06/12/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Le Togo traverse la crise politique la plus profonde de son histoire

DECLARATION LIMINAIRE DE LA CONFERENCE DE PRESSE DE OBUTS AU SIEGE DE L’ORGANISATION LE 22 OCTOBRE 2012

Mesdames, Messieurs
Chers Journalistes

Le Togo traverse la crise politique la plus profonde de son histoire. Alors que les leaders de la classe politique, les acteurs de la société civile et l’ensemble de notre peuple espéraient une gouvernance proche des préoccupations des togolaises et des togolais, respectueuse des standards internationaux, comme c’est le cas dans la plupart des pays de notre sous région, l’irruption de Faure GNASSINGBE dans la vie politique nationale s’est traduite par une accentuation du déni de justice, le règne de l’arbitraire, des violations massives des droits de l’homme, et la culture de la prévarication.

Par ailleurs sous son magistère, l’impunité, la contre vérité des urnes et des comptes publics sont manifestement érigées en valeurs normatives.

Excédée par la récurrence des dérives à répétition de cette gouvernance sujette à caution, et la misère qui corsète une grande majorité des populations, dont l’ébullition de plusieurs fronts sociaux est l’illustration, l’opposition rassemblée au sein du Collectif Sauvons le Togo (CST) et de la Coalition Arc-en-ciel, s’est coalisée pour porter les exaspérations des populations par la conception, l’élaboration, la production le 4 juin 2012 d’une plate-forme citoyenne revendicative pour l’émergence d’une société de confiance, de justice et de prospérité partagée pour tous.

Plusieurs manifestations ont été organisées et ont connu des fortunes diverses, marquées par la récurrence de la violation du droit de manifester, des morts, des blessés graves, et des arrestations et voies de faits de même que des pertes matérielles individuelles et collectives.
Pour toute réponse, c’est un silence sépulcral de Faure GNASSINGBE, des invectives des membres de son appareil, la violence par les forces de l’ordre, des agressions répétées des milices proches du pouvoir et un entêtement à perpétrer un nouveau coup de force électoral nonobstant l’ampleur de la Résistance citoyenne.
La plateforme citoyenne transmise au pouvoir a mis en relief l’exigence des reformes nécessaires pour une gouvernance vertueuse, la fin de l’impunité, et la mise en place d’un cadre électoral crédible pour des élections transparentes conformes aux standards internationaux, et respectueuses de la vérité des urnes, et des suffrages exprimés par le peuple souverain.
Le dialogue « monologue » organisé les 10 et 13 septembre 2012 sous l’égide du Premier Ministre Kwesi Séléagodji Ahoomey-Zunu, avec les formations politiques proches du pouvoir fut un non événement. D’où l’exhortation faite au pouvoir par les partenaires au développement en vue d’organiser un véritable dialogue franc et sincère avec les regroupements des formations politiques et les organisations représentatives de la société civile, pour la mise en œuvre des reformes, qui furent actées dans l’APG signé le 20 aout 2006.
Au lieu de cela, et dans le mépris total des attentes des populations qui méritent écoute et attention, le pouvoir en place tente un nouveau coup de force en nommant à la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), ses affidés sur une base clientéliste.
Au regard des graves irrégularités qui ont marqué tous les scrutins précédents, dont particulièrement celui du 4 mars 2010, une démarche consensuelle en amont depuis la mise en place de la CENI, l’enrôlement, l’organisation du scrutin à la gestion sincère des résultats, est un minimum pour prévenir des crises post électorales.

Mesdames et Messieurs,
Chers Journalistes,

Comment peut-on chercher à appliquer une loi électorale contestée par une frange importante de la classe politique, sans craindre les contestations des résultats dans un pays marqué par la récurrence des répressions postélectorales ?

C’est parce qu’elle redoute précisément les violences postélectorales auxquelles la dictature militaro-clanique nous a habitués, que le Collectif Sauvons le Togo a fait des propositions destinées à briser le cycle « élections, contestations, répression, négociation ».

C’est également dans cet esprit que lors de notre adresse à la nation du 15 octobre 2012, nous avions formé le vœu de voir Faure GNASSINGBE et son gouvernement observer pour une fois, l’humilité, la responsabilité et la mesure dans la conduite des affaires de l’Etat pour une sortie de crise heureuse et pacifique sur la Terre de nos Aïeux.

De nouveau et ce après le franchissement du rubicond de la mise en place unilatérale de la quasi-totalité de la CENI par l’Assemblée Nationale, OBUTS lance un appel solennel à Faure GNASSINGBE et à son Gouvernement pour une cessation immédiate des opérations électorales en cours, et les invite à l’organisation sans délai d’un véritable dialogue politique sous une médiation internationale

L’entêtement dans la violence et le mépris de la volonté populaire mènent toujours à une impasse politique et institutionnelle. Il est donc plus qu’impératif que les plus hauts responsables de notre pays retrouvent la raison et offrent à la nation, des solutions idoines pour un apaisement véritable et une réconciliation sincère.
A problème multidimensionnel et spirituel, solution systémique et spirituel ! C’est pourquoi aujourd’hui plus que jamais plus rien ne justifie la réserve des autorités religieuses, face à la grave et deshumanisante crise que connait notre pays.
Au delà de toutes les prières formulées pour la paix au Togo, et que nous saluons très sincèrement, il est temps que toutes les confessions religieuses de notre pays, à l’instar de celles du Ghana, qui en 2008 ont rejoint au sein du CIVIC FORUM INITIATIVE (CFI), la société civile et les forces politiques, s’investissent davantage dans la résolution de la crise pour préserver la paix et l’unité nationale.
La formation politique OBUTS est disposée à accompagner toute démarche d’union et de progrès qui aura pour fondements le courage et la vérité sans aucun calcul.
Au nom du devoir de progrès démocratique au Togo, la formation politique OBUTS combattra de toutes ses forces, toute CENI à composition déséquilibrée qui exclurait les acteurs politiques majeurs et qui ferait place à des formations politiques douteuses et non représentatives, et clientélistes.
C’est également au nom de ce devoir de progrès politique et institutionnel, de même que la paix sociale, que la formation politique OBUTS exprime ses vives préoccupations de la situation socio politique et propose un schéma de sortie de crise en sept points, pour doter notre pays des institutions fortes qui résistent aux péripéties de l’histoire et aux ambitions des hommes :

I/ Organisation d’un dialogue entre le pouvoir et les partis de l’opposition et des organisations représentatives de la société civile.
Ce dialogue sera destiné à apaiser le climat politique, amorcer le retour de la confiance entre les acteurs de la vie politique, et enclencher un processus de construction de l’Etat de droit et de la démocratie grâce aux réformes institutionnelles et constitutionnelles.

II/ Réformes du cadre électoral notamment du découpage électoral sur la base du critère démographique, et de la loi électorale impérativement avant la tenue des élections locales et législatives.

III/ Election d’une Assemblée constituante pour revisiter la Constitution de 1992.

IV/ Formation d’un Gouvernement de mission qui devra rester en place jusqu’en 2015,

V/ Adoption de la nouvelle constitution par référendum,

VI/ Organisation des élections locales et législatives

VII/Elections présidentielles dans le cadre de la nouvelle constitution en 2015

L’objectif de ces propositions est de favoriser l’alternance, la bonne gouvernance, le respect des droits humains, la prospérité partagée et l’égalité de tous devant la loi.
La limitation du mandat présidentiel à deux quinquennats, un scrutin à deux tours pour les élections législatives et présidentielles, et la fin de l’impunité constituent pour nous des impératifs non négociables.
L’impunité sous toutes ses formes doit être combattue avec fermeté au Togo. L’impunité étant criminogène, le pouvoir a l’obligation de sanctionner de manière indiscriminée et sans état d’âme, le comportement de tous ceux qui se seront méconduits. C’est à ce prix que sortirions de la médiocrité et de la pauvreté.
Le mieux être et le vivre ensemble dans la joie et la prospérité sur la Terre de nos Aïeux sont également à ce prix.

Mesdames, Messieurs,
Chers Journalistes,

Quel honneur y a-t-il à se prévaloir d’être l’élu du peuple sous des institutions illégitimes décriées, et rejetées par le souverain peuple, qui plus est, au terme d’un scrutin marqué par des subterfuges et la mascarade électorale ?

Quelle satisfaction peut on tirer en acceptant de prendre part à un scrutin avec des règles de jeu boiteuses sous prétexte de ne pas faire la politique de la chaise vide ?
Tout ce qui ressort de la tricherie et du refus de la justice est un avilissement de soi-même et de la vie !
Nous ne comptons pas sur la communauté internationale pour bâtir à notre place le Togo libre et démocratique que nous appelons de tous nos vœux. Mais nous ne voulons pas non plus qu’elle continue à être une entrave à l’expression du désir d’alternance justifié du peuple togolais, après un règne de près de 50 ans par une seule famille.
Il n’est dans l’intérêt d’aucun membre de la communauté internationale, proche ou lointain voisin du Togo, que notre pays s’enlise dans la régression politique et s’embrase dans un conflit civil. Dans le contexte de la sous région ouest africaine et des intérêts de plus en plus mondialisés, chacun aura quelque chose à perdre dans la détérioration de la situation au Togo.

Il est donc dans l’intérêt de la communauté internationale, notamment dans celui de nos partenaires privilégiés de favoriser activement le dialogue inter togolais en vue des reformes politiques, destinées à édifier des institutions crédibles et à donner aux prochaines élections au Togo, toutes les chances d’êtres transparentes, et équitables.

Le refuge derrière le fallacieux principe de la non ingérence, est un odieux soutien au coup d’état permanent et au massacre en silence des peuples. Il débouche sur des chaos comme en Syrie où loin des grandes messes aux discours de vanité, des bébés agonisent dans les bras de leurs mères déchiquetées par des armes fournies par la non ingérence !

L’Humanité est une chaine dont chaque homme, chaque nation constitue le maillon. La paix et le bonheur des plus humbles des hommes est du devoir de tous. Nous en avons assez d’être l’orphelinat de l’humanité. A la communauté internationale, nous disons : « aidez la démocratie et la paix sinon l’histoire retiendra que vous avez trahi au Togo, les valeurs qui ont cimenté la force et l’unité de vos pays. »

Le processus de libération dans lequel le Togo est engagé est irréversible. Il va arriver à bon port, qu’on se le dise ! Il est temps que prennent fin l’hypocrisie et la duplicité de certains gouvernements qui cautionnent infiniment la misère et le soutien à la fraude pour favoriser l’immobilisme et le statu quo. Les togolais aspirent à la dignité, au développement de leur pays, à la justice et à la prospérité partagée pour tous.

ENSEMBLE UNIS ET SOLIDAIRES, SOUS LA BANNIERE DE DIEU, RESTAURONS PAR L’ACTION CITOYENNE RESOLUE, LA REPUBLIQUE EN LAMBEAUX !
Je vous remercie

Le Président National
Agbéyomé KODJO