où le régime RPT de Faure Essozimna GNASSINGBE, issu des coups d’Etat militaire du 5 février, électoral des 24 et 26 avril 2005 multiplie les commémorations cyniques, coûteuses et provocatrices à l’endroit du peuple togolais, de ses aspirations profondes à la liberté et à la justice, se présente hypocritement comme un champion du « dialogue », de la « réconciliation » ;
Au moment où est annoncée la tenue très prochaine, à Ouagadougou, d’un nouveau « Dialogue politique intertogolais » devant associer le régime RPT et certains partis de l’opposition togolaise triés sur le volet, sous l’égide de l’Union européenne, des grandes puissances et de leurs institutions, « Dialogue » dont le fonction essentielle est de garantir l’impunité au génocidaire Faure Essozimna GNASSINGBE et à ses hommes de main, tous responsables du massacre de 400 à plus de 1 000 citoyens togolais entre le 5 février et le 5 mai 2005 ;
Le Parti des travailleurs tient à réaffirmer solennellement, qu’en aucun cas, les crimes abominables commis au cours de cette période par le régime RPT ne peuvent être absous. Car, il ne peut y avoir d’issue positive à la crise togolaise sans que soit au préalable satisfaite la revendication unanime du peuple togolais que de tels crimes, dont ceux commis le 12 février 2005, soient laissés impunis afin qu’ils ne se répètent plus.
Il ne peut y avoir, au Togo, d’avènement d’une société démocratique respectueuse non seulement de la vie humaine mais garantissant la jouissance des droits démocratiques les plus élémentaires des citoyens et surtout leur égalité devant la loi tant que règnera l’impunité.
C’est pourquoi, à l’occasion de la commémoration du 1er anniversaire des massacres du 12 février 2005 à Lomé, le Parti des travailleurs appelle le peuple togolais et l’opinion internationale, toutes les organisations qui se réclament de la démocratie et du respect des droits de l’Homme tant au Togo qu’à l’échelle internationale à se mobiliser de façon conséquente pour exiger :
1°) la recherche et l’arrestation des auteurs et commanditaires du coup d’Etat militaire du 5 février 2005 qui a porté au pouvoir Faure Essozimna Gnassingbé pour qu’ils en répondent devant la justice togolaise conformément à l’article 150 de la Constitution togolaise adoptée par référendum le 27 septembre 1992 qui dispose que : « Tout renversement du régime constitutionnel est considéré comme un crime imprescriptible contre la nation et sanctionné conformément aux lois de la République. »
2°) l’ouverture d’une enquête pour faire toute la lumière sur la répression sanglante de la mutinerie à la Prison civile de Lomé le 7 février 2005 afin que la justice puisse donner les suites qu’elles méritent au décès de trois détenus à cette occasion ;
3°) la recherche et l’arrestation des auteurs et commanditaires des crimes du 12 février 2005 commis à Lomé afin qu’ils soient déférés devant les tribunaux pour en répondre afin que justice soit rendue aux martyrs de cette date ;
4°) la réapparition en vie de tous les disparus du 12 février ;
5°) le respect des droits de l’Homme et des libertés démocratiques au Togo ;
6°) la fin de l’impunité au Togo.

Lomé, le 11 février 2006

Pour le Parti des travailleurs,
Le Secrétaire chargé de la coordination
Claude AMEGANVI