26/06/2022

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Interview de Eloi Koussawo* : Parue dans le journal CARREFOUR n° 335 du 24/10/02

« Il faut tout faire pour barrer la route à la mafia qui a pris en otage notre pays. »

Question : Monsieur Eloi KOUSSAWO, nous sommes à la veille de la tenue des élections législatives au Togo. Quel est votre message à l’adresse des Togolais ?

Monsieur Eloi KOUSSAWO : ce qui se déroule sous nos yeux au Togo, n’a rien de réjouissant. Nous sommes en présence d’une poignée d’individus véreux qui ont décidé de faire sombrer notre pays dans un chaos. Depuis que Le général-président est au pouvoir, si sa clique mafieuse et lui n’ont pu rien faire pendant 40 années pour améliorer le sort des Togolais, ce n’est pas maintenant qu’ils vont le faire. Nous sommes en présence de personnes vils, cupides et lâches qui ont décidé d’organiser des élections sans enjeux (où le parti au pouvoir est acteur et arbitre) pour pérenniser la violation des droits de l’homme, le vol, la corruption, les trafics de tout genre, la débauche…Depuis quarante (40 ) ans qu’ils sont au pouvoir, il est temps qu’ils rendent des comptes au peuple togolais plutôt que de lui demander un renouvellement forcé de contrat à vie. Tous les Togolais doivent prendre leur courage à deux mains pour s’opposer à ces élections bidon où on voit chaque soir dans le pays des guignols qui n’inspirent aucune confiance aux Togolais, venir faire leur numéro ! tous ensemble renvoyons – les du pouvoir avant qu’il ne soit trop tard ! Ce n’est qu’une question de courage et de détermination.

Question : Tout comme le Premier Ministre, le Ministre de l’Intérieur a mis en garde tous ceux qui sont tentés de perturber ces élections dites anticipées…

Monsieur Eloi KOUSSAWO : Laissez-moi rire malgré la gravité de la situation. Nous sommes en présence de criminels et de voleurs demandant à leurs victimes de les laisser opérer ! Ce que je demande à Monsieur SAMA, c’est qu’il rende compte d’abord de la gestion qu’il a faite de la SOTOCO et dans quel état il a laissé cette société poumon de notre économie qui faisait vivre nos braves paysans. Les Togolais veulent savoir comment il a géré le Ministère de l’Education nationale dont il a eu la charge alors que les épreuves des examens étaient dans la rue. Ailleurs c’est suffisant pour qu’il soit enterré politiquement ; mais au Togo d’Eyadema tout est possible. Est-ce pour ces résultats-là qu’il veut être candidat unique dans sa circonscription électorale ? Chuan !
Quant au général-ministre, nous voulons savoir ce qu’il a apporté au processus de démocratisation de notre pays. Rien de positif ! Croit-il qu’il y a un mérite à poursuivre dans les rues de Lomé des militants de l’opposition et les vendeurs de journaux ? certainement qu’il gagnera d’autres galons en organisant des élections truquées d’avance. Quel mérite un Général a à servir des causes aussi basses et viles ?

Question : Vous avez lancé une campagne de lettres aux présidents Chirac et WADE ainsi qu’au Secrétaire Général de l’ONU, quel but pensez-vous atteindre à travers cette campagne ?

Monsieur Eloi KOUSSAWO : Notre objectif est simple : rappeler au souvenir de ces personnalités qu’une promesse a été faite aux Togolais ainsi qu’à la communauté internationale par Monsieur EYADEMA à savoir respecter la constitution en quittant le pouvoir en 2003. Nous ne cherchons qu’ à faire comprendre à ces personnalités que cette promesse dont Monsieur le Président de la République Française est caution solidaire doit être tenue. Je demande à tous les Togolais et surtout aux jeunes d’écrire massivement à ces personnalités. Je crois que les leaders de l’opposition ont fait de même en saisissant eux les facilitateurs ainsi que les présidents français et allemand.

Question : Le Togo n’est pas sortie de l’ornière. Le Togo est de nouveau mis à l’index dans l’affaire des violations des droits de l’homme par l’ONU. Que dites-vous à propos de cette affaire grave qui fixe le pouvoir au banc de la communauté internationale ?

Monsieur Eloi KOUSSAWO : Le Général-président et sa clique n’ont rien compris à l’évolution du monde. Des cadavres dérivants sur une côte entre le Togo et le Bénin ne se rangent pas facilement au placard de l’histoire ; et quand l’ONU s’en mêle, vous pouvez être sûr que tôt ou tard vous serez jugés. Je crois que l’affaire rebondit au bon moment suite aux révélations graves et sérieuses faites par le Premier Ministre Agbéyomé KODJO qui constitue une pièce importante dans cette affaire. Depuis que le fils du chef de l’Etat l’a menacé de mort, il y a lieu de croire qu’il existe au Togo des personnes qui peuvent tuer impunément. Il appartient à l’ONU de les rechercher. Ce que le MO5 demande c’est que l’on ne s’arrête pas seulement à la période de 1998. Il y va de la mémoire des citoyens froidement abattus.
Je rappelle que le nom du dictateur Eyadèma Gnassingbé est cité dans plusieurs affaires de corruptions aggravées comme affaire ELF, les trafics d’armes et autres. C’est vraiment honteux de voir encore cet homme à la tête de notre pays.

Question : Votre dernier mot

Monsieur Eloi KOUSSAWO : Je tiens à dire à mes compatriotes,Togolais, que ce n’est pas au moment où le pouvoir est rejeté par l’ensemble de la communauté internationale que nous allons voter pour les bouffons qui se présentent comme candidats. Nous avons longtemps cru que Dieu à lui tout seul peut nous sauver. C’est vrai, Dieu a fait l’essentiel. Mais toutes les Eglises nous rappellent que si nous ne nous aidons pas, le ciel ne nous aidera pas. Alors il nous appartient de tout faire pour barrer la route à Eyadéma et à sa clique. Alors tous ensemble contre cette mascarade du 27 octobre 2002.

* Coordinateur Général du Mouvement Patriotique du 5 Octobre ( MO5 )