26/06/2022

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Le procès de l’opposant Claude Améganvi renvoyé au 23 août prochain…

C’est sous le chahut et les quolibets du public (environ 1200 personnes) présent ce matin au tribunal de 1ère instance de Lomé, que le juge Yaba Mékémina a renvoyé le procès de l’opposant Claude Améganvi. M. Améganvi, arrêté le 06 août dernier en compagnie du directeur de publication du journal Nouvel Echo, est accusé de publication de fausses nouvelles, de diffamation et d’atteinte à l’honneur à la personne du Président de la République, le général Gnassingbé Eyadema. Les informations incriminées concernent la reproduction d’un article publié sur Internet. Selon cet article signé par MO5, M.Eyadema disposerait d’une fortune estimée à 3.500 milliards de francs CFA engrangés dans les paradis fiscaux et se serait spécialisé dans le blanchiment de l’argent et du trafic de drogue.

Le procès de ce matin aurait pris l’air d’une comédie de Molière si en toile de fond ne se jouait un drame, celui d’un opposant politique et d’un journaliste injustement emprisonnés.

Au premier rang dans la salle d’audience on remarque tous les leaders de partis politiques ; accompagnés de près de 1200 personnes entonnant l’hymne national malgré le quadrillage policier des abords du tribunal.

Le rôle de l’acteur principal revenait au Président du tribunal, le magistrat Yaba, qui ne maîtrise pas son sujet, oubliant intégralement ses cours de droit. Dès son entrée dans la salle d’audience, le juge s’assoit et dit tout de go aux prévenus : «le mandat de dépôt est confirmé, le procès est renvoyé au 23 août !» Ce sont les avocats non encore constitués des prévenus qui ont protesté et rafraîchi la mémoire du juge quant aux rudiments élémentaires du jugement. A savoir la déclination d’identité du prévenu et la question essentielle pour lui demander s’il reconnaît au moins les faits qui lui sont reprochés.

En réalité, le juge Yaba, qui est le premier Vice-Président du Tribunal de 1ère instance de Lomé a visiblement des difficultés pour assumer le rôle de pantin que veulent lui faire jouer les politiques. Le jugement de l’opposant est hautement politique et le droit risque fort de ne pas être dit à la fin du procès. Les magistrats du siège accoutumés à l’immixtion du gouvernement dans le déroulement des procès et des pressions de toutes sortes venant de sa part, ont tout bonnement refusé de siéger. Le juge Yaba est l’un des rares qui a voulu se prêter à ce jeu.

Il y a un an, le leader du CAR, Me Yawovi Agboyibo avait été jugé et condamné à 6 mois de prison au cours d’un procès en diffamation contre l’ancien Premier Ministre aujourd’hui en fuite.

La rédaction letogolais.com