26/06/2022

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Les dirigeants africains exigent le départ de Charles Taylor

Des affrontements se sont poursuivis, jeudi 31 juillet, à Monrovia, où la mission d’évaluation ouest-africaine a commencé à évaluer les besoins de la population.

Les pays membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), réunis à Accra, ont approuvé, jeudi 31 juillet, le déploiement d’ici à lundi au Liberia d’une force de maintien de la paix. Pour la Cedeao, le président libérien Charles Taylor doit quitter son pays trois jours après l’arrivée des troupes ouest-africaines.

« L’avant-garde de cette force sera à Monrovia d’ici au lundi 4 août », a indiqué le secrétaire exécutif de la Cedeao, Mohamed Ibn Chambas, soulignant que la force de paix ouest-africaine serait au complet dans les trois semaines suivant le déploiement de cette avant-garde. Celle-ci sera composée uniquement de Nigérians – deux bataillons mécanisés, soit 1 300 à 1 500 hommes.

Les chefs d’Etat et de gouvernement africains sont convenus que « dans les trois jours suivant l’entrée des troupes de la Cedeao au Liberia, le président Taylor remette le pouvoir à son successeur et parte pour le Nigeria », selon le communiqué final. Le secrétaire exécutif de l’organisation doit se rendre, vendredi, à Monrovia avec une délégation des ministres des affaires étrangères du Ghana et du Togo pour informer le président Taylor des résolutions du sommet et discuter des modalités de son départ du pouvoir et du pays, a-t-il ajouté.

En guise de réponse, le porte-parole du président Taylor, Vanii Paassewe, a déclaré que « tout arrangement politique mis en place au Liberia va dépendre des négociations d’Accra ». Il a ajouté que la décision concernant la date du départ du président Taylor « dépendra également de l’accord d’Accra et de ses conclusions ».

MISSION D’ÉVALUATION ACCLAMÉE

Auparavant, des centaines de Libériens se sont massés dans les rues de la capitale assiégée, Monrovia, pour acclamer les experts militaires ouest-africains arrivés mercredi soir pour préparer le déploiement d’une force de maintien de la paix. Les habitants, heureux de voir enfin des soldats étrangers, même en nombre limité, ont scandé « Plus de guerre ! Nous voulons la paix ! », au passage des 4 × 4 transportant les membres de la mission de la Cedeao à travers les rues défoncées de la capitale.

L’équipe d’évaluation a, dans un premier temps, rencontré des membres du gouvernement libérien avant de se rendre à l’ambassade des Etats-Unis pour des discussions avec des responsables américains. Les travaux de la mission de reconnaissance doivent durer au moins deux jours, mais un programme précis doit encore être élaboré et l’on ne sait pas encore si ses membres essaieront de traverser la ligne de front.

L’équipe a également visité, jeudi, le principal hôpital de Monrovia, où des patients, blessés par balles ou par des éclats d’obus, ont scandé qu’ils étaient « las de la guerre ». « Je suis venu pour évaluer (la situation à) l’hôpital et pour voir quel type d’assistance peut être fournie », a déclaré le général nigérian Festus Okonkwo, qui dirigera la force de maintien de la paix.

LA VIOLENCE NE FAIBLIT PAS

Le général a également affirmé que la force de maintien de la paix se déploierait sous peu. « Je peux vous assurer que cela se fera très bientôt, a-t-il dit à la presse. Vous n’êtes pas plus inquiets que nos chefs d’Etat. (…) Ils sont actuellement assis pour discuter du problème. Aujourd’hui, ils pourraient sortir avec quelque chose. » Le ministre libérien de la défense, Daniel Chea, s’est montré moins enthousiaste. « Je suis très heureux qu’ils soient ici, mais je suis occupé par des affaires nationales; (…) Cette mission est très en retard », a-t-il déclaré.

Malgré l’arrivée de cette équipe de reconnaissance et le dépôt à l’ONU par les Etats-Unis d’un projet de résolution autorisant la création d’une force multinationale, la violence n’a pas faibli, jeudi, à Monrovia. Les combats pour le contrôle de la ville font rage depuis maintenant treize jours entre les forces du président Charles Taylor et les rebelles des LURD (Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie). Des tirs à l’arme légère et des explosions de grenades ont encore été entendus durant la nuit et la matinée à Monrovia. Les combats ont par la suite semblé se calmer.

Des affrontements ont également eu lieu à Buchanan, le deuxième port du pays, tombé lundi aux mains d’un autre groupe insurgé, le Model (Mouvement pour la démocratie au Liberia), et à Gbarnga, un bastion du président Taylor situé dans le Centre. Le Model et les LURD contrôlent au total environ les deux tiers du pays.

Jeudi 31 juillet 2003
[LEMONDE.FR->http://www.lemonde.fr/0,5987,,00.html]

Avec Reuters et AFP